Le président de la HAT, Andry Rajoelina, a fait preuve de son intransigeance en matière de crimes de sang mais a fait bénéficier de la grâce les autres crimes dont le viol, la pédophilie et le détournement de deniers publics. Certes, il ne les a pas expressément énuméré dans son discours ce dimanche 26 juin 2011. Mais implicitement, cela peut tout simplement signifier que ces crimes (hors crimes de sang) sont amnistiables et du moment que leurs auteurs sont âgés de 65 ans et plus, ils peuvent recouvrer toutes leur liberté et leurs droits civiques, car Andry Rajoelina a même utilisé les mots « famotsoran-keloka ». En d’autres termes, ils sont blanchis et peuvent récidiver.
Parmi les personnes connues du grand public pour avoir été condamnées pour crimes de sang et au cœur de l’actualité ces derniers mois, figurent Marc Ravalomanana, Didier Ratsiraka et Coutiti Assolant. Mais Coutiti est encore mêlé à l’affaire BANI Ivato et il n’a pas encore l’âge requis, tandis que Didier Ratsiraka a plus de 65 ans. Mais l’amiral Didier Ratsiraka a déjà fait l’objet d’une mesure spéciale de la part du président de la HAT. Celui-ci avait réitéré à son retour d’Afrique du Sud que Didier Ratsiraka pouvait rentrer librement dans le pays. Cette décision avait même été confirmée par la ministre de la Justice qui lui avait indiqué la procédure à suivre pour ne plus être inquiété par la Justice. Il reste donc Marc Ravalomanana qui aurait du sang des vicitmes du carnage du 7 février 2009 sur ses mains.
Pour ainsi dire, l’amnistie promulguée par le président de laHAT était partiale et injuste vis-à-vis des victimes des événements du 10 août 1991 et des 26 et 27 janvier 2009. La mesure est tout aussi injuste à l’égard des victimes de viol et à l’égard de la lutte contre la pédophilie que conduisent les organisations internationales et les Ongs et sociétés civiles locales. Que diront les acteurs de la lutte contre les crimes financiers ? En tout cas, les FIZOMA (associations pour la défense des intérêts des personnes âgées) et autres peuvent se féliciter de la mesure en faveur des vieilles personnes détenues qui sont en train de purger leurs peines ; mais les victimes et surtout le contribuable qui trime pour demeurer dans la loi et survivre, qu’en pensent-ils si les grands voleurs à col blanc sont amnistiés ? N’est-ce pas quelque part encourager ceux qui sont à la veille de leur retraite à voler l’argent du contribuable ? N’est-ce pas quelque part inciter des vieux retraités du pays ou ceux issus d’Europe à satisfaire leurs fantasmes et autres pulsions sexuelles sur des mineures ? Quand des sociétés civiles et des personnes de bonne moralité et de bonne volonté ne cessent d’alerter l’opinion sur la tendance des vieux à s’en prendre à de toutes jeunes filles pour satisfaire leurs penchants érotiques, on ne voit pas vers quelle destination s’oriente le navire Madagascar à bord duquel nous sommes tous.




