Le Groupe de la Banque mondiale a approuvé un programme de 250 millions de dollars destiné à aider Madagascar à accélérer et à élargir l’accès à une énergie fiable et abordable, tout en renforçant les performances financières et opérationnelles de la JIRAMA. À travers le programme Accelerating Sustainable and Clean Energy Access Transformation in Madagascar (ASCENT Madagascar), ce financement ambitionne de permettre à plus de 2,5 millions de personnes d’accéder à l’électricité et à des solutions de cuisson modernes d’ici 2030, dans un pays où seuls 36 % de la population bénéficient actuellement d’un accès fiable à l’énergie.
Annoncé depuis Washington le 7 mai, ce déblocage de fonds marque une étape importante pour Madagascar, confronté depuis plusieurs années à des défis persistants dans le secteur énergétique. Malgré un fort potentiel en énergies renouvelables, la Grande Île demeure l’un des pays les moins électrifiés d’Afrique subsaharienne. Les difficultés structurelles de la JIRAMA, notamment sa dépendance au diesel, les pertes techniques importantes et un modèle économique fragilisé, continuent de freiner l’accès à un service stable, tant pour les ménages que pour les entreprises.
Le programme ASCENT Madagascar s’inscrit dans le cadre du Pacte national pour l’énergie et de l’initiative Mission 300, qui vise à connecter 300 millions de personnes à l’électricité sur le continent africain d’ici 2030. Il repose sur une stratégie globale combinant extension du réseau électrique, solutions alternatives pour les zones rurales, promotion de la cuisson propre et réformes structurelles destinées à restaurer durablement la viabilité du secteur énergétique malgache.
Une part importante des 250 millions de dollars sera consacrée à l’extension du réseau national. Environ 200 000 nouveaux branchements électriques doivent être réalisés par la JIRAMA dans les zones urbaines et périurbaines, permettant à près d’un million de personnes supplémentaires de bénéficier d’un accès direct à l’électricité. En parallèle, 30 centrales isolées seront modernisées grâce à l’intégration d’installations solaires et de systèmes de stockage par batteries, une mesure destinée à réduire la dépendance aux énergies fossiles et à améliorer la fiabilité de l’approvisionnement.
Pour les zones les plus reculées, qui ne pourront pas être desservies rapidement par le réseau national, le programme prévoit également le déploiement de mini-réseaux électriques et de systèmes solaires domestiques, pilotés par l’Agence de Développement de l’Électrification Rurale (ADER). Ces solutions devraient permettre 312 500 nouveaux branchements hors réseau, offrant un accès à l’électricité à près de 1,5 million de personnes supplémentaires.
Au-delà de l’électricité, le programme entend également répondre à un enjeu sanitaire et environnemental majeur : la dépendance massive des ménages au charbon de bois et au bois de chauffe. À ce titre, 1,5 million de foyers et d’appareils de cuisson améliorés seront distribués à travers le pays afin de promouvoir des alternatives plus propres, réduire la pollution de l’air domestique et limiter la déforestation.
Ce financement se distingue également par son mécanisme inédit à Madagascar. Il s’agit du premier programme basé sur le modèle Program for Results (PforR), qui conditionne le décaissement des fonds à l’atteinte de résultats concrets et vérifiés de manière indépendante. Une approche qui vise à garantir un impact direct et mesurable sur la vie quotidienne des Malgaches, tout en accompagnant la transformation durable du secteur énergétique national.
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Vos commentaires
Est-ce une approbation pour un financement nouveau à titre de prêt ou un déblocage de financement déjà approuvé au niveau du board de la Banque Mondiale ?
Il y a deux jours, le grand argentier avait annoncé l’existence de deux (2) milliards USD de fonds non- débloqué et pas encore décaissé auprès de la Banque Mondiale...
Et ce qui amène à se poser la question : est-ce que ces fonds non- décaissé font déjà l’objet de service de la dette honoré actuellement ? Ce qui est déjà une aberration et une filouterie en soi...
Tant que les prêts et emprunts contractés ne servent pas à satisfaire l’independance et la souveraineté nationale énergétique, il vaudra mieux s’abstenir d’en faire usage !
Il ne sert à strictement rien de contracter de nouveaux emprunts pour encore et toujours servir les intérêts particuliers des barons voleurs !
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Cela fait depuis longtemps qu’on entend parler de l’aide ,d’emprunt sans résultat concret .
– De telle mesure demande de transparence quant à la réalisation des projets à accomplir s’il en existe que fictivement .Un débat au sein de l’assemblée ...et d’offres d’appel au marché sont nécessaires .
– La JIRAMA devenue JIRAMAty ,n’est plus une société d’état fiable à cause de l’endettement et la mauvaise gestion minée par la corruption et les détournements de fuel ,de l’argent etc....
– Ce qui est étonnant c’est que Madagascar les richesses en ressources minérale en ressources énergétiques de Tsimiroro et Bemolanga ne sont exploitées avec de telle somme accordée par la banque mondiale .
– Une question simple : pourquoi ne pas mettre les moyens pour exploiter 2 ces sites stratégiques riches en huiles lourdes et pétroles dont l’estimation de la rentabilité se chiffre encore par des milliards de barils pouvant satisfaire à des millions de foyers durant quelques années ?
– Idem : Ambatovy riche en Uranium est devenu propriétaire de Corée du Sud .Même si la technologie gasy n’arrive pas à transformer l’uranium enrichi pour fournir de l’électricité ,la mentalité des v.oyous c’est de vendre le pays dans l’attente de l’argent facile pour se faire construire des villas ,l’achat des 4X4.......
– En parlant de l’énergie renouvelable par conséquent est un sujet intéressant du moment que les choses soient réalisés concrètement ,ce qui n’est pas sûr avec les bla bla endémiques .JIRAMA est une société en difficulté financière ne pourrait satisfaire aux besoins du reste de la population ,car déjà les délestages sont devenus de plus en plus difficiles à maîtriser .Ce n’est pas le soleil ni le vent qui manque à Madagascar pour réaliser des projets concrets au service de la population mais la volonté réelle des dirigeants et la mentalité qui ne pense qu’aux intérêts mafieux et restrictifs au détriment de la population de toutes les régions.
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