Ce détournement d’un slogan des années 40 illustre assez bien ce qui pourrait être entrepris à Madagascar. La fréquentation de Madagascar-tribune.com et surtout des commentaires des lecteurs fait apparaître une masse d’internautes d’ici ou de la diaspora riches en idées et en positions, souvent contradictoires, mais disposés à en discuter.
L’édito de mercredi 6 mai comportait l’essentiel de ce qui pourrait être envisagé. « Prenons la tragédie que nous vivons comme une véritable opportunité » disait une internaute. Et Rahatany de renchérir « ENFIN ! QUELQUE CHOSE DE SENSÉ, j’attendais ça depuis si longtemps l’ayant déjà évoqué sans écho. »
La position en apparence diamétralement opposée des positions apparaît en premier lieu comme un obstacle à la réconciliation et donc à une concertation sereine. Par moments les forums internet apparaissent complètement stériles. Mais cette apparence nous semble surmontable.
Prenons les cas de Ndimby et Patrick, deux des éditorialistes de Madagascar-Tribune.com. La révélation qu’ils écrivent bénévolement a surpris plus d’un. Ajoutons, sans mettre en danger leur anonymat, que l’un et l’autre ont leur propre boulot quotidien et donc l’écriture prend sur leur loisir. Ils ne sont pas dans des mouvements militants mais cette situation ne les empêche nullement d’exercer leur action citoyenne dans Tribune. Précisons que l’un plus que l’autre est très sensible aux dérives de Ravalomanana, sans porter dans le cœur le régime de la transition.
Voilà un exemple d’attitude citoyenne. Avec provocation disons aussi qu’il peut y avoir chez les militaires (je sens la moutarde monter au nez de certains) un sentiment citoyen aussi. Pourquoi ne seraient-ils pas comme beaucoup d’entre nous fatigués de la situation actuelle et vouloir apporter leur contribution à la résolution de la crise. Nous accordons le bénéfice du préjugé de bonne foi aux légalistes et aux TGVistes. Et oui, pourquoi pas ?
Tournons nous dans des situations moins polémiques. Prenons le cas des hôteliers et restaurateurs. Il n’y a pas plus concurrents qu’eux mais ils arrivent à travailler dans la même structure pour défendre et promouvoir leur métier. On peut être concurrents mais avoir des intérêts communs !
L’exemple de ce que l’on englobe dans la notion de Société Civile est instructif à plus d’un titre. Voilà des gens qui d’une manière plutôt militante dépensent leur énergie à pousser leurs idées sur l’échiquier. Certains sont des partisans de la légalité, d’autres ont de la sympathie pour Andry Rajoelina alors que d’autres sont prudemment en dehors de la politique politicienne. Tous aspirent à une solution apaisante pour Madagascar.
Il y a un projet qui sera ce que les citoyens en feront. C’est le CRES, Conseil de Redressement Economique et Sociale, une des institutions prévues pour la sortie de crise. Et si dès maintenant des citoyens se mettent à réfléchir et définir ce que devrait être le CRES sans attendre qu’un officiel dise ce que sera cette institution.
On le sait bien, à Madagascar, les politiciens ont tendance à vouloir remplir tout l’espace. À la société civile de s’investir pour casser cette fatalité.
Et si nous forumistes prenons l’initiative de dire ce que nous attendons, ce que sont nos points de vue pour le redressement du pays, ce que sont nos exigences, notamment en matière de méthode et de mode de raisonnement, sans exclusion, avec le respect des idées des autres. Avec l’apport de tous les forumistes d’ici et d’ailleurs. Cette contribution peut valoir son poids en or (bien qu’immatérielle). Dire qu’est ce qui est prioritaire : par exemple des élections ou bien définir quelle société nous voulons et préciser les moyens pour y arriver. Autant de sujets et bien d’autres vers lesquels les citoyens pourraient exercer leur talent. À vos claviers, citoyens et citoyennes.
NDLR : Heureuse coïncidence. Sur le site, nous inaugurons ce jour une notation des commentaires (un vote par utilisateur ou par adresse IP). Ce système constitue un autre moyen offert aux internautes d’exprimer leurs opinions, et permettra nous l’espérons de mettre en valeur les commentaires les plus réfléchis.





