Facebook Twitter Google+ Les dernières actualités
vendredi 13 mars 2026
Antananarivo | 12h36
 

Politique

Politique

Démission en cascade à la CENI

vendredi 13 mars | Mandimbisoa R. |  446 visites  | 7 commentaires 

Un véritable séisme institutionnel a frappé le siège de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) à Madagascar. Huit des neuf membres du bureau permanent de l’institution ont officiellement présenté leur démission, provoquant une recomposition presque totale de l’organe chargé d’organiser et de superviser les élections dans le pays.

Les lettres de démission ont été déposées le 6 mars auprès de la Haute Cour constitutionnelle (HCC), à la suite d’une décision collective prise la veille. Dans une décision rendue publique, la juridiction d’Ambohidahy a validé la procédure et constaté officiellement la vacance de huit postes au sein de la commission.

La vague de départs touche la quasi-totalité de l’équipe dirigeante. Les trois vice-présidents — Andriamalazaray, Jeannot Guy Georges Razafindraibe et Randrianarivonantoanina Tina Ifanomezantsoa — figurent parmi les démissionnaires. Les deux rapporteurs, Fidimiafy Roger Marc et Ravalitera Jacques Michaël, ont également quitté leurs fonctions. À ces départs s’ajoutent ceux de trois conseillers : Dama Andrianarisedo Arsène, Andriamarotafikatohanambahoaka Ralaisoavamanjaka et Razafimamonjy Laza Rabary. Seul le président de la CENI, Thierry Rakotonarivo, demeure en poste.

Arrivé à la tête de l’institution en décembre 2025, Thierry Rakotonarivo n’a intégré la CENI que quelques mois auparavant, après la démission de son prédécesseur. Sa nomination était déjà intervenue dans un contexte de critiques persistantes visant l’organe électoral, régulièrement accusé par certains acteurs politiques et organisations de la société civile de manquer de crédibilité et de neutralité. Avant sa nomination, Thierry Rakotonarivo était directeur de cabinet du président de l’Assemblée Nationale, Siteny Randrianasoloniaiko.

Plusieurs sources évoquent un climat de défiance installé depuis plusieurs mois au sein et autour de la commission pour justifier ces départs. La légitimité de certains membres, nommés ou élus sous l’administration précédente, a notamment été remise en cause à plusieurs reprises. Cette démission quasi-collective apparaît ainsi, pour certains observateurs, comme une tentative d’apaiser les tensions qui entourent l’organisation des prochaines échéances électorales.

La décision de la Haute Cour constitutionnelle ouvre désormais la voie à la désignation de nouveaux membres du bureau de la CENI. Conformément à la loi, le président de la CENI doit informer les institutions et organisations dont étaient issus les membres démissionnaires afin qu’elles procèdent à leur remplacement.

Selon les explications de Thierry Rakotonarivo, les organes ou institutions concernés devront choisir leur nouveau représentant dans un délai de quinze jours. Les nouveaux commissaires auront pour mission d’achever le mandat de leurs prédécesseurs au sein de la formation permanente de la commission.

La CENI est en principe composée de neuf membres nommés pour un mandat unique de six ans, issus de différentes institutions : la présidence de la République, l’Assemblée nationale, le Sénat, la Cour suprême, la Haute Cour constitutionnelle, l’Ordre des avocats, l’Ordre des journalistes ainsi que deux représentants de la société civile.

Toutefois, ce processus de renouvellement pourrait se heurter à plusieurs contraintes institutionnelles. L’absence actuelle du Sénat et la situation transitoire que traverse l’Ordre des journalistes de Madagascar pourraient compliquer certaines désignations. La loi prévoit néanmoins que l’absence ou le retard de nomination d’un représentant ne bloque pas le fonctionnement de la commission.

Dans un contexte politique déjà marqué par plusieurs recompositions au sein des institutions publiques, cette crise interne de la CENI souligne le malaise persistant qui entoure l’organe chargé d’organiser les scrutins. La crédibilité du processus électoral dépendra désormais de la capacité des autorités et des institutions concernées à installer rapidement une nouvelle équipe jugée consensuelle et capable de restaurer la confiance.

-----

7 commentaires

Vos commentaires

  • 13 mars à 10:05 | walesa (#5863)

    Cette institution n’a jamais apporté un quelconque progrès au pays. Qu’ils s’en aillent - sans regret !

