L’atelier intitulé « teny ifampierana » s’est achevé ce vendredi soir du 5 mars vers 21h sur une note de satisfaction pour les organisateurs mais avec des questionnements et des déceptions pour certains des participants. Toujours est-il que l’atelier a permis de dégager une tendance allant dans le sens des espoirs du président de la Haute autorité de transition (HAT), Andry Rajoelina, qui voulait organiser les élections de députés pour composer l’assemblée constituante.
Les résultats des votes secrets organisés lors de cet atelier à propos de la feuille de route de sortie de crise sont clairs. Sur les 2500 participants annoncés il y eut 912 inscrits sur la « liste électorale » en quelque sorte, car chaque organisation n’avait droit qu’à une voix quelle que soit le nombre de ses représentants. Cependant, il n’y eut que 515 votants. Après décompte des voix, on a dénombré 514 suffrages valides et quatre votes blancs. 308 voix se sont déclarées favorables à la mise sur pied de l’assemblée constituante, tandis que 203 voix ont préféré opter pour un référendum constitutionnel.
En fait, les organisateurs avaient retenu deux alternatives sur les différentes propositions relatives à la manière de résoudre la crise. Les deux positions qui étaient présentées aux « électeurs » sont d’une part l’élection des députés et d’autre part la consultation populaire sur la Constitution. Les participants formulant des critiques à propos des termes de ce vote ont surtout insisté sur une troisième voie qui consistait à faire approuver par un référendum le travail élaboré par une Assemblée Constituante ; ou encore sur un vote jumelé du président de la République et du projet de constitution ; un plébiscite en somme.
Par ailleurs, quand ces mêmes participants se sont penchés sur les résultats de ce vote, ils se sont interrogé, à l’instar des observateurs, sur ce que sont devenus les quelque 400 inscrits sur la « liste électorale ». Quid des participants inscrits qui n’ont pas pris part au vote ? Sont-ce tous des « mineurs » ironisent les détracteurs.
En tout cas, la présidente du parti vert, « Hasin’i Madagasikara » a évoqué dans tout ceci, l’existence d’une « liste additive ». Elle a dénombré 99 partis politiques et plus de 900 associations qui ont submergé les véritables partis politiques qu’elle considère comme les premiers concernés dans l’affaire. Et cette jeune politicienne ne s’est pas empêché d’exprimer sa déception car à son avis le « teny ifampierana » n’était pas du tout un atelier comme elle s’y attendait car la prise de parole et les thèmes examinés ont été limités pour ne pas dire « canalisés ».
Pety Rakotoniaina lui aussi a déploré que les petits partis des fokontany de la capitale ont été privilégiés contrairement à ceux des régions tel dans la Haute Matsiatra où, précise-t-il, le nombre d’invités était limité.
À propos des autres thèmes examinés lors de cet atelier, les participants ne manquent pas de critiques. Le Code électoral a été décortiqué sur la base de l’avant-projet déjà corrigé et publié auparavant ; mais il y eut encore une quarantaine d’amendements. Ces mêmes participants ont relevé que le texte sur le CENI a été rendu plus complexe car au lieu de quelques articles, le texte a été étoffé et comprend aujourd’hui 74 articles.
Bref, une forte participation certes mais des résultats peu convaincants quant à son efficacité et à l’efficience d’un tel « teny ifampierana ». Le parti vert y voit davantage une manœuvre destinée véritablement à convaincre la communauté internationale plutôt qu’à améliorer les textes et à trouver les voies et moyens pour sortir définitivement de la crise. Le « teny ifampierana » lui semble une rencontre pour cautionner le pouvoir de fait et ses initiatives face à la communauté internationale.

envoyer par mail


