L’affaire des 2,5 milliards de Fmg se corse. Si on devait considérer l’ultimatum proféré par les éléments de la Force d’intervention de la Gendarmerie nationale (FIGN) qui siège au camp de Fort Duchesne, les résultats de l’enquête doivent être connus ce vendredi 5 mars. De fait, l’ultimatum a donc été repoussé de 24 heures. Interrogé par les journalistes, le Commandant de la Gendarmerie national, le général Bruno Razafindrakoto, principal incriminé dans l’affaire selon les éléments de la FIGN, déclare qu’il n’est pas en mesure se prononcer sur les résultats de l’investigation qu’il attend lui aussi, puisqu’il fait partie des personnes enquêtées. En tout cas, il ne démissionnera pas comme le réclament ses détracteurs de Fort Duchesne. Mieux, il ajoute que ces derniers sont en train de s’en prendre à l’État qui l’a nommé Commandant en chef de la Gendarmerie nationale.
De peur d’une quelconque invasion sans doute, le camp de Fort Duchesne est fortement gardé. Des barricades à l’entrée et des éléments armés, vraisemblablement de fusils d’assauts, sont de faction au portail et sur les toits des bâtiments. Est-ce la révolte qui se concrétise ?
Pendant ce temps, le chef d’État-major des Forces armées, tout en précisant que l’armée n’a rien à voir avec cette somme offerte par l’ancien président de la République, Marc Ravalomanana, relativise ou dilue l’affaire. Il pose un certain nombre de questions. Le « corrupteur », si vraiment cette offre a existé et que l’argent en question provenait non pas des caisses de l’Etat mais des poches de Ravalomanana, est hors du territoire, dit-il, et les corrompus ne sont pas encore connus et avérés. Et si ce n’était que du bluff ou une stratégie pour démobiliser la Gendarmerie et la diviser, s’interroge-t-il ? Et il poursuit : « et si l’offre était officielle, c’est-à-dire, venait des caisses de l’Etat ? »
En tout cas, on laisse entendre dans les milieux proches du dossier que l’enquête s’est déjà achevée voici une dizaine de jours et on attend la publication des résultats ; ce serait la raison de cette fébrilité au sein de la FIGN.

envoyer par mail


