Pendant que le représentant de l’Union européenne poursuit ses visites de courtoisie et sa campagne de persuasion comme quoi, il faut s’en tenir à la feuille de route, rien qu’à la feuille route, la Banque mondiale emboîte le pas à l’ONU et révèle elle aussi ce mercredi 22 février lors d’un petit déjeuner de presse en son siège à Anosy, sa nouvelle stratégie pour le pays dénommée note de stratégie intérimaire ou ISN.
Ce mercredi 22 février, Léonidas Tezapsidis, ambassadeur de l’Union européenne (UE) à Madagascar, a rendu visite au ministre des Hydrocarbures, Marcel Bernard pour signifier une fois de plus aux tenants du pouvoir que l’UE est prête à apporter toute son aide, notamment l’aide budgétaire et celle au développement du moment que Madagascar retrouve la démocratie et s’installe dans un régime qui soit conforme à la Constitution. Les représentants de ces deux grands partenaires ne voient pas d’un bon œil des velléités des dirigeants de remplacer le gouverneur de la Banque centrale. Ils ont fait comprendre que le risque est grand pour que le fragile équilibre ou la bonne santé financière et monétaire observée grâce à la collaboration fructueuse de la Banque centrale et du ministère des Finances ne soit rompue ou se détériore. En tout cas, il a été dit qu’il aurait été plus judicieux de garder les mêmes équipes en raison de leur performance, d’autant que la feuille de route interdit la prise de grandes décisions pouvant compromettre l’avenir du pays.
Dans le cas précis des hydrocarbures et au moment où plane la hausse des prix du carburant, l’ambassadeur européen, Leonidas Tezapsidis et le représentant de la Banque mondiale, Adolfo Brizzi, s’accordent à soutenir qu’il faut laisser le marché déterminer les prix des carburants pour ne pas étouffer les pétroliers. Ces derniers se plaignent qu’ils vendent à perte, et qu’en cas d’aggravation de la situation, ils ne pourront plus importer de carburant, surtout si le prix à la pompe n’est pas révisé à la hausse.
Un portefeuille de 900 millions de dollars de la Banque mondiale
Une nouvelle stratégie de la Banque mondiale appelée Interim Strategy Note ou ISN, offre un soutien financier à court et moyen terme, se basant sur les programmes qui existaient avant la crise et qui ont tous été réactivés. Sur un portefeuille de programme de 900 millions de dollars, 220 millions de dollars n’ont pas encore été décaissés. L’ISN comporte actuellement 14 projets. Ces projets seront améliorés pour que les impacts soient plus concrets. Certains projets financés par la banque mondiale arriveront d’ici peu de temps à leur terme comme le Psdr. Mais Adolfo Brizzi a rassuré que ces différents projets seront examinés et pourront bénéficier d’une extension. L’ISN sera encore améliorée ou remplacée en fonction de l’évolution de la situation politique dans le pays. Adolfo Brizzi affirme que la Banque ne s’implique pas dans le processus électoral mais consacre totalement ses contributions dans le domaine social pour éviter une dégradation totale de la vie publique, face à un manque de stratégie gouvernementale claire.
Aux yeux des observateurs, les principaux partenaires techniques et financiers font pression pour le libéralisme et contre l’ingérence de l’État, tout en reconnaissant la délicatesse de la situation au vu des conséquences d’une hausse des prix sur les couches les plus vulnérables de la population. En d’autres termes, ils sont contre ou du moins très critiques par rapport aux subventions car à leur avis, l’octroi de subvention ne résoud rien mais déplace le problème vers d’autres secteurs.
Heureusement pourrait-on dire que l’UE maintient toujours, et semble-t-il est en passe d’accroître, les aides d’urgence humanitaires ; en 2011 l’UE a débloqué pour le volet humanitaire quelque 25 millions d’euro. Heureusement aussi que la Banque mondiale est en train de développer cette autre stratégie – l’ISN dont l’objectif en cette période de crise à court terme (un an et demie) est de pallier aux besoins d’urgence de Madagascar, sachant que la transition actuelle n’est pas encore reconnue par l’ensemble de la communauté internationale. Selon Adolfo Brizzi, cette stratégie intérimaire a pour but essentiel d’éviter que le pays s’enfonce un peu plus dans la fragilité mais aussi pour soutenir la population extrêmement pauvre pour qu’elle ne soit pas l’otage de la crise politique. L’ISN se focalise principalement sur les besoins humanitaires notamment l’éducation, la micro-finance, l’agriculture, la santé, l’emploi et l’aide à la population affectée par les catastrophes naturelles. L’ISN apporte également un soutien économique pour faire face aux risques plus pressants en matière fiduciaire, selon toujours les explications du représentant de la Banque à Madagascar qui explique qu’il entre dans le cadre de l’engagement de la Banque à aider la population pour faire face à l’effritement de l’état de droit et du service public.
Recueilli par Bill




