Les houleux travaux de commission cèdent à partir de ce jeudi 16 septembre la place aux deux journées de séances plénières. Prévues initialement se dérouler au Palais de la Culture et des Sports à Mahamasina, elles vont finalement pour des raisons de logistiques se tenir au Centre de conférence international (CCI) Ivato ; et sous les chapiteaux. On ne sait trop comment vont s’effectuer les délibérations car un certain nombre de questions non résolues au niveau des commissions, notamment sur l’amnistie, sur les bénéficiaires de cette mesure, sur la période concernée, mais aussi sur le ou les textes à présenter lors du référendum constitutionnel… sont à mettre en œuvre en plus de l’approbation ou des éventuels amendements à prendre sur les autres thèmes.
Etant donné l’effectif à gérer et le temps imparti, il ne serait pas une surprise que des changements de méthodes interviennent comme ce fut le cas dans la commission Constitution. Au cours du deuxième jour des travaux dans cette commission, les organisateurs ont du modifier et aménager les questionnaires. Les 138 questions ont été résumées et réduites à une vingtaine pour accélérer le rythme et en même temps satisfaire aux limitations de temps de prises de paroles des participants qui comptaient environ 600 individus. Tout cela doit observer la liberté d’expression des congressistes pour montrer à l’opinion et aux détracteurs que l’assemblée est légitime et souveraine.
Les « raiamandreny mijoro » ne veulent surtout pas que leur initiative soit un échec ; ils l’ont déjà déclaré. Saisissant l’opportunité offerte par une lettre de Joachim Chissano qu’ils auraient reçu, dans laquelle le médiateur en chef leur fait part du caractère unilatéral de l’entreprise en cours au CCI Ivato parce que les trois mouvances et les principaux protagonistes de la crise, de même que la Coordination nationale des organisations de société civile (CNOSC) n’y participent pas, les raiamandreny mijoro ont martelé qu’il ne peut plus y avoir une seconde conférence nationale. Ils fondent leurs arguments sur le nombre de « mpizaika » ou participants qui sont d’origine et d’horizon différents : « dinika santatra » depuis les 119 districts, assises régionales depuis les régions, teny ifampierana et accords politiques d’Ivato en plus des autres entités.
Autrement dit, un éventail très large à leur avis. Toujours est-il que des reportages télévisés et des micros trottoirs dans la capitale ont montré mardi soir du 14 septembre le peu de crédit accordé par certains citadins de la capitale aux résolutions qui seront prises lors de cette conférence nationale. Certaines personnes interrogées du côté de Mahamasina par la presse avouent ne pas connaître ce qui se passe exactement, tellement leurs préoccupations quotidiennes sont méconnues des dirigeants et des politiciens.
Quoi qu’il en soit, les séances plénières promettent d’être instructives et décisives selon les « raiamandreny mijoro » : les résolutions qui seront adoptées seront appliquées rassurent-ils ; tant pis pour ceux qui n’ont pas adhéré au processus ou qui ont quitté le navire à l’instar du CNOSC selon Rabenandrianina Louis, ancien député AVI et fervent défenseur de Marc Ravalomanana à l’époque dans sa lutte contre Didier Ratsiraka. On se souvient de cette personne handicapée qui s’était couchée devant le char qui était sensé réprimer le mouvement en faveur de Marc Ravalomanana sur la Place du 13 mai.




