L’atelier initié par la HAT sur les moyens de sortir de crise politique s’ouvre donc ce jour, et dans une large mesure, on en est encore à se demander s’il contribuera à recomposer le paysage politique ou ne fera que cristalliser les positions des uns et des autres.
Dans les trois mouvances Ravalomanana, Ratsiraka et Zafy, on trouve à des niveaux divers des responsables déclarant l’intention de ne pas participer à cette rencontre. C’est le camp Ravalomanana qui a la position la plus tranchée sur ce point là, puisque c’est Marc Ravalomanana lui-même qui a donné la consigne de boycotter l’événement, et l’ancien Président répète publiquement et quasi-quotidiennement ce message aux manifestants du Magro par la voie d’interventions téléphoniques.
Dans le camp Ratsiraka, le Pr Ange Andrianarisoa a également déclaré que cette mouvance ne serait pas présente à cette réunion. Cependant, il est à peu près acquis que quelques personnalités réputées pour avoir longtemps travaillé avec l’amiral, comme José Andrianoelison, seront présentes.
La mouvance Zafy Albert semble la plus partagée. Le Professeur lui même est resté très discret sur cet atelier, laissant à Emmanuel Rakotovahiny le rôle de s’exprimer sur un ton très critique sur la conception du dialogue d’Andry Rajoelina. D’autres partis ont marqué leur intention de participer, comme le Parti Fédéraliste de Madagascar par la voix de son président, Henri Lecacheur. Cette participation reste cependant conditionnée, ce parti se réservant le droit de claquer la porte si les conditions d’un vrai dialogue n’étaient pas réunies. La position du MDM (Mouvement pour la Démocratie à Madagascar) de Pierrot Rajaonarivelo est très similaire, la participation à l’atelier pouvant s’arrêter si les débats ne s’orientent pas vers l’organisation d’une véritable conférence nationale.
Il reste toutes les entités qui ne se reconnaissent pas dans les 4 mouvances. Là aussi, les situations sont très contrastées en ce qui concerne la décision ou non de participer. C’est « oui » pour le KMF-CNOE qui met en avant qu’il a toujours répondu à toutes les invitations à dialoguer, c’est « oui mais » pour le Monima de Monja Roindefo qui sera présent mais ne participera pas aux votes, c’est « non » pour les organisations de la société civile proches du CCOC. Mais là aussi, on met en avant qu’on n’exclut pas de contribuer à l’organisation d’une véritable conférence nationale si celle-ci était décidée par l’atelier.
Quant aux églises du FFKM qui auraient quelque légitimité à figurer également parmi les organisateurs d’une telle conférence nationale, leur présence ou non à l’atelier d’Ivato reste très incertaine.
Recueilli par Yann

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