La Jirama s’est excusée. Mais pas auprès de ceux qui subissent quotidiennement les délestages depuis des mois. C’est au président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianirina, que la compagnie nationale a adressé ses « sincères excuses » publiques , après une coupure survenue samedi à Ambohijatovo, en plein milieu de son discours lors d’une exposition consacrée au « tolona » de la Gen Z.
Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, quelques instants après que le chef de l’Etat a dû prononcer son discours dans l’obscurité, la Jirama a expliqué que la coupure était due à une insuffisance de puissance sur une ligne haute tension de 35 kV provenant de la sous-station Tana-Sud Anosizato, alimentant notamment les transformateurs d’Ambohijatovo et de Mandroseza.
La compagnie reconnaît également l’importance de l’événement qui a dû choquer le grand patron du régime transitoire et non moins celui qui a nommé le directeur général actuel de la JIRAMA, et assure que ses techniciens recherchent les mesures nécessaires afin qu’un tel incident ne se reproduise pas. Des dispositions doivent être prises pour corriger cette défaillance.
Mais dans tout cela, les citoyens lambda ne semblent pas compter pour la JIRAMA. Depuis plusieurs mois, les coupures se répètent, parfois pendant plusieurs heures, perturbant les activités professionnelles, les commerces, les études et la vie des ménages. Pour ces usagers, aucune cérémonie officielle n’est nécessaire pour constater les conséquences du délestage : ils les vivent déjà au quotidien.
Deux poids, deux mesures ?
La question mérite donc d’être posée. Pourquoi une coupure de quelques instants pendant un discours présidentiel entraîne-t-elle des excuses officielles, tandis que les coupures répétées qui affectent des milliers de foyers semblent être devenues une situation presque ordinaire ?
L’impression qui peut se dégager de cette différence de traitement est pour le moins embarrassante : la population aurait-elle moins d’importance que le pouvoir lorsqu’il s’agit de réclamer des comptes à la Jirama ? Une telle perception ne peut qu’alimenter l’exaspération des usagers, déjà confrontés à des mois d’incertitude concernant leur approvisionnement en électricité.
Et le problème ne s’arrête manifestement pas à l’incident d’Ambohijatovo. Dans son communiqué publié ce lundi matin, la Jirama annonce la poursuite des délestages tournants sur le Réseau interconnecté d’Antananarivo. La turbine à gaz TAC 1 d’Ambohimanambola n’est toujours pas opérationnelle et le niveau d’eau du barrage d’Andekaleka est en baisse. Ces deux facteurs provoquent, selon la compagnie, un déficit de 20 MW.
Résultat : des coupures de courant alternées sont maintenues, avec une durée annoncée de trois heures pour chaque interruption.
« On ne peut pas tout résoudre en un an »
Des proches collaborateurs du régime défendent néanmoins le bilan du pouvoir. Ils estiment que la situation énergétique s’est améliorée par rapport aux années précédentes et rappellent qu’un régime de transition ne peut pas régler en seulement un an l’ensemble des problèmes accumulés dans les infrastructures électriques.
L’argument avancé porte notamment sur l’état du réseau, les capacités de production et les investissements nécessaires pour remettre durablement le secteur sur pied. Dans cette logique, les responsables actuels de la Jirama disposent encore de chantiers importants à mener et devront démontrer leur capacité à améliorer concrètement le service.
Ces explications peuvent permettre de comprendre les difficultés techniques auxquelles la compagnie est confrontée. Elles ne changent toutefois rien aux conséquences pour les consommateurs. Une famille qui voit son réfrigérateur s’arrêter, un étudiant qui ne peut pas travailler, un commerçant qui perd une partie de ses marchandises ou une entreprise contrainte d’interrompre son activité subissent les mêmes conséquences, quelle que soit l’ancienneté des problèmes du réseau.
Les excuses attendues ne sont pas celles-là
La Jirama peut évidemment expliquer les raisons techniques de la coupure d’Ambohijatovo. Elle peut également promettre que pareil incident ne se reproduira plus. Mais les excuses qui semblent aujourd’hui les plus attendues sont ailleurs.
Elles s’adressent aux usagers qui supportent depuis des mois les coupures répétées et les délestages tournants. À ceux qui doivent organiser leur quotidien en fonction de l’électricité disponible. À ceux qui paient leur facture et attendent en retour un service régulier.
Car au fond, l’incident d’Ambohijatovo n’a fait que rendre visible, pendant quelques minutes, une réalité que la population malgache connaît depuis longtemps : le pays continue de vivre avec les délestages.
Et si la Jirama tient réellement à présenter ses excuses, les usagers attendent surtout qu’elles se traduisent par des actes. Pas uniquement par un communiqué après une coupure survenue devant le président, mais par une amélioration durable du service pour l’ensemble de la population.
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Vos commentaires
Un torchon se définit par ce genre d’article " démagogue " et " populiste " ne voyant pas plus loin que le bout de son nez . Certes il y a encore des délestages mais pas dans la même ampleur vécue avec Rainlainga et surtout sans le moindre effort de communication !
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Comment dit on RAT ? Bravo Président ou encore chapeau bas Président.
Vous êtes dans la lignée de l’autre article de ce jour. Tout va bien dans le meilleur des mondes d’après Mamitiana Rajaonarison.