Près d’un an après le drame d’Ambohimalaza, qui a causé la mort de 32 personnes à la suite d’une fête d’anniversaire macabre, l’affaire connaît un rebondissement. Longtemps présentée comme un empoisonnement criminel, elle revient aujourd’hui au cœur du débat public avec une nouvelle hypothèse avancée par le président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianirina : celle du botulisme.
Lors d’une émission spéciale diffusée sur la TVM, le colonel Randrianirina a affirmé que des médecins russes chargés du suivi de plusieurs survivants, dont Patricia et Tojo Rahamefy, seraient parvenus à la conclusion que les victimes ont été atteintes par une forme de botulisme. Les investigations se poursuivent afin de déterminer la nature exacte de cette toxine et de savoir si elle relève d’une contamination naturelle ou d’une forme plus rare pouvant être associée à une arme biologique, selon lui.
Cette nouvelle version entre directement en contradiction avec celle défendue en juillet 2025 par l’ancien président Andry Rajoelina. À l’époque, l’ancien chef de l’État avait personnellement pris la parole lors d’une émission télévisée exceptionnelle entouré du ministre de la Santé, celui de la Sécurité publique, de la Gendarmerie ainsi que la procureure de la République. Tous avaient alors soutenu la thèse d’un empoisonnement volontaire.
Selon les autorités de l’époque, les analyses toxicologiques sur les aliments suspects réalisées dans les laboratoires locaux et français ont permis d’identifier la présence d’atropine, un alcaloïde contenu dans le datura et la belladone, deux plantes sauvages reconnues pour leur toxicité. La piste privilégiée était celle d’un acte criminel motivé par des conflits personnels. Plusieurs personnes ont été placées en détention préventive dans le cadre de l’affaire. Les enquêteurs évoquaient des aveux obtenus auprès de la principale suspecte.
L’ancien ministre de la Santé publique, le professeur Zely Randriamanantany, s’était montré catégorique pour écarter le botulisme. Il a expliqué qu’aucun cas connu de botulisme n’avait été provoqué par la consommation de pâtisseries comme celles servies lors de la fête. Ensuite, il a précisé que les souris utilisées lors des analyses étaient mortes quelques minutes seulement après avoir mangé les échantillons prélevés sur les victimes, alors qu’une intoxication botulique produit généralement des effets mortels sur plusieurs jours. Enfin, il insistait sur le fait que le botulisme n’entraîne habituellement ni destruction du foie, ni atteinte rénale grave, ni altération cardiaque importante, contrairement à ce qui aurait été observé chez plusieurs victimes. Ces explications avaient alors contribué à conforter la version officielle de l’empoisonnement volontaire.
Malgré la communication gouvernementale très structurée, les interrogations n’ont jamais totalement disparu. Des médecins, des proches de victimes et plusieurs observateurs remettaient en cause la thèse de l’empoisonnement intentionnel avancée par les autorités pour expliquer ces décès. Le retour de la piste du botulisme remet ainsi en question une partie des certitudes construites autour du dossier depuis près d’un an.
Le dossier Ambohimalaza ne se limite toutefois plus à un débat médical. Depuis les premiers mois de l’enquête, l’affaire a progressivement pris une dimension politique particulièrement sensible. Cette dimension politique est aujourd’hui ravivée par les déclarations du colonel Randrianirina. Il évoque la disparition présumée de certains documents médicaux appartenant à une survivante, récupérés par des individus se présentant comme des émissaires de l’ancienne présidence. Il a par ailleurs révélé, que désormais, les russes mènent actuellement des investigations sur cette affaire et se sont déjà rendus sur lieux du drame.
Près d’un an après les faits, l’affaire Ambohimalaza apparaît ainsi comme un dossier à plusieurs dimensions : sanitaire, judiciaire et politique. D’un côté, une enquête qui semblait avoir identifié les responsables et le poison utilisé. De l’autre, une nouvelle expertise qui remet en cause l’explication officielle et relance les investigations.
Entre la thèse de l’empoisonnement intentionnel défendue par l’ancien régime et celle du botulisme désormais avancée par les nouvelles autorités, le mystère reste entier. Une certitude demeure, les familles endeuillées attendent la vérité sur les causes réelles du décès de leur proches.
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Vos commentaires
Les victimes du drame d’Ambohimalaza ont été atteintes par une forme de botulisme. Conclusion des médecins russes chargés du suivi des survivants du drame d’ Ambohimalaza... Les mêmes médecins qui concluent, chaque fois, au suicide quand les opposants de Poutine sont balancés par ses barbouzes du 10 ème étage.
Ils sont allés chercher des médecins russes, ils ont osé !
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https://www.watson.ch/fr/international/sante/275229950-le-systeme-de-sante-russe-est-au-bord-du-gouffre