Selon certaine source, la présidence de la HAT et le gouvernement sont en train de peaufiner l’élaboration d’un grand ou d’un super ministère sous la forme d’un établissement public à caractère administratif qui serait dénommé ADESM ou Agence de développement économique et social. Cette ADESM est présentée comme un instrument qui n’a d’autres priorités que la création d’emplois et la construction future de la Nation. Et dans cette optique elle ferait tout. Elle aurait pour mission de concevoir, de planifier, et exécuter les investissements publics ainsi que les grands projets Donc tout ce qui relève des affaires économiques et de développement social passerait d’abord par cette agence. Son patron serait un Délégué général et apparemment il serait autonome mais sous tutelle de la présidence de la HAT.
Ce Délégué général serait l’ordonnateur du budget de l’ADESM, l’exécuterait, passerait et approuverait les marchés. Il recruterait les ressources humaines dont il aurait besoin. Il élaborerait et mettrait en œuvre les règlements de l’ADESM. Bref, un super ministère selon certains et dans lequel le gouvernement serait réduit à donner des conseils car seuls pourraient échapper au contrôle de cette Agence, les ministères de souveraineté.
Plus d’uns observateurs se souviennent de l’époque de la vice primature en charge des Affaires économiques durant une partie du règne de Marc Ravalomanana. La différence cette fois résiderait dans cette autonomie budgétaire et, pour des raisons d’allègement ou de facilitation de procédures, dans l’autorisation qui lui serait accordée de placer ses fonds qui sont publics, sur un compte bancaire. Des entorses à l’orthodoxie des finances publiques disent les connaisseurs. Une autre super-structure type FNI affirment d’autres connaisseurs.
Le projet est trop important affirment d’autres observateurs car ce serait pour la population, pour la relance des activités économiques, pour le futur de la Nation, si bien que malgré les interpellations de plus en plus insistantes, le président de la HAT observe un silence assourdissant. Les dernières interpellations venaient du Pr Albert Zafy et consorts, et des détenteurs du pouvoir traditionnel tels les « tangalamena ». Le Pr Albert Zafy lui a demandé de faire le point et de livrer les noms et les sommes d’argent que les trafics de bois de rose génèrent pour l’Etat. Mieux, il a même qualifié Andry Rajoelina de « raiamandreny des Malgaches et de tous les Malgaches ». Est-ce à dire que le Pr Albert Zafy lui reconnaît un statut autre que le « putschiste » ? Ou veut-il l’entraîner sur le terrain qu’il avait quitté, celui des accords de Maputo et d’Addis-Abeba ? Ou tout simplement voulait-il l’amadouer ?
Quoi qu’il en soit, malgré ce clin d’œil ou ce langage qui ne manque pas d’ironie, le président de la HAT est demeuré muet. Les appels des « tangalamena » qui ont évoqué le « hasin’ny tany » ou le caractère sacré ou l’essence même de la terre n’ont eu jusqu’ici aucun effet sur l’attitude du président de la HAT.
Recueilli par Valis





