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vendredi 6 février 2026
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Société

Justice

La traque judiciaire de Ravatomanga s’intensifie avec l’arrivée de Fanirisoa Ernaivo à Maurice

vendredi 6 février | Mandimbisoa R. |  305 visites  | 4 commentaires 

Une forte délégation dirigée par la ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, est actuellement à Maurice pour lancer une véritable traque judiciaire contre l’homme d’affaires Mamy Ravatomanga, en détention sur l’île sœur depuis le mois de décembre.

La délégation de quatorze personnes est composée de magistrats, d’enquêteurs spécialisés du Bureau indépendant anticorruption (BIANCO). La ministre de la justice a engagé une série de démarches destinées à faire avancer un dossier sensible, au cœur de soupçons de criminalité économique transnationale.

Cette mission intervient alors que Mamy Ravatomanga fait l’objet de procédures judiciaires en cours à Maurice dans le cadre de l’« opération Sov Lapo », pilotée par la Financial Crimes Commission (FCC). Par ailleurs, la justice mauricienne s’est penchée depuis le lundi 2 février sur la demande de remise en liberté conditionnelle déposée par Mamy Ravatomanga.

Les autorités mauriciennes enquêtent sur des faits présumés de blanchiment d’argent et de fraude économique, tandis que Madagascar mène ses propres investigations. L’homme d’affaires est par ailleurs visé par un mandat d’arrestation internationale, ce qui confère à l’affaire une dimension régionale.

Dès son arrivée à Port-Louis, Fanirisoa Ernaivo a entamé une série de rencontres politiques et judiciaires. Elle a été reçue par le Vice-Premier ministre mauricien, Paul Bérenger, qui a réaffirmé le soutien des autorités de Maurice au gouvernement malagasy. Les échanges ont porté sur la coopération bilatérale, notamment dans le domaine judiciaire, mais aussi sur les efforts de Madagascar en matière de rétablissement de l’État de droit et de gouvernance. Dans ce contexte, la question de l’affaire Ravatomanga a été abordée comme un symbole de la lutte contre l’impunité.

La ministre malgache s’est ensuite entretenue avec le ministre mauricien des Affaires étrangères, Dhananjay Ramful. Cette rencontre a permis d’aborder des sujets concrets liés à la traque judiciaire de Mamy Ravatomanga, notamment l’échange d’informations et l’accélération de la transmission des documents nécessaires aux enquêtes. Les discussions ont également porté sur la situation des ressortissants malagasy à Maurice et sur les droits des étudiants malagasy, illustrant une volonté de traiter les dossiers judiciaires sans négliger les enjeux humains et sociaux.

Sur le terrain strictement judiciaire, Fanirisoa Ernaivo a rencontré l’Attorney General de Maurice, Gavin Patrick Cyril Glover. Les échanges ont porté sur la mise en place de mécanismes visant à fluidifier le traitement des dossiers communs, tout en respectant l’autonomie des procédures mauriciennes. Les deux parties ont insisté sur l’importance de la coopération technique, de l’échange d’expertises et de la coordination entre institutions chargées des enquêtes financières.

La délégation malgache a également rencontré le Directeur des poursuites publiques, Rashid Amine. Celui-ci a rappelé que la restitution au peuple malagasy de fonds acquis illicitement constitue une exigence de justice, tout en soulignant que toute démarche doit s’appuyer sur des décisions judiciaires définitives. Cette position met en lumière la complexité du dossier Ravatomanga et la nécessité d’une collaboration rigoureuse entre les institutions malgaches, telles que le BIANCO, le SAMIFIN, le PAC ou l’ARAI, et leurs homologues mauriciennes.

En octobre 2025, Fanirisoa Ernaivo s’est déjà rendu à Maurice, avant sa nomination en tant que que ministre de la justice. Elle a représenté le gouvernement malgache dans le cadre d’une collaboration judiciaire avec Port-Louis. Son objectif était de faciliter la procédure internationale contre Mamy Ravatomanga, dans le cadre d’une éventuelle extradition, pour qu’il puisse être entendu par la justice malgache.

La traque de Mamy Ravatomanga dépasse désormais le cadre d’une affaire individuelle pour devenir un enjeu majeur de crédibilité pour les institutions judiciaires malgaches.

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4 commentaires

Vos commentaires

  • 6 février à 09:21 | Andy M. (#11881)

    On espère juste que la "mission" n’est pas de chercher un arrangement avec Ravatomanga.... Ses millions de dollars sont bien alléchants, nesspa. Les Mauriciens ont réussi à résister au chant des sirènes, mais les Malgaches ne sont pas Mauriciens. La Justice malgache a été anesthésiée pendant des années par la corruption avant la chute d’ANR. Qu’est-ce qui aurait changé depuis ?

    Répondre

    • 6 février à 11:24 | Vohitra (#7654) répond à Andy M.

      Avis partagé... Vous l’avez bien dit !

  • 6 février à 11:40 | Vohitra (#7654)

    Ce qu’il ne faudra surtout pas perdre de vue dans cette affaire, c’est le fait avéré de "blanchiment" de produits de fraudes opérées à Madagasikara !

    Et avant que les produits arrivent à alimenter le système financier de l’île Maurice, il y avait eu un réseau actif opérationnel à Madagasikara.

    Et ce réseau touche de nombreux milieux, notamment politiques, et économiques, voire même religieux dans certains cas.

    Et ce qui est indéniable, c’est la contribution dans ce réseau mafieux d’une partie influente du service public Malagasy et de fonctionnaires de l’administration locale.

    Bien sûr, l’univers bancaire à Madagasikara a participé de manière active dans ce système.

    Bref, cette affaire ne peut être réduite uniquement à Ravatomanga ou ses sociétés, loin de là, elle concerne beaucoup de personnalités, de responsables administratifs, et des politiciens et partis politiques, des institutions politiques, des organismes opérant dans la lutte anti-corruption, et des acteurs et sociétés du secteur privé, surtout bancaire !

    Répondre

  • 6 février à 11:41 | rendre visible l’incision le (#11616)

    Aslm alkm
    Une promenade de santé lourde de conséquence surtout sur le plan budgétaire : on apprend pas à vieux lion politique comme Paul Bérenger de faire la grimace pour ses intérêts et l’image de son pays. La refondation doit activer le retour à l’ordre constitutionnel pour se crédibiliser.

    Répondre

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