Comme il fallait s’y attendre, il y avait du monde au Centre de conférence international d’Ivato ce 4 mars 2010. Il y avait évidemment tous les partisans de la Haute autorité de transition et ceux qui gravitent autour comme entités à caractère politique. Ont aussi répondu à l’appel, d’autres formations qui ont bénéficié de l’avènement de Andry Rajoelina au pouvoir à l’instar de la plateforme initiée par Pierrot Rajaonarivelo ou le parti de Jean Eugène Voninahitsy. La formation politique de Rajemison Rakotomaharo aussi y était. Le MONIMA y a été représenté. Et les médias ont aussi déniché derrière les étiquettes du TIM ou du MFM, des personnes dont la représentativité a été par la suite dénoncée et refusée par des voix « autorisées » issues de ces formations politiques appartenant aux « trois mouvances ».
Quoi qu’il en soit, les prévisions d’affluence ont été largement dépassées car si les organisateurs s’attendaient à accueillir 1800 personnes, les médias, se basant sur les déclarations officielles annoncent qu’ils étaient 2500 à accourir au CCI Ivato en cette première journée du « teny ifampierana ». Radio Antsiva a même souligné que jusqu’en milieu de journée, il y avait encore foule au portail du CCI, à attendre qu’on les autorise à participer. Le chef de Région Atsinanana, Alain Mahavimbina, a déclaré avoir rameuté les populations de sa région et les avoir aidé à rejoindre la capitale. On peut dire sans crainte qu’il n’a pas été le seul à agir de la sorte auprès des citoyens de sa circonscription. Les récentes visites sur terrain du Premier ministre dans l’Alaotra Mangoro ou dans l’Atsinanana, ou les missions du ministre de l’Education nationale à travers l’île de ces dernières semaines n’ont pas été vaines.
En tout cas, le président de la Haute autorité de transition (HAT), Andry Rajoelina s’est réjoui de cette affluence dans son discours inaugural. Il a déclaré que cet atelier marquait la fin d’une situation où une personne ou quatre personnes décidaient de l’avenir du pays. Mieux, il a déclaré que c’est fini des différences entre grands et petits partis et qu’il n’y a plus de partis forts ou faibles mais que tous sont des citoyens patriotes et par conséquent, tous sont égaux dans cette assemblée réunie au CCI. Est-ce à dire que le président de la HAT met sur un même pied d’égalité les formations politiques qui ont présenté des candidats aux présidentielles tel le MTS, le Leader Fanilo, le Fihavanantsika et celle de Daniel Ramaromisa (VVSV) ou l’UDECMA ou le parti de Pierre Tsiranana et le citoyen lambda ? N’est-ce pas une autre « révolution » ? Quelque part, cette partie du discours rappelle les scènes qui s’étaient produites au ministère de la Défense nationale à Ampahibe et celle de l’Episcopat à Antanimena quand des simples soldats se comportaient comme des chefs ou des supérieurs hiérarchiques s’étaient fait petits devant l’arrogance de leurs subordonnés.
La ministre de la HAT en charge de la Justice a certainement raison quand elle a laissé entendre à un confrère du Courrier de Madagascar que ce serait des « états généraux » tels ceux de 1789 en France même si la comparaison est un peu « décalée ».
En tout cas, le déroulement de la réunion a montré de la part des participants cette volonté de tout changer, de ne pas obéir au programme pré-établi de travailler en commission ; et c’est grâce à l’intelligence et à la lucidité du modérateur qu’un autre ordre fut admis par tous. Toujours est-il que des doutes persistent chez les participants et les observateurs. Car jusqu’à présent il est question de vote. Vote secret ou à main levé ? La deuxième et dernière journée de cette rencontre promet d’être intéressante au vu des discussions de la première journée qui a été instructive sur les divergences de vue et les différentes propositions de feuille de route : élections législatives, conférence nationale, référendum, assemblée constituante… Bref, est-ce le début d’un autre processus pour la refondation comme souhaitée par une certaine opinion ou réellement la marche pour l’avènement d’une autre République à laquelle pense le président de la HAT ?
Quoi qu’il en soit, les « trois mouvances » ont officiellement boycotté la rencontre. Le coordonnateur national de l’AREMA, Samuel Ralaidovy, a pourtant été de la partie. Aucune objection de la part de ce parti. Par contre le MFM déclare n’avoir mandaté personne pour assister ou pour participer à ces travaux du CCI Ivato. La mouvance Albert Zafy non plus n’a pas répondu officiellement à l’appel. Elle a plutôt répondu positivement à l’appel du GIC pour Addis-Abeba et ne veut rien entendre sur l’application ou sur des discussions sur la base de ce qui a été convenu et signé à Maputo et Addis-Abeba.

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