Propos du porte-parole du ministère français des Affaires étrangères et européennes, lors de son point de presse du 22 novembre 2011
« La désignation du gouvernement de Transition d’Union Nationale sous l’autorité du Premier ministre désigné, M. Omer Beriziky, marque une nouvelle étape dans la mise en œuvre de la Feuille de Route signée le 17 septembre.
La France salue le caractère inclusif et consensuel de ce gouvernement de Transition, comme en atteste la diversité des tendances politiques en son sein, puisque tous les signataires de la Feuille de Route y sont représentés. La désignation de ce gouvernement illustre le souci du président de la Transition et des acteurs malgaches de traduire leur volonté de changement en actes. La France salue leur détermination à poursuivre le processus de réconciliation.
La France salue également le travail de médiation de la Troïka de la SADC (Communauté de développement de l’Afrique australe), conduite par le vice-ministre sud-africain des relations internationales et envoyé spécial du président Zuma, M. Marius Fransman, dont les efforts, conjoints à ceux des parties prenantes malgaches, ont permis cette avancée majeure.
La France exprime son soutien au gouvernement de Transition ainsi nommé. Conformément à l’esprit et à la lettre de la Feuille de Route, celui-ci devra conduire Madagascar vers des élections libres, crédibles et transparentes.
Les conditions sont à présent remplies pour que la communauté internationale reprenne progressivement son aide à Madagascar. Le redressement économique doit accompagner le retour à une vie institutionnelle normale.
Je rappelle que, lors de sa visite officielle la semaine dernière en Afrique du Sud, Alain Juppé a été reçu en audience par le président d’Afrique du Sud où il a souligné l’importance de l’effort de tout ce travail mené notamment par la SADC et par l’Afrique du Sud pour faire avancer les choses. Maintenant, nous pouvons constater les progrès de ce processus de manière bien réelle. Je voudrais redire que la France a tout mis en œuvre pour soutenir tous ceux qui ont permis à Madagascar de reprendre la voie par laquelle désormais, le pays est engagé. »
Question - « Les anciens dirigeants renient le gouvernement qui vient d’être mis en place. Selon vous, cela ne fragilise-t-il pas ce gouvernement et le processus de sortie de crise à Madagascar ? »
Réponse - « Tout ce qui peut fragiliser le processus à l’œuvre en ce qui concerne Madagascar, je pense à la Feuille de route, à tout ce qu’a fait la SADC, à la récente nomination d’un Premier ministre, pas plus tard qu’hier soir à la formation d’un gouvernement à Madagascar, tout ce qui peut être de nature à fragiliser ce processus, rencontre la désapprobation de la France.
La France est engagée pour que la dynamique, de progrès, de mouvement positif à laquelle nous assistons et que nous soutenons depuis des mois à Madagascar puisse se poursuivre. Une nouvelle étape importante a été franchie hier avec la formation d’un gouvernement. Nous n’avons qu’une seule ambition, c’est le succès de ce processus qui est engagé.
Maintenant repose sur ce gouvernement une responsabilité importante, celle de mener le pays vers des élections démocratiques dans le cadre d’un processus transparent et nous soutenons ce qui est à l’œuvre. Je rappelle que ce gouvernement est le reflet de la diversité de tous ceux qui, à Madagascar, se sont réunis pour que les choses bougent, et il est important, non seulement de préserver, mais également d’encourager, de développer cette dynamique de progrès qui est à l’œuvre. La France ne ménagera aucun effort avec tous ses partenaires, que ce soit ses partenaires africains, européens ou d’autres acteurs de la communauté internationale pour qu’il en soit ainsi. »
Q - « L’ancien président malgache Didier Ratsiraka annonce son retour à Madagascar pour demain ou après-demain. Pour la France est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle pour le processus de sortie de crise ? Est-il toujours utile de se pencher sur les solutions et la Conférence au Sommet qu’il suggère ? »
R - « Après presque trois ans de crise politique, et à l’issue d’une Médiation internationale, grâce à une intervention conjointe de la Troïka de la SADC et de la COI, une Feuille de Route a été signée par la très grande majorité des acteurs politiques malgaches.
La France soutient ce processus de sortie de crise que constitue la Feuille de Route, lequel est consensuel et inclusif. La crédibilité de la Feuille de Route repose en particulier sur l’engagement des parties signataires. Je vous renvoie à l’article 23 de l’accord : « Aucun Acteur Politique Malgache partie prenante ou non à cette Feuille de Route ne peut ni ne doit s’arroger un droit de veto à l’exécution de cette Feuille de Route durant la période de transition. »
Quant au retour de M. Ratsiraka, c’est une décision et une responsabilité qui lui appartiennent. À lui, comme à tous les autres acteurs politiques, il revient de prendre la responsabilité du moment dans lequel se trouve Madagascar et d’en tirer les conséquences appropriées pour permettre au pays de repartir. C’est ce que nous souhaitons à Madagascar et aux Malgaches. Il y a une feuille de route, un gouvernement depuis hier soir pour faire avancer les choses. Il faut donc y aller. »




