Le Groupement Pétrolier de Madagascar (GPM) exprime ses inquiétudes face au bouleversement du dispositif d’approvisionnement en carburants au port de Toamasina. L’arrivée de deux tankers dans la même période, conjuguée à la réquisition des capacités de stockage du terminal pétrolier par l’État, soulève des interrogations sur la réception des cargaisons et la continuité de la distribution.
Dans un communiqué, le GPM affirme avoir planifié, à compter du 12 août 2026, l’arrivée d’un navire transportant du gasoil, de l’essence sans plomb et du pétrole lampant. Cette opération, préparée plusieurs mois auparavant, devait permettre de renouveler les stocks nécessaires à l’approvisionnement du marché national. Le calendrier a cependant été modifié avec l’arrivée du Sunda 1, affrété par l’État via la State Procurement of Madagascar (SPM). En provenance du Nigeria, le tanker transporte 67 millions de litres de gasoil destinés exclusivement à la Jirama.
Le 12 août, le colonel Michaël Randrianirina s’est personnellement rendu au port de Toamasina pour accueillir le navire. Le Président de la Refondation présente cette importation comme une étape importante et une grande première, fruit des démarches entreprises pour renforcer les partenariats de Madagascar avec d’autres États africains.
Il a notamment établi un lien entre cette livraison et sa rencontre, deux mois plus tôt, avec le président nigérian Bola Tinubu. « Cette grande étape que nous venons de franchir est la démonstration de ce que je répète tous les jours : nous devrions nous concentrer sur la coopération Sud-Sud », a-t-il déclaré. Pour le chef de l’État, l’arrivée du Sunda 1 démontre la capacité des pays africains à développer entre eux des solutions concrètes à leurs besoins.
Six mois de carburant pour la Jirama
La cargaison doit constituer un stock couvrant environ six mois de besoins de la Jirama. Le Président évoque par ailleurs un écart de 600 à 800 ariary par litre par rapport aux conditions habituelles, suivant les fluctuations des prix et des taux de change.
La sécurisation du carburant doit désormais, selon lui, être suivie d’une responsabilisation de la compagnie nationale. « Durant ces six mois, la Jirama ne devrait avoir absolument aucun problème de carburant », a-t-il insisté. Le chef de l’État entend ensuite examiner la manière dont cette réserve sera administrée, allant jusqu’à poser publiquement la question de l’évolution des vols de carburant au sein de l’entreprise.
Mais cette opération jugée stratégique par l’État provoque une inquiétude du côté des pétroliers. Par décret du 4 août, les capacités de stockage du terminal de Toamasina ont été réquisitionnées pour donner la priorité au gasoil destiné à la Jirama. Pour le GPM, cette décision compromet le déchargement de son propre tanker suivant le programme établi.
Les préoccupations portent surtout sur les autres produits présents à bord. Le navire du GPM transporte notamment près de 15 000 m³ de sans-plomb, ainsi que du pétrole lampant. Un retard prolongé pourrait décaler le renouvellement de ces stocks et, éventuellement, affecter les livraisons au réseau de stations-service.
Les capacités de stockage constituent également une contrainte. Celles de Galana Raffinerie Terminal pour le gasoil seraient limitées à environ 65 000 m³. La réception des volumes des deux navires nécessite donc une organisation particulière.
Le GPM reproche surtout aux autorités l’absence de concertation préalable avant la modification d’un programme d’approvisionnement déjà engagé. Selon le Groupement, une coordination en amont aurait permis d’anticiper les difficultés de stockage, de transfert et de déchargement.
Le colonel Michaël Randrianirina rassure
Le président de la Refondation ne partage toutefois pas l’analyse selon laquelle l’arrivée du Sunda 1 devrait provoquer des perturbations. Interrogé directement sur le communiqué du GPM, il a questionné le lien entre cette importation et un éventuel dysfonctionnement du marché.
« Quelle serait la raison de perturber le ravitaillement en carburant à Madagascar à cause de cela ? J’aimerais savoir ce qui peut perturber l’approvisionnement alors que nous estimons que cela ne devrait rien perturber », a-t-il réagi.
