Les opérations conduites par la Présidence de la Haute autorité de transition (HAT) contre la menuiserie installée chez Tiko Sambaina à Manjakandriana, où des perquisitions ont révélé des lots de mobiliers et des planches et grumes en bois de rose ont déclenché sans le vouloir la foudre des « opposants ». Les trois mouvances politiques conduites par le Pr. Albert Zafy, sont en effet montées au créneau. Elles ont organisé une conférence de presse en milieu de l’après-midi ce vendredi 16 juillet au Carlton. Mme Ramisandrazana de la mouvance Didier Ratsiraka, Fetison Rakoto Andrianirina de la mouvance Marc Ravalomanana et qui avait assisté à une séquence de perquisition des sites à Manjakandriana, Manandafy Rakotoirina de l’Alliance démocratique qui fait partie de la mouvance Marc Ravalomanana, ont figuré aux côtés du chef de file de la mouvance Zafy pour revendiquer la transparence totale sur les 300 tonnes de bois de rose saisis à Anjouan aux Comores. Cette cargaison est déjà rapatriée après que le Premier ministre de la HAT, le général Camille Vital ait négocié auprès du gouvernement comorien. Aux dernières nouvelles, les troncs de bois de rose qui étaient arrivés au port de Mahajanga sont maintenant dans la capitale sous la garde des forces de l’ordre, en l’occurrence à la Gendarmerie de Betongolo.
Le président Albert Zafy et consorts ont déploré le mutisme de Andry Rajoelina alors que tous les dossiers relatifs à cette cargaison de bois de rose sont, selon eux, entre ses mains. Ils réclament alors toute la vérité sur cette affaire qu’ils estiment avoir déshonoré le pays depuis plusieurs mois déjà. Le trafic de bois de rose fait honte d’autant qu’il se déroule au vu et au su de toute la communauté internationale, ont-ils signifié. Ils ont alors interpellé Andry Rajoelina qui se veut ou qui est « raiamandreny » de tous les Malgaches, pour mettre toute l’affaire de ces 300 tonnes de bois précieux au clair. Ils demandent avec insistance que Andry Rajoelina fasse une déclaration à la nation du genre de ce qu’il a fait lors de la fête nationale, mais à propos de ces bois de rose sur la base des dossiers qu’il aurait, selon Albert Zafy, entre les mains : noms des exportateurs, des destinataires, des exploitants et des transporteurs maritimes. Combien exactement ces exportations de bois de rose rapportent-elles à l’Etat, interroge-t-il car à sa connaissance, un conteneur devrait coûter à l’exportateur quelque 460 millions d’ariary comme redevances et taxes.
Les Tangalamena et autres princes eux aussi réclament des comptes sur « La Baleine 6 »
Les politiciens des trois mouvances politiques ne sont pas les seuls à réclamer des comptes au président de la HAT. Des voix aussi s’élèvent chez les détenteurs du pouvoir traditionnel (les tangalamena, les princes et ampanajaka) de la région d’Andovoranto dans les environs de Brickaville. Le « hasina » (la sacralité) de l’embouchure du fleuve Andovoranto selon ces détenteurs du pouvoir traditionnel, a été souillé et plus que profané par les trafiquants de bois de rose qui y font leurs opérations en dépit des interdictions des habitants. Ils ont vu et ont noté le nom du navire à bord duquel des bois de rose sont embarqués ; il s’agit du navire « La Baleine 6 ». Ils ont dû, selon le Tangalamena Patrick Zakariasy, procéder à des cérémonies de prières accompagnées d’offrandes (six zébus) qui auraient atteint leur objectif, puisqu’ils auraient constaté par la suite que le navire « La Baleine 6 » était tombé en panne et a fini par échouer. Les bois de rose auraient alors été débarqués par les trafiquants à l’aide de nombreuses embarcations hors bord et acheminés vers Brickaville, tandis ce que des ordres seraient venus d’en haut afin que tous ces mouvements ne soient pas inquiétés, alors que des éléments de la task force étaient dans la région.
En tout cas, ces détenteurs du pouvoir traditionnel croient fermement que des hauts responsables militaires sont impliqués dans ce trafic qu’ils ont découvert au mois de mai à Andovoranto. Il s’agit selon eux, d’une première expédition de 54 tonnes de bois de rose et les trafiquants prévoient dix (10) autres expéditions. Bref, ils appellent Andry Rajoelina à prendre ses responsabilités et à rendre des comptes à ce sujet car des noms de généraux, de colonels proches de la Présidence de la HAT et de Toamasina sont, selon leurs dires, dans ce trafic qui profane le « hasina » du pays.





