Les « dinika santatra » étaient les préliminaires de la conférence nationale qui se tient au Centre de conférence international (CCI) à Ivato. Ces préliminaires ont été organisés du 29 au 31 juillet 2010 dans les 119 districts de l’île. Les résolutions de ces préliminaires sont aujourd’hui entre les mains des participants à la conférence nationale pour servir de base aux discussions mais surtout par respect du principe de redevabilité.
Les « dinika santatra » ont permis de recueillir concrètement les avis de 13 303 délégués d’associations, de partis, de groupements, de corps professionnels qui ont bien voulu répondre aux invitations sur les 18 700 attendus, soit une participation de 71% dans les 119 districts de tout le pays. Il faut noter que cinq (5) districts n’ont vraisemblablement pas rempli les conditions car leur effectif de participants est inconnu (il y est indiqué ND qui peut vouloir dire Non déclaré). Les raisons de ce mutisme ne sont pas expliquées mais sachons que ces districts sont : Anjozorobe, Fenoarivobe, Soavinandriana, Vangaindrano et Belo sur Tsiribihina ; toutes des localités qui sont en permanence accessibles par voie terrestre depuis la capitale. Quoi qu’il en soit, doit-on en conclure que quelque 750 délégués des populations de ces cinq districts n’ont donc pas été consultés ? Et donc n’ont pu faire part de leur point de vue sur les sujets et thèmes qui ont été proposés ? Se sont-ils privés de leur propre chef de leur droit d’expression du moment que l’opportunité leur a été offerte ? Sont-ils si indifférents que cela par rapport aux actualités nationales ou est-ce que l’initiative leur est totalement inconnue ? Le moins qu’on puisse dire est que l’organisation de ces « dinika santatra » a certainement présenté des carences sinon ces cinq districts auraient donné signe de vie.
En tout cas, et malgré l’éloignement ou l’isolement et en dépit de l’éventuelle indifférence des populations approchées ou des imperfections dans l’organisation, des districts ont pu conduire leur « dinika santatra » à terme. Ils sont une quinzaine de districts (15 sur 119) à ne pas réaliser un taux de participation supérieur à 50%.
Ce sont les districts de : Tsiroanomandidy (40%), Arivonimamo (47%), Ambatolampy (48%), Antsirabe II (39%), Ihosy (45%), Ambanja (45%), Antsiranana II (48%), Andapa (49%), Antalaha (44%), Vohimarina (44%), Toliara II (44%), Maintirano (28%), Mampikony (48%), Moramanga 34%), Sainte Marie (46%).
Mais ils ne sont pas moins nombreux à dépasser les 100% de taux de participation. Ils sont seize (16) districts à être plus enthousiastes et où les populations sont soit plus organisées soit plus préhensibles, soit plus réceptives : Befotaka (102%), Midongy Atsimo (118%), Lalangina (105%), Ifanadiana (105%), Manakara (120%), Sambava (103%), Bekily (131%), Tsihombe (100%), Benenitra (117%), Soalala (106%), Ambatomainty (106%), Antsalova (104%), Morafenobe (137%), Port Bergé (105%), Andilamena (123%), Soanierana Ivongo (107%).
Quant à la qualité des participants dénombrés lors de ces préliminaires dans les districts, la catégorisation est apparemment exhaustive. Les assemblées sont constituées d’une majorité de délégués issus des organisations de société civile (34,9%) et ceux issus des partis et associations politiques (17,1%). Ce qui intrigue cependant, c’est le taux assez important des participants qui proviennent de l’administration et des collectivités décentralisées qui sont les autorités dans ces localités ; ils font quelque 16% des délégués dans les « dinika santatra », en plus des représentants des forces de l’ordre (2,0%). À côté on doit aussi relever une catégorie de participants « non identifié » et qui pèsent 5,5% du total.
Les autres catégories d’individus qui ont donc contribué au succès de ces préliminaires sont les suivants : opérateur économique (4,0%), partenaire soicio-économique (2,2%), organisation paysanne (6,4%), corps professionnel (3,0%), rayamandreny mijoro (6,0%), syndicat (0,3%) et entités religieuses (2,6%).




