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vendredi 7 août 2026
Antananarivo | 10h56
 

Politique

Fédéralisme : oser parler des non-dits

vendredi 7 août | Ikala Paingotra |  221 visites  | 11 commentaires 

Les réseaux sociaux deviennent actuellement le lieu de débats passionnés entre Malgaches au sujet du fédéralisme. C’est une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, c’est que cet engouement des citoyens à s’exprimer sur des choses importantes qui les concernent est une forme saine de participation politique. La mauvaise, c’est que la façon dont le sujet est débattu montre le risque que ce débat dérape.

Il faut reconnaitre un point : de nombreuses raisons des partisans au fédéralisme ne sont pas illégitimes, bien au contraire. Il y a en effet tellement d’incongruités dans les mécanismes de l’administration publique qui soulignent les limites du modèle unitaire. Comment en effet admettre que des décisions importantes pour les communautés locales soient prises à Antananarivo ? Comment comprendre le gaspillage d’argent public dans des fadaises et foutaises à Antananarivo (stade Barea, Colisée au Rova d’ Antananarivo, spectacle de jets d’eau au Lac Iarivo, etc.), alors que le kere provoquait des tragédies humaines dans le sud de Madagascar ?

Après 66 ans d’indépendance républicaine, les écarts de développement entre régions aiguisent les frustrations. Celles-ci encouragent les frustrés à croire que la structure unitaire favorise la Capitale, avec toutefois des points de vue pas toujours rationnels qui sont propices aux raccourcis. Les richesses et ressources (ports, minéraux etc.) seraient toutes dans les régions, mais c’est Antananarivo qui en profiterait. Il y aurait une volonté d’organiser le sous-développement des autres régions pour favoriser Antananarivo. Et très rapidement, le nom Antananarivo prend une autre consonance dans certaines bouches. On dit Antananarivo, mais on pense Merina. Mais bien entendu, ces bouches s’en défendent.

Fédération de non-dits

Le débat sur le fédéralisme est en effet entouré de beaucoup de non-dits, voire d’hypocrisie, beaucoup avançant en vitrine des arguments pour justifier leur position pour ou contre l’idée de fédéralisme, sans jamais oser aborder les véritables fondements de leur opinion pour des raisons politiquement correctes.

Le sujet nourrit donc deux prétextes qui se nourrissent en cercle vicieux. Le prétexte du développement qui sert de paravent au tribalisme. Le prétexte du tribalisme pour justifier la méfiance. Pourtant, le sujet mériterait un débat sain et serein, détaché de toutes les lourdeurs causées par la méfiance et la frustration entre ethnies depuis des décennies, si ce n’est des siècles.

Il y a par exemple un sujet qui ne peut être dissocié de la problématique sur le fédéralisme : les tensions entre Merina et « Côtiers ». D’ailleurs, rien que cette dichotomie est critiquable, car il y a beaucoup d’ethnies non-Merina qui n’ont aucun accès à la mer et aux côtes. Traiter de côtier un Bara, un Bezanozano ou un Sihanaka (entre autres) relève donc d’une méconnaissance géographique du pays. En fait, à Madagascar, le terme de côtier n’est pas une construction géographique mais idéologique, pour l’opposer aux habitants des hauts-plateaux, à commencer par les Merina.

Il y a des raisons historiques qui expliquent la méfiance de part et d’autre. Elles datent de la période pré-coloniale, avec notamment le souvenir des exactions qui ont accompagné les conquêtes de territoire par Radama I. La politique des races menée par Galliéni a ensuite exacerbé les tensions en cultivant les antagonismes entre les Merina et les autres ethnies, tel qu’illustré par ses déclarations :

« Toute agglomération d’individus, race, peuple, tribu ou famille, représente une somme d’intérêts communs ou opposés. S’il y a des mœurs et des coutumes à respecter, il y a aussi des haines et des rivalités qu’il faut savoir démêler et utiliser à notre profit, en les opposant les unes aux autres, en nous appuyant sur les unes pour mieux vaincre les secondes. » (Favier, 2015).
« Le remplacement des gouverneurs Hovas en dehors de l’Emyrne, l’abolition de l’esclavage et I’ appui donné par moi aux anciens affranchis, les mesures libérales, j’allais dire démocratiques (...) que je prends, la déposition de la Reine surtout, sont les principaux moyens employés pour diminuer l’immense orgueil de la race conquérante, son prestige, son esprit de domination et faire disparaitre les dangers que nous faisait courir le maintien de l’hégémonie Hova » (Michel, 1994).

