Réagissant par rapport à l’actualité, l’association Otrikafo, connue pour ses positions nationalistes et ses déclarations virulentes, n’a pas mâché ses mots à l’adresse du président de la Haute autorité de transition (HAT), Andry Rajoelina. C’était ce lundi matin du 26 juillet en son siège à Andravoahangy Ambony. Andry Rajoelina, disait Andrianjaka Rajaonah, président de l’association, aurait dû convoquer l’ambassadeur de France, Jean Marc Châtaigner, pour lui taper sur les doigts et le rappeler à l’ordre à la suite des ingérences qu’il avait publiquement faites lors de son discours du 14 juillet dernier à Ivandry quand il avait recommandé la dissolution du FIS. C’est ce que font tous les chefs d’État dignes de ce nom en pareilles circonstances dit-il. Dénoncer et condamner comme l’avait fait le président de la HAT dans son débat radio-télévisé depuis la Cité des Fleurs ne suffiraient donc pas à son avis.
Pour continuer dans sa foulée, Andrianjaka Rajaonah a déploré que le chef d’État de la HAT ne satisfait pas aux aspirations de changements réclamées lors de la lutte sur la Place du 13 Mai. À preuve, explique-t-il, il s’est contenté par exemple dans les réponses qu’il a apporté aux questionnements sur les trafics de bois de rose, de répéter les mêmes stratégies et les mêmes excuses ou les mêmes instructions et recommandations que son prédécesseur. Rien de bien nouveau à son avis car il a juste revendiqué la transparence et la rigueur dans l’application des lois et règlements et que les auteurs et acteurs de ces trafics qui sont un crime, soient arrêtés et leurs noms publiés. Mais qu’est-ce qu’il attend pour livrer les noms de ces criminels au public, s’interrogent Otrikafo et ses partisans ? Plusieurs attentes en effet sont demeurées vaines au sujet de ces trafics de bois de rose. Plus d’uns étaient impatients de voir Andry Rajoelina donner la réplique aux interpellations du Pr. Albert Zafy quelques jours plus tôt, mais ce ne fut pas du tout le cas ce dimanche soir du 25 juillet 2010.
Quelque part, Otrikafo reproche au président de la HAT de faire de la propagande pour sa personne et d’usurper des résultats ou des performances qu’il n’a pas tout seul réalisés. Il en est ainsi de la baisse des prix des PPN qui, du point de vue de Otrikafo, ne serait que le fruit de la libre concurrence du moment que le monopole du groupe de l’ancien président Marc Ravalomanana a été démantelé. Il faut aussi ajouter que les efforts accomplis dans le secteur agricole sous l’ancien régime ont porté leurs fruits et que les récoltes n’ont pas été endommagées par les cyclones et autres catastrophes naturelles.
Quant au taux de change qui traduit dans une certaine mesure la force de la monnaie nationale, Andrianjaka Rajaonah note qu’en 2002, effectivement la monnaie nationale a vraiment chuté par rapport aux devises étrangères telles que l’Euro et qu’aujourd’hui, comme l’a montré le président de la HAT, une telle chute n’existe pas. Selon Otrikafo, la monnaie malgache en 2009 et jusqu’à maintenant, bénéficie de la faveur et de la sympathie des Français et ne subit que très peu de pression pouvant provoquer sa chute. Ce qui n’a pas du tout été le cas en 2002 qui a vu un Euro valoir plus de 15 000 fmg ou 3000 ariary pour la simple raison que Marc Ravalomanana était mal vu des Français et notamment des opérateurs et investisseurs français.
Mais toutes ces critiques n’ont pas empêché Otrikafo de reconnaître que le débat de dimanche dernier a montré une certaine avancée de la démocratie bien que la prestation ne soit pas en faveur de Andry Rajoelina, à son avis.
Recueilli par Valis






