Les agents du fisc dénoncés pour corruption seront-ils réellement sanctionnés ? Le colonel Michaël Randrianirina a directement posé la question aux responsables de la Direction générale des impôts (DGI), vendredi 9 octobre, lors du lancement de la plateforme numérique « Torohy », à l’hôtel Carlton Anosy. Le chef de l’État veut que les plaintes déposées par les citoyens débouchent sur des enquêtes et, lorsque les faits sont établis, sur des sanctions.
Conçu par la DGI, ce nouvel outil permet au public de signaler les irrégularités constatées dans les services fiscaux. Les dénonciations pourront concerner des demandes d’argent illégales, des abus de fonction ou des traitements de faveur accordés à certains contribuables.
Devant les responsables du ministère de l’Économie et des Finances, Michaël Randrianirina n’a pas caché ses inquiétudes concernant l’ampleur de la corruption dans cette administration. Il a même estimé que 90 % des employés pourraient faire l’objet de plaintes. Une affirmation qui reste une appréciation personnelle du président et non le résultat d’une enquête.
Pour le chef de l’État, les supérieurs hiérarchiques devront agir, même lorsque les accusations concernent leurs proches collaborateurs. Les dossiers présentant des éléments suffisants devront être transmis à la justice, sans exclure des mesures disciplinaires.
Les douanes et le Trésor public dans le viseur
Michaël Randrianirina souhaite également voir ce dispositif fonctionner au sein de la Direction générale des douanes et de la Direction générale du Trésor public.
Il a notamment dénoncé les commissions réclamées pour accélérer le paiement des marchés publics, les différences de taxation injustifiées entre opérateurs économiques et les privilèges fiscaux accordés à certains contribuables.
Madagascar dispose pourtant déjà d’un système de dénonciation en ligne. Depuis 2019, le Bureau indépendant anti-corruption (Bianco) propose I-Toroka, une plateforme permettant aux citoyens de transmettre des informations sur des faits présumés de corruption. La question du traitement effectif des plaintes reste donc entière.
Des résistances attendues dans l’administration
Lors de son intervention, le président a rappelé les revendications de bonne gouvernance exprimées pendant les événements de 2025. Selon lui, la corruption participe à l’appauvrissement du pays et compromet le fonctionnement des institutions publiques.
Michaël Randrianirina reconnaît cependant que certains agents pourraient s’opposer aux réformes pour préserver leurs avantages personnels. Il demande aux fonctionnaires d’accepter les changements et de renoncer aux pratiques illégales.
Avec « Torohy », les citoyens pourront désormais interpeller directement l’administration fiscale. Reste à savoir combien de dénonciations donneront effectivement lieu à des investigations, puis à des poursuites lorsque les accusations seront confirmées. C’est sur ces résultats que les responsables des impôts seront attendus.
-----





Vos commentaires
Il a même estimé que 90 % des employés pourraient faire l’objet de plaintes. Une affirmation qui reste une appréciation personnelle du président et non le résultat d’une enquête."
Sans commentaire, car elle reflete la manière dont ce regime analyse les choses,...
Quant à la lutte contre la corruption dans cette adimnistrationw, je ne pense pas que ce sera efficace ce toroka, par ex : Après contrôle, un karana devant payer 1 milliard, mais, suite à negociation, finalement, il a payé 100 millions pour les contrôleus et 50 millions à l’Etat, n’aura jamais l’intention de denoncer ces agents du fisc.
La seule solution, c’est de changer completement le système, mettre en place des mesures en amont, supprimer tous les textes elastiques, etc
Répondre
90% des employés peuvent faire l’objet de plaintes. Cela dépasse tout entendement. C’est incroyable.
Si l’on rapporte cela à tous les services administratifs, aux policiers, aux douanes, à la justice, à la santé, à l’éducation etc etc...
Il y a du boulot sur la planche. Mada n’est pas encore sorti de l’auberge.
Certains vont dire ici "chapeau bas colonel ou encore bravo Président" mais pour l’instant cela reste que des paroles.
Le Monseigneur Colonel est-il en train de prêcher dans le néant ?
Est-il conscient du fait que presque la totalité des fonctionnaires de l’Etat sont déjà impliquées activement ou passivement dans des actes de corruption ?
Il est indéniable que la capture d’Etat opérée par le régime déchu n’a jamais été rendue possible sans la participation active des fonctionnaires et autres detenteurs de l’autorité administrative.
La conséquence immédiate et visible de cette participation est le constat flagrant d’enrichissement illicite...des avoirs et biens détenus qui dépassent largement le niveau de leurs émoluments et avantages divers offerts par l’Etat en fonction de leurs responsabilités...
Dans la perception collective, les services et agents de l’Etat fortement corrompus sont :
* les agents aux services des impôts et des douanes
* la justice
* les agents du service foncier
* la gendarmerie et la police
* les agents au service de la santé publique surtout ceux au niveau des hôpitaux publics.
* les élus
Si on veut vraiment faire bouger positivement la lutte contre la corruption, il est impératif de rendre systématique les déclarations de patrimoines de ces responsables et d’opérer de vastes et sérieuses investigation pour confirmer ou infirmer la crédibilité et véracité de ces déclarations, une opération "main propre" d’envergure...
L’accès à la connaissance du public de ces informations combiné avec l’usage des outils de dénonciation adaptés avec des mesures adéquates de protection des dénonciateurs sont des axes d’actions efficaces permettant de réaliser des progrès notables dans la lutte contre la corruption...
Mais comment y arriver tant que vous, et vos quatre haut-conseillers, rechignent à rendre public vos déclarations de patrimoine ?
Répondre