Pour le Président de la Refondation, la coexistence des deux opérations doit pouvoir être résolue par la coordination. « C’est une question d’organisation. Nous n’interférons pas dans leur commerce, mais pour l’instant, c’est la Jirama que nous approvisionnons », a-t-il poursuivi, rappelant que le gasoil du Sunda 1 n’est pas destiné au marché commercial traditionnel.
Il justifie cette priorité par la nécessité de répondre aux difficultés de la compagnie nationale, estimant que « ce sont les problèmes de la Jirama qui font souffrir le peuple malgache ».
Deux lectures se confrontent ainsi à Toamasina. L’État considère son importation comme une opération distincte pouvant cohabiter avec l’activité des distributeurs, tandis que le GPM insiste sur les contraintes physiques communes aux deux circuits : quai, déchargement et stockage.
Des solutions logistiques seraient désormais examinées, dont l’alternance des déchargements afin de permettre au navire du GPM de livrer notamment son sans-plomb. Le transfert d’une partie du gasoil destiné à la Jirama vers d’autres capacités de stockage serait aussi envisagé.
Le GPM affirme rester disposé à collaborer pour préserver la continuité de l’approvisionnement. Il prévient néanmoins que ses membres ne pourraient être tenus responsables d’éventuelles perturbations résultant de décisions modifiant unilatéralement un dispositif préalablement planifié.
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Vos commentaires
Que l’on veuille ou pas, le colonel communique et surtout il agit en faveur de la population.
De toute façon, les critiques et les commentaires, qu’ils soient constructifs ou pas, il y en aura toujours.
Bon, bon....c’est la demokrasia gasy gasy.
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Et comme toujours, le champion de niveau olympique dans la discipline rétropédalage ne cesse de se perfectionner à sa manière...
Approvisionner la Jirama, avec les moyens de l’Etat, et l’autorité de l’Etat, personne n’en doute, c’est une mesure louable en soi...
Mais le fond du problème, c’est la nature et le contenu des contrats leonins signés en faveur des prestataires de service...des contrats qui restent encore en vigueur à l’heure qu’il est...sans parler de la capture des projets Volobe et Sahofika par des intérêts étrangers...
Et pourquoi on ne réquisitionne pas aussi ces groupes qui avaient pompé et siphonné les finances publiques depuis 2009 alors ?
C’est clairement un FAUX PROBLEME ! La question cruciale est : faut-il ou non encore faire subir davantage de délestages à la population face à la situation d’étiage pendant au moins 6 mois ? Si la solution d’alternance au niveau de la logistique de stockage des carburants existe c’est que le GPM fait preuve de mauvaise foi manifeste !
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On importe du gas oil sans avoir des citernes pour le stocker, sans penser au transport et après on réquisitionne les biens d’autrui ? Aucune organisation mais plutôt de la désorganisation pour faire du populisme. Derrière une réquisition il y a toujours quelqu’un qui paie. Celui qui paie n’aura rien à dire puis s’il l’ouvre, il aura droit à un redressement fiscal, l’argument classique qui vient d’en haut.
Dans notre pays, le secteur privé a du fric à pomper, l’opinion publique est bien montée aussi pour cracher dessus. Allez, tuez le secteur privé, il ne saigne pas assez, l’État va créer des emplois pour tout le monde
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Un conflit structurellement voué à une solution hybride :
Le colonel doit impérativement trouver un COMPROMIS avec le Groupement des Pétroliers.
La dualité de 2 systèmes entrainera un marché fragmenté et instable.
2 circuits d’approvisionnement, 2 types de carburants et 2 structures de prix ,auront fatalement des conséquences néfastes=>
– concurrence chaotique entre carburants conformes et non conformes
– instabilité des prix et des stocks
– multiplication des pénuries locales
– corruption accrue dans les circuits d’importation
Etc.........
L’impact macroéconomique engendrerait une incertitude et la fragilisation de l’économie.
Sans préparation, sans expertise technique, la junte militaire du colonel devrait rester humble.
Ce n’est vraiment pas le moment d’exposer le pays à de risques géopolotiques lourds de conséquences.
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