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Antsiranana : la Secren au bord du gouffre

jeudi 8 janvier | Mandimbisoa R. |  1451 visites  | 5 commentaires 

Après plus d’un demi-siècle d’activité, la Société d’Études, de Construction et de Réparation Navale (Secren) se retrouve face à une équation financière brutale : 27 milliards d’ariary à mobiliser en urgence pour empêcher l’arrêt définitif de ses opérations. Ce chiffre, dévoilé à Antsiranana lors d’une visite officielle du colonel Michaël Randrianirina, résume à lui seul la profondeur de la crise qui frappe cette entreprise publique stratégique du Nord de Madagascar.

Dans le détail, les montants annoncés traduisent une situation de quasi-asphyxie industrielle. 7 milliards d’ariary sont requis uniquement pour la remise en état des deux bateaux-portes, sans lesquels aucun navire de grande capacité ne peut être pris en charge. À cela s’ajoute un investissement lourd destiné à renforcer la puissance électrique du site, actuellement insuffisante pour assurer le pompage du bassin de radoub. Faute de ces apports, la Secren demeure techniquement bloquée, incapable de générer la moindre activité rentable.

Face à cette impasse, l’exécutif avance un second chiffre clé : 30 millions de dollars. Cette enveloppe, que l’État compte mobiliser auprès des bailleurs de fonds, vise une relance plus large de l’entreprise, au-delà des réparations immédiates. L’objectif affiché est clair : replacer la Secren dans le cadre de la Refondation économique, en tant qu’outil stratégique de souveraineté industrielle et maritime.

La Secren, dirigée pendant de nombreuses années par Abel Ntsay, frère de l’ancien Premier ministre Christian Ntsay, illustre aujourd’hui les conséquences d’une gouvernance qui n’a pas su anticiper le vieillissement des infrastructures ni sécuriser les financements nécessaires à la modernisation. Les choix passés pèsent désormais lourdement sur les finances publiques, contraintes d’intervenir dans l’urgence.

La crise a également une dimension sociale chiffrée. Les salariés attendent le versement de trois mois d’arriérés de salaires, dossier qui doit être examiné lors du Conseil des ministres du 8 janvier. Cette mesure, bien que limitée, est présentée comme indispensable pour contenir les tensions sociales et préserver les compétences techniques encore présentes au sein de l’entreprise.

Sans mobilisation rapide des 27 milliards d’ariary, la Secren risque de basculer définitivement. Plus qu’un sauvetage financier, c’est un test politique majeur pour l’État, appelé à démontrer sa capacité à préserver un patrimoine industriel national vieux de plus de cinquante ans.

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5 commentaires

Vos commentaires

  • 8 janvier à 10:05 | RATOVO (#10503)

    Un test politique majeur qui ne se fera pas sans le concours des bailleurs de fonds contrairement à la démagogie populiste de bien nombre de politicards . Cette situation est dramatique pour ce fleuron industriel naval qui a été une fierté nationale avec son rayonnement géostratégique dans la zone du bassin de l’océan Indien . Rainilainga sy ny forongony volomboasary n’a fait que détruire ce patrimoine avec la mauvaise gouvernance , la gabegie , la corruption et le népotisme !

    Répondre

  • 8 janvier à 10:50 | Vohitra (#7654)

    Il nous faudra nous préparer activement à exploiter les possibilités dans la valorisation de nos ressources en partenariat avec les détenteurs de capitaux au lieu de nous suicider économiquement en continuant avec les mêmes modalités et procédures de coopération comme auparavant avec les bailleurs de fonds traditionnels...

    L’étranglement financière et économique causé par la hausse de notre niveau d’endettement et de l’augmentation du service de la dette dans un contexte de déficit budgétaire croissant reste un danger réel qui freine et limite les capacités d’intervention de l’Etat dans les domaines prioritaires nécessitant ses interventions légitimes, notamment en faveur de l’éducation, la souveraineté alimentaire et énergétique, la santé publique...

    Il nous faudra faire l’effort nécessaire et indispensable pour sortir des impasses et contraintes engendrées par les ajustements structurels imposés par le FMI, même si la coopération avec ce partenaire technique et financier reste encore utile dans la situation actuelle...

    Il faudra mobiliser toutes les ressources existantes, humaines et techniques, naturelles et stratégiques, dont dispose notre pays, pour nous engager dans un nouveau cycle de coopération en toute transparence et en mobilisant les personnes ressources expérimentées Malagasy encore disponibles actuellement....

