Sans savoir ce qu’allait dire l’ancien Premier ministre, les manifestants, partisans de Marc Ravalomanana, se sont précipités à perturber le point de presse tenu par le général Charles Rabemananjara ce mercredi 23 juin 2010 devant le tribunal Anosy.
À la sortie de la salle d’audience de la cour criminelle ordinaire, l’ancien et dernier Premier ministre du régime Marc Ravalomanana a sollicité la presse pour que celle-ci recueille ses explications à propos des affaires nationales et du carnage à Ambohitsorohitra le samedi 7 février 2010. La presse a accepté l’invitation et l’interview devait se tenir sur le champ dans le parking du tribunal.
À l’extérieur du tribunal, des membres de la mouvance Marc Ravalomanana s’étaient déjà amassés, tenant une banderole, pour montrer leur mécontentement à propos du procès sur l’affaire du 7 février 2009. Une fois qu’ils ont vu le général Charles Rabemananjara et que ce dernier allait faire sa déclaration, les légalistes se sont approchés de l’ancien Premier ministre. Sans tenir compte de l’interview effectuée par la presse, les légalistes ont hué l’ancien locataire du palais d’Etat de Mahazoarivo.
Judas
« Traître, Judas » criaient et hurlaient les partisans de Marc Ravalomanana à l’endroit du général Charles Rabemananjara. Ce qui a ainsi déconcentré les membres de la presse durant l’interview, sans parler de la difficulté de toute prise de son pour la presse audio-visuelle. Le général Charles Rabemananjara a tenté de s’expliquer avec la foule, mais rien à faire, aucun dialogue n’était possible. Aussi, le service de sécurité de l’ancien Premier ministre a préféré suggérer à son patron de quitter les lieux avant que la situation ne se dégrade davantage.
Témoignage
L’ancien Premier ministre a été appelé à témoigner devant la barre du tribunal ce mercredi 23 juin 2010. Lors du carnage à Ambohitsorohitra, le samedi 7 février, le général Charles Rabemananjara était encore Premier ministre. Ainsi, il a son mot à dire. Mais vu que le procès n’a pas eu lieu ce mercredi, il a voulu à tout prix parler. Ainsi il s’est adressé à la presse. Mais les légalistes l’ont censuré de fait.
Dans une précédente édition, en date du vendredi 26 mars 2010, www.madagascar-tribune.com avait publié un article portant le titre « CENI, Capacité d’écoute zéro de la HAT ». Un article parlant de la nomination par la Haute Autorité de la Transition (HAT), de James Ramarosaona au sein de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), en tant que président l’ordre des journalistes alors qu’il ne l’est plus.
Ce mercredi 23 juin 2010, l’ancien Premier ministre a demandé aux légalistes de pouvoir s’exprimer devant la presse à propos de l’affaire du 7 février et des affaires nationales. Mais les partisans de Marc Ravalomanana n’ont pas voulu l’écouter. Ce n’est pas tous les jours que le général Charles Rabemananjara s’adresse à la presse, même quand il était encore Premier ministre. C’est quelqu’un de très fermé et qui maîtrise mal sa communication. Alors, la presse a été plus que ravie lorsque le général a demandé à être interviewé. Mais les légalistes ont gâché l’ambiance.
Ainsi, toutes les mouvances politiques à Madagascar, au pouvoir ou dans les rangs de l’opposition, n’ont actuellement qu’une capacité d’écoute zéro. Zéro tolérance, zéro écoute et zéro pardon. La suite ? Qui vivra verra.





