Le processus de Refondation engagé par les autorités de transition connaît un premier ajustement de calendrier qui ne passe pas inaperçu. Prévue initialement ce mois de mai, la grande concertation nationale voulue par le pouvoir débutera finalement le 3 juin prochain. L’annonce a été confirmée par le Président de la Refondation, le Colonel Michaël Randrianirina, à l’occasion de sa visite officielle en République du Congo.
Un peu plus tôt dans la journée du mercredi, la ministre chargée de la Refondation, Hanitra Razafimanantsoa, a annoncé le report de cette concertation, en marge d’une rencontre organisée à l’université d’Antananarivo, à la Faculté des Lettres et des Sciences humaines. L’événement réunissait enseignants-chercheurs et responsables institutionnels autour des propositions universitaires liées au chantier de refondation de l’État.
Selon les propos de Hanitra Razafimanantsoa, plusieurs éléments ont conduit au décalage du lancement officiel de cette concertation nationale. Les changements actuellement opérés au sein de l’appareil gouvernemental, les obligations diplomatiques des dirigeants ainsi que les réunions internes prévues par le FFKM au cours de la deuxième moitié du mois de mai auraient compliqué le maintien du calendrier initial.
Si le gouvernement tente de rassurer sur l’organisation de cette vaste consultation nationale, plusieurs voix expriment leurs préoccupations. La Conférence des évêques de Madagascar a publié récemment une déclaration particulièrement critique à l’issue de son assemblée générale annuelle.
Les responsables religieux de l’église catholique disent observer avec inquiétude l’évolution de la situation nationale. Selon eux, les orientations actuelles manquent encore de lisibilité et ne permettent pas de comprendre clairement la direction prise par le processus de refondation. Ils estiment que les débats engagés jusqu’à présent restent flous et insuffisamment structurés pour répondre aux attentes profondes de la population. Les évêques évoquent également un climat social tendu, marqué par la hausse du coût de la vie, les difficultés économiques persistantes et les frustrations accumulées dans plusieurs couches de la société.
Le pouvoir martèle depuis des mois que la concertation doit constituer l’une des principales étapes de la reconstruction institutionnelle du pays. Des responsables politiques, représentants des forces armées, acteurs économiques, organisations citoyennes et différentes composantes de la société civile dans les décisions seront conviés pour préparer les futures réformes institutionnelles envisagées par la transition. Parmi les discussions les plus attendus figurent la rédaction d’une nouvelle Constitution, la mise en place d’une Cinquième République. La CENI a déjà émis une proposition de calendrier pour le référendum constitutionnel et d’une élection présidentielles prévus pour juin et septembre 2027.
Le futur dialogue national constitue l’un des principaux points de vigilance soulevés par les prélats. Ces derniers estiment que la crédibilité des personnes chargées de conduire les discussions sera déterminante pour éviter une crise de confiance. Ils appellent à une démarche réellement ouverte, capable de rassembler toutes les sensibilités politiques et sociales du pays sans exclusion ni récupération partisane.
Pour la Conférence des évêques, cette concertation ne peut pas être dissociée de la préparation des prochaines échéances électorales. Une mauvaise gestion du processus risquerait, selon eux, de raviver les tensions politiques qui ont déjà marqué l’histoire récente de Madagascar.
Depuis son arrivée au pouvoir en octobre 2025 après les manifestations de la Gen Z ayant entraîné la chute du régime précédent, le Colonel Michaël Randrianirina affirme vouloir reconstruire les institutions sur de nouvelles bases. La recomposition de la figure parmi les premières réformes déjà engagées par les autorités de transition.
Reste désormais à savoir si cette concertation nationale, dont le lancement est repoussé au mois de juin, parviendra réellement à apaiser les inquiétudes et à convaincre une population encore prudente face aux promesses de changement.
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Vos commentaires
Oadray !
2026 ve dia mbola misy misionera vozongo ?
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Le vatican s inquiète et ma foi l époque est comparable à celle de l avènement de la machine du père guthenberg où les publications lutheriennes pour que cesse le pizo romain change la donne depuis...petit a petit..même si aujourd’hui encore la France est plombée jusqu’à l os mais comme j aime le rappeler... sono l educatore....hihihi le putchite sbire rosbif romain imprecateur de la ww1 le cave de la teupa Eugénie ce ptin de napoléone 3 rata son premier coup d etat à...Strasbourg !
Désormais capitale Européenne l Alsacienne ou trône notre supranationale cour EDH !.
bref ça ira et on les aura car le romain noir ou blanc est heureusement toujours plus cupide que stupide et avec le temps ça pardonne pas ça !
La vie passe comme un souffle mais quel plaisir de vieillir et voir les réunions des grandes civilisations comme a pekin hier sans la mafia faut appeler un chat un chat !
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Est-ce que le Monseigneur Colonel, chef d’État intérimaire, sait exactement les rôles et attributions d’un président de comité de pilotage d’un processus ?
La plupart du temps, soit il assiste et participe à un meeting, colloques, salon et foire...soit il se trouve à l’étranger... soit il se trouve au beau milieu d’une propagande électorale déguisée !
Le vrai problème, c’est le fait que le Monseigneur Colonel se prépare déjà pour devenir un candidat à la prochaine élection ! Et au frais de l’Etat ! A la manière et façon du Général du Gabon !
Par ailleurs, il nous faudra nous mettre à l’évidence : la concertation nationale ne pourra pas résoudre tous les problèmes de ce pays, et il nous faudra se concentrer sur les essentiels du moment, et qui permettront au pays d’éviter la réapparition de crise politique de façon cyclique !
Ainsi, il faudra limiter les points focaux à analyser, à débattre, à améliorer, à suggérer, lors de la concertation nationale.
Notamment sur :
* La crédibilité et la transparence des élections et consultations populaires.
* La décentralisation du pouvoir de décision à travers les institutions politiques et les organisations territoriales, et la déconcentration de l’Etat.
* La prévention de la capture d’État par le régime politique au pouvoir.
* La précision et sanctions sur ce que le Malagasy entend par "haute trahison vis à vis de la Nation".
* Les calendrier des différentes opérations électorales à venir.
Tous les aspects relatifs au projets politiques, à des visions de développement, à des programmes sociaux, à des prévisions corporatistes, à des perspectives de coopération diplomatique et économique...ne peuvent et ne pourraient pas être abordés simultanément au cours de la prochaine concertation nationale. Tous ces aspects feront partie intégrante du programme et offre politique proposés par soit les différents partis politiques soit les différents candidats à la prochaine élection.
Ensuite, une fois que ces précisions adoptées, les cinq points focaux du débat seront renvoyés et abordés dans les concertations au sein de chaque :
* Fokonolona et Fokontany
* Communes
Les idées et suggestions ainsi formulées seront capitalisées et assemblées, récapitulées auprès de chaque Région.
Et l’ensemble de ces idées récapitulées seront présentées lors de la concertation nationale symbolique au niveau national. Et cela afin d’éviter un éventuel truquage dans la représentation ou la manipulation dans la participation.
Puis, une fois formulées, précisées et présentées, ces idées seront à transformer en "projets de Constitution" par une Assemblée d’experts composés de juristes constitutionnalistes et de sages dignes représentants venant des différentes organisations territoriales et de la societé civile .
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Quand c est flou il y a un loup, dirait une politicienne française.
Pourrait on encore espérer une véritable refondation pour améliorer le système de notre pays, pour qu’il soit harmonieux et sain, et surtout efficace,...?
Jusqu’à là, tous les signes ne présagent pas dans ce sens, ce régime ne lutte que leur longévité.
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