Alain Ramaroson, le président national des « Forces du changement pour le développement » (FCD) et président de la commission Défense et sécurité au sein de la Haute autorité de la Transition (HAT), a dit plusieurs choses samedi dernier.
Je vais essayer d’en relever quelques passages (en italique) pour vous laisser juger à quel point un homme politique peut-être cynique et de mauvaise foi, au nom du ‘’peuple souverain’’.
« L’Union africaine à travers le GIC gagnerait à remonter un peu l’histoire pour mieux comprendre les réalités dans le pays ».
« …Je ne comprends pas du tout cette sorte d’acharnement du GIC contre les dirigeants de la Transition. N’oublions pas que c’est Ravalomanana qui a donné les pleins pouvoirs au directoire militaire en ignorant complètement la Constitution et les institutions de l’Etat. Normalement, ce pouvoir aurait dû être remis au président du Sénat ou à la rigueur à celui de l’Assemblée nationale comme le prévoit la Constitution de l’époque ».
Mon commentaire : il a tout à fait raison. Eh bien quoi, pourquoi Ravalomanana n’a-t-il pas donné les pleins pouvoirs au Président du Sénat ou de l’Assemblée ? Les militaires mutins, les émeutiers et le mouvement de Rajoelina se seraient arrêtés d’eux-mêmes ! On va dire qu’il a donné le pouvoir aux militaires, à l’insu de son plein gré. Au fait, pourquoi les militaires ont-ils accepté ? Ravalomanana les a menacés avec des armes, peut-être ?
« Le président Andry Rajoelina a reçu le pouvoir des militaires. En quoi est-il alors coupable de coup d’Etat ? C’est Ravalomanana qui a fait un coup d’État. Tant que cette remise en question n’est pas effective, les menaces du GIC se confondent avec un règlement de compte contre le pouvoir de transition. Au profit de qui ? La question devra se poser tôt ou tard. L’arbitrage censé être neutre me semble complètement partial. Bref, le GIC ne remplit pas du tout ses fonctions de médiateur… »
Au fait, pourquoi les militaires ont-ils donné le pouvoir à Rajoelina et pourquoi celui-ci s’est-il senti obligé de l’accepter ? J’avais déjà posé cette question de la remise du pouvoir par une Institution (l’Armée) à un individu. J’ai même dit pourquoi Rajoelina ne remettrait-il pas ce pouvoir maintenant à moi, à sa femme ou à un de ses enfants ?
Pourquoi les militaires n’ont-ils pas donné ce pouvoir à mon voisin ou à mon chauffeur de bus ? Pourquoi à Rajoelina ? Parce qu’il n’y est pour rien ? On va le plaindre alors d’avoir été forcé par l’Armée (sous la menace des armes du Capsat) à accepter le pouvoir.
Plutôt mieux, Rajoelina peut déposer plainte auprès de la Cour Pénale Internationale pour avoir été forcé par des hommes armés d’accepter le pouvoir, contre son gré !
« Maintenant, c’est à nous de dire à l’UA par l’intermédiaire du GIC qu’elle devrait bien réfléchir sur ses menaces de sanctions. Car, nous ne nous sentons coupables de rien et sommes tous déterminés à concrétiser les aspirations du peuple pour le changement ».
Eh bien, c’est à la Communauté Internationale de réfléchir car la HAT ne peut pas ?
Coupable de rien ? Même pas de la cohorte des chômeurs venant des zones franches ? Même pas de ceux qui ont perdu leurs biens ou carrément leur vie durant cette crise ?
On parle au nom du peuple (sans n’avoir reçu aucun mandat électif) quand cela arrange mais j’aimerais aussi dans ce cas que l’on parle et agisse au nom du même peuple qui subit l’insécurité physique, alimentaire et morale depuis plus d’un an maintenant.
« J’exhorte tous nos compatriotes et les vrais amis de Madagascar à nous soutenir dans cette démarche. Et cela fera… quoi qu’il advienne, que 50 ans après notre indépendance, nous retrouvions maintenant notre souveraineté ».
Si vous êtes contre les idées de Ramaroson, c’est que vous êtes un ennemi de Madagascar (puisque vous n’êtes pas un vrai ami). En fait, c’est une sorte de menace à peine voilée.
Je fais un raccourci en disant voilà le genre de mentalité à laquelle le peuple aspire et pour lequel il a demandé un changement.
On a l’impression d’entendre Ravalomanana il y a quelques mois disant que « les vrais amis de Madagascar sont ceux qui le suivent dans le changement voulu par le peuple ».
Vous avez dit changement ? Changement dans la continuité, alors.

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