    En 1998, le gouvernement dirigé par Andrianarivo Tantely s’y était engagé avec succès, d’où la réussite des programmes économiques réalisés durant le premier mandat de Ravalomanana Marc de 2002-2006...

    Il nous faudra faire la part des choses entre "dette de régime" et "dette d’État", et surtout le plus grave, "dette odieuse"...

    Ce que Andrianarivo Tantely avait pu négocier, c’étaient des programmes pluriannuels de dettes d’État...et le régime Ravalomanana avait pu en bénéficier au profit de la Nation...

    Mais en plus dans la situation actuelle déplorable de la Nation Malagasy, nous sommes dans une position favorable pour l’exploitation optimale de nos ressources en nous engageant dans une vraie Refondation de la République...

    Le Colonel Randrianirina Michael devra vraiment prendre des précautions dans la coopération avec les bailleurs de fonds traditionnels... dans les mêmes conditions qu’auparavant...

    Répondre

  • 8 janvier à 13:20 | Jipo (#4988)

    Salama djiaby.
    les chiens ne font pas des chats : encore une démonstration cruelle de l’ incompétence de ces arrogants prétentieux, il a mis la société dans le même état que son frère a mis le Pays : en ruine totale point barre comme disait l’ autre ...
    Mais qu’ on fait au "bon Dieu" pour avoir des incapables pareils ???
    Et sans vouloir offenser qui que ce soit c’est dans TOUS LES DOMAINES QUE CETTE CASTE APPROCHE OU TOUCHE que tout périclite et dépéri allez savoir ou comprendre ( pour ceux qui en auront l’ honneteté & courage) pourquoi ?
    Faudrait songer a arrêter de singer renimalala et ses mozart tant des finances que du reste !

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    • 8 janvier à 13:32 | Vohitra (#7654) répond à Jipo

      Une famille de kleptocrates ayant passé à travers les troisième et quatrième République...

      Sans oublier la soeur qui avait trahi en premier le laitier en 2008...

      En fait, c’est une famille forgée dans la moule élaborée par le flibustier...

    • 8 janvier à 16:15 | Jipo (#4988) répond à Jipo

      Oui Vohitra j’ avais pas fait le recoupement ou rapprochement mais depuis le ratsy ( en dehors de Ravalomanana et Zafy qui n’ a pas eu le temps) depuis cette époque tous les fleurons Nationaux ont systématiquement été pillés et coulés c ’est incroyable comme révoltant il serait sociologiquement parlant intéressant de se pencher sur cette caste pour ne pas dire mafia, et ses tentacules polymorphes une forme de généalogie (" familiale ") de cette bande de nuisibles toujours bien enracinés, entretenus et nourris ( grassement) sur le dos des Malgaches qui ne semblent pas pouvoir s’ en débarrasser bien que en connaissant la majorité ;
      Aveu ou complexe d’ impuissance à leur encontre ?
      Une forme de soumission à Me ou Mr bé qu’ il ne faut surtout pas toucher, offenser ou ne serait-ce que contrarier comme les vazaha bé .
      Il serait temps que ce culte d’ infériorité cesse , culte dont profitent allègrement ceux qui en jouissent , usent et abusent .
      Comme le démontre bien E.Chouard nous ne pouvons reprocher à ceux que nous élisons comme maitres : se comportent en tant que tels et si nous élisons des voyous s’ attendre à ce qu’ ils se comportent dignement .
      Le problème n’ est pas les voyous mais ceux qui votent pour eux et les cautionnent , c’est cela qu’ il faut changer et pour ce , cela commence par une éducation ,une instruction, une volonté et dans ce domaine Dieu sait s’ il y a du travail .
      Continuer à se plaindre des maux que nous choisissons, chérissons, élisons risque de continuer aussi longtemps que nous le cautionnerons (serpent qui se bouffe la queue) .
      Pour cela une prise de conscience est urgente et nécessaire une responsabilisation qui doit botter le fondement de la désinvolture, de l’ irresponsabilité, du je m’ en foutisme quasi généralisé ( ce n’ est pas un reproche mais un constat !)
      D’ en déduire par la suite la ou les méthode-s les plus appropriées pour y parvenir chacun apportera sa contribution et un référendum soumis à l’ approbation populaire est capital pour une éventuelle chance de succès avec la collaboration de la majorité .
      Tant que cette prise de conscience ne sera pas inculquée, ( je vous laisserai le choix de la méthode bien que l’ on connaisse les plus efficaces , juste histoire de jouer les prolongations
      "Encore un peu Mr le Bourreau" ...
      "Ya vraiment des fondements vierges de coups de lattes qui s’ ignorent" (da Fily) !

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