L’effet de surprise TGV est passé. L’initiative des « Raiamandreny Mijoro » et de la Coalition des organisations de société civile (COSC) d’organiser les préliminaires ou « Dinika santatra » dans les 119 districts et le Dialogue national et le calendrier publié y afférent sont de plus en plus critiqués. Non pas seulement dans la forme mais dans le fond aussi.
Des voix s’élèvent pour refuser la crédibilité des Raiamandreny. D’autres « Raiamandreny » issus des régions, précisément du nord ouest, sont intervenus sur les plateaux de radio privée de la capitale pour dénoncer ces « Raiamandreny mijoro » qui s’arrogent ce titre tout en refusant d’intégrer les autres dans leur cercle. Les réponses qu’ils ont reçu, comme quoi, ils sont invités aux « Dinika santatra » dans les districts où ils pourront faire valoir leur « titre » et participer pleinement aux débats, ne les ont pas satisfait ni persuadé ; ils se croient écartés.
Des chroniqueurs politiques également ne sont pas convaincus de la démarche. Ils évoquent l’échec des tentatives de résolution de la crise conduites par le FFKM au Le Hintsy. Tout en allant plus dans l’histoire des crises politiques malgaches, ils démontrent que l’initiative de 1991 a certes permis de résoudre la crise de manière ponctuelle mais n’a pas éradiqué les racines du mal et les crises sont réapparues. Pour dire en fait que la société civile n’a pas les moyens ni l’intelligence pour faire respecter les résolutions.
Fetison Rakoto Andrianirina pense la même chose. Il n’est pas contre le concept de Raiamandreny mais s’interroge sur cette société civile, sa crédibilité alors qu’elle même n’est pas solidaire, alors qu’elle même est divisée au moins en deux ou trois tendances. Le chef de la délégation de la mouvance Marc Ravalomanana est clair : que les Raiamandreny et la COSC se concentrent d’abord dans le rassemblement et la solidarité de la société civile toute entière. Il précise qu’il ne s’accroche pas bêtement aux accords de Maputo et d’Addis-Abeba mais souhaite vivement qu’on lui explique pourquoi il y eut échec de cette démarche convenue et signée par tous ; ce pour éviter de refaire les mêmes erreurs. Dans la configuration actuelle de l’entreprise confiée par le président de la Haute autorité de transition (HAT) aux « Raiamandreny mijoro » et à la COSC, Fetison avoue que la mouvance Marc Ravalomanana ne participera pas aux « Dinika santatra » ou au dialogue national, car à son avis l’initiative est unilatérale non consensuelle et non inclusive. Apparemment, les trois mouvances politiques observent le même refus.