De plus, il faut se souvenir du contexte dans lequel le fédéralisme a commencer à occuper le devant de la scène. C’était la parade trouvée par Didier Ratsiraka pour tenter de contrer le mouvement des Hery Velona en 1991. Il a réitéré la tactique en 2002 dans son combat politique contre Ravalomanana. Le fédéralisme s’est donc révélé à l’opinion publique en 1991 sous un visage extrêmement antipathique : chasse aux ressortissants des hauts-plateaux quelquefois assortis de meurtres, barrages sur les routes nationales, pillages. L’objectif était d’isoler Antananarivo, et de pousser ses ressortissants à s’ enfuir des régions. On a aussi vu apparaitre toutes sortes d’associations et groupuscules se proclamant « des cinq faritany ». Le message était on ne peut plus clair. On se souvient également du 31 mars 1992, lorsque les fédéralistes avaient tenté de pénétrer dans un camp militaire où se tenait la Conférence nationale, afin d’imposer qu’un constitution fédérale soit aussi discutée. L’armée a fait feu pour protéger le camp, et de nombreux morts ont été à déplorer.

Toutefois, même avant 1991, la crise de 1972 avait déjà été l’occasion d’une chasse aux ressortissants des hauts-plateaux dans certaines villes comme Toamasina. Un tract menaçant signé par un « Collectif antigrève des six provinces à part Tananarive-ville » a été distribué :

« Si c’est Tananarive seul qui a destitué le Président Philibert Tsiranana, nous sommes les ressortissants des six provinces à part Tananarive-Ville, et nous allons attaquer la ville de Tananarive. Nous viendrons bientôt, et nous sommes tombés d’accord, Diégo, Tuléar, Majunga, Tamatave, Fianarantsoa ou Tananarive à part la Capitale. Nous demandons à l’armée, à la gendarmerie de ne pas s’impliquer comme elle l’a fait à Tananarive. Tenons-nous-en simplement aux mains nues. Préparez-vous également au sein de la radio nationale, car nous allons nous en emparer car elle nous appartient, nous qui représentons la majorité. » (Rahajarizafy, 1982).

Précisions toutefois que les tensions inter-ethniques concernent également d’autres ethnies, comme les affrontements sporadiques entre Zafisoro et Antefasy pour des raisons foncières (2016), ou les violences entre étudiants du nord et du sud-est de l’île en 2011 à l’Université de Toamasina.

Le rappel de tels faits permet de comprendre un contexte sans chercher à faire la politique de l’autruche. L’établissement d’un bon diagnostic est toujours la première étape d’une recherche de solutions. Autrement, on se contentera de soigner un cancer à coups d’aspirine.

Aucune évidence de liens entre fédéralisme et succès économique

En matière de fédéralisme, notons qu’il y a environ 25 pays au monde qui ont adopté ce système, et qui représentent 40% de la population du globe. Les partisans du fédéralisme à Madagascar mettent en avant le succès de certains pays riches comme la Suisse (PIB/habitant $114,769), les États-Unis ($90,027), l’Allemagne ($60,496), le Canada ($55,698), ou émergents comme le Brésil ($12,310). Les fédéralistes malgaches prennent donc ces niveaux de PIB comme une démonstration du bien-fondé de ce format. On citera également comme exemples de pays appliquant le système fédéral en Afrique, le Nigéria ($1,556) ou l’Éthiopie ($1,081). Dans la liste des 10 pays ayant les PIB/habitant les plus élevés, seuls la Suisse et les États-Unis ont une structure fédérale. Dans la liste des 10 pays ayant le niveau de développement humain le plus élevé (source : PNUD), seuls quatre ont un système fédéral : la Suisse, l