Le président de la Haute autorité de transition (HAT), Andry Rajoelina, est rentré d’un séjour « à titre privé » à l’étranger ce samedi 6 février 2010. Il promet pour ce lundi 8 février 2010 de rendre compte à la presse de « son séjour à titre privé ». Il doit effectivement des explications à plusieurs titres.
Tout d’abord pourquoi n’a-t-il pas informé les journalistes, interface entre le « pouvoir de fait » et le public qu’il prétend gouverner, de cette « mission » qu’il s’est donnée alors qu’il a rencontré, convoqué cette presse de Madagascar, quelques heures avant son départ.
Par ailleurs, le service communication de la présidence de la HAT a défendu becs et ongles que le séjour de Andry Rajoelina, président de la HAT, était un séjour privé. Or, c’est ce même service plus tard qui révèla progressivement que le président de la HAT a rencontré des personnalités hauts placées dans le monde politique français. Officiel ou privé ? Comment qualifier tout cela ? Et surtout pourquoi avoir retenu les informations sur ce « séjour » qui est d’une importance nationale et internationale. Car en fait, le président de la HAT a cherché lors de ce séjour les voies et moyens de sortir le pays de la crise. Et ce fut en terre française qu’il a fait d’autres propositions au Groupe international de contact (GIC). Ce fut des propositions différentes de celle qui avaient été présentées dans le pays quelques heures avant son départ.
Est-ce que les journalistes de Madagascar ne méritent pas d’être informés comme il se doit ? Dans ce cas les contribuables et les citoyens de Madagascar qui sont informés par la presse, valent-ils quelque chose aux yeux des communicateurs de la présidence de la HAT ? Ou bien le président de la HAT estime-t-il lui aussi que le peuple, ou du moins ceux qui l’ont porté au pouvoir ne sont pas en mesure de comprendre les péripéties et les délicatesses de la diplomatie pour les traiter ainsi ?
Plus d’un s’interrogent aujourd’hui, au-delà des soupçons d’allégeance à la France que l’on prête au président de la HAT, à propos des égards que ce dernier peut accorder au peuple et à la presse de Madagascar. Autant de questions qui préoccupent comme celles qui viennent à l’esprit quand quelques poignées de parlementaires français se permettent de recommander aux Etats d’Europe et d’Afrique d’aider un putschiste qui a abrégé le mandat des députés de Madagascar et celui des sénateurs pour les remplacer par des personnalités désignées au nom du putsch. La solidarité parlementaire franco-malgache et la démocratie ont-elles encore leur signification ? Et tout cela sous le sceau d’un « voyage à titre privé ».





