Pour 500 millions d’ariary, c’est toute la gendarmerie nationale, voire l’Armée nationale et le gouvernement qui se chamaillent. Le général Zafera, commandant du camp de la Gendarmerie de Fort Duchesne, siège de la Force d’intervention de la Gendarmerie nationale (FIGN) démissionne. D’après lui, il s’agit de montrer l’exemple car il n’a pas réussi à résoudre l’affaire des 500 millions qui agite le corps de la gendarmerie. Il espérait que son geste serve d’exemple aux autres responsables qui échouent dans leurs missions. D’autres par contre voyaient dans son comportement un coup de pouce au général Bruno Razafindrakoto, Commandant de la Gendarmerie nationale pour qu’il dépose aussi sa démission comme le réclament nombre d’éléments de la FIGN, dont des sous-officiers et des officiers subalternes et supérieurs.
Selon certaines sources, le général Zafera ne voulait pas être le problème dans la recherche de solution à l’affaire et c’est la raison pour laquelle il a préféré remettre son tablier. Mais en fin d’après-midi, d’autres sources font état d’un refus de cette démission de la part de certains éléments de la FIGN. En tout cas, le Commandant de la Gendarmerie nationale n’envisage guère une démission telle que la revendiquent des gendarmes de la FIGN. Des sous-officiers craignant des « représailles » ou des affectations massives, ont lancé un appel à leurs coreligionnaires ce 9 mars pour qu’ils rejoignent le camp de Fort Duchesne.
En milieu d’après-midi de ce mardi 9 mars, le Premier ministre a réuni tous les responsables de la Gendarmerie nationale en son palais à Mahazoarivo. Ils étaient conduits par le Secrétaire d’Etat à la Gendarmerie nationale, le général Claude Ravelomanana. Le général Bruno Razafindrakoto, Commandant en chef de la Gendarmerie nationale, principal concerné dans l’affaire des 500 millions d’ariary selon la FIGN, y était représenté par son Premier Adjoint, le général Manakay. Outre les six commandants des six Circonscriptions interrégionales de la Gendarmerie nationale, les commandants des 22 groupements de la Gendarmerie ont également été conviés à cette réunion convoquée par le Premier ministre, chef du gouvernement de la Haute autorité de transition (HAT). Surprenant les observateurs, le général Zafera qui avait déclaré avoir remis son tablier, donc démissionnaire, était lui aussi de la partie. « C’est une affaire entre gendarmes », souligne le Premier ministre. Aussi les autres composantes des forces armées sont tenues à l’écart.
La réunion s’est déroulée à huis clos mais le Premier ministre Camille Vital rassure que l’affaire ne peut jamais se régler par les armes, pour dire que les gendarmes ne vont pas s’entretuer. Selon certaines indiscrétions, des décisions d’apaisement auraient été convenues au cours de la réunion et seront annoncées ce jour. En fait pour celui qui vit à la campagne, en brousse, pour celui qui doit voyager et emprunter nos routes nationales, pour le paysan qui doit veiller la nuit, pour le salarié qui doit lui aussi étoffer les quartiers mobiles, le problème c’est quand est-ce que l’insécurité va-t-elle disparaître ? Quand est-ce que les gendarmes vont-ils anéantir les dahalo, au lieu de se chamailler pour de l’argent qui a déjà été dépensé ou qui est déjà dans les poches d’autrui ? Et puis que font le BIANCO et la Justice ? L’enquête administrative sur ces 500 millions d’ariary a été faite ; il reste dit-on le côté judiciaire. Mais qu’attend-on pour les conduire ces enquêtes judiciaires et publier les résultats ou organiser le procès ?