    Répondre

  • 13 mars à 10:11 | RATOVO (#10503)

    Bon débarras pour ces " FORONGONY " qui ont un grande part de responsabilité d’avoir permis à RAINILAINGA de voler , piller et sévir encore pendant deux ans ...

    Répondre

  • 13 mars à 10:39 | Jipo (#4988)

    Salama djiaby.
    "Cette démission quasi-collective apparaît ainsi, pour certains observateurs, comme une tentative d’apaiser les tensions "
    ( à quelle heure & la reconnaissance du président français c ’ était aussi pour apaiser les tensions ???)
    Combien d’ observateurs, les quels , et pour les autres ???
    Pour moi les traitres s’ en vont sur la pointe des pieds sentant le vent tourner et le risque d’ avoir des comptes à rendre, tout ce " beau monde" va faire quoi dans le civil ??? ( après avoir trahi leur Pays et compatriotes !)
    Il devrait leur être adressé une interdiction de sortie du territoire et être à la disposition tant de la justice que du président lui meme !

    Répondre

    • 13 mars à 12:13 | Jipo (#4988) répond à Jipo

      On n’ aurait pas du leur laisser ce privilège, ils auraient du être démissionné sur le champ avec interdiction d’ exercer la moindre activité dans la fonction publique ...
      En plus de leurs déclarations de patrimoine illico sous peine de confiscation si pas en mesure de justifier leurs avoirs mal acquis ?
      Qu’ ils aillent apprendre à manipuler l’ angady leurs ferait le + grand bien !

  • 13 mars à 11:12 | Vohitra (#7654)

    De prime abord, dans la situation actuelle, exceptionnelle et de transition intérimaire, il n’y a plus ni de Président de la République ni de Sénat (mandat expiré).

    Ainsi, il n’y aura et il ne pourra y avoir de représentation à la CENI de la part de ces deux institutions de la "quatrième République".

    Mais pourquoi ce valet de Siteny refuse de quitter et s’accroche comme un insecte nuisible pour ne pas dire morpion ? Il a été parachuté là par Siteny, c’est tout !
    D’ailleurs, il était déjà auparavant un membre de la CENI mais de son plein gré, il avait démissionné !

    Et rappelons-nous de son passé : c’est un vrai "forongony" comme Siteny d’ailleurs... Rakotonarivo Thierry était après le putsch de 2009 dirigé par le Calife criminel et fuyard, il était nommé Secrétaire Général du ministère de l’intérieur.

    Entre deux vrais forongony qui se respectent, les deux compères sont déjà en train de préparer la tournure de la prochaine élection ou référendum à venir...

    C’est la concertation nationale qui révélera la mouture de la prochaine loi fondamentale en espérant que le processus de Refondation de la République se déroulera normalement. Et un référendum ou une élection constitutionnelle s’ensuivra après. Ainsi, l’existence ou non, ainsi que les missions et attributions de la structure va dépendre des produits livrables de la concertation nationale.

    Ainsi, d’ici la concertation nationale, la CENI n’a plus sa raison d’être, elle doit être dissoute pour des soucis d’ordre budgétaire...

    Le peuple de Zanahary ne devra souffrir de labeur afin de pouvoir payer des impôts, et en faire profiter indûment les forongony !

    Répondre

  • 13 mars à 12:11 | rakotobe (#7825)

    Un "papier" qui ne fait que relater des attributs propres à cet institution, qui n’ont jamais constitué un mystère pourquiconque :
    Légitimité ? absence d’objectivité et de neutralité, défiance.....
    Parler de GABEGIE , de CHAMBRE D’ENREGISTREMENT sans aucune influence sur la vie politique , pseudo-institution , outil de maintien au pouvoir du pouvoir mafieux de Rainilaingarivony Cedric Rajoelina 1er.
    Aurait été plus pertinent.

    Répondre

    • 13 mars à 12:19 | Jipo (#4988) répond à rakotobe

      Complicité pour haute trahison, mise en péril de la nation et du Pays , ce ne sont pas des ministères ni des garnisons qu’ il faut construire mais des prisons d’ intérêt général et maisons de " redressement " et réhabilitation de centres éducatifs "renforcés" de correction pour tous ces crustacés difficilement recyclables pour ne pas dire irrécupérables tels des isandra ...

Réagir à l'article

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, merci de vous connecter avec l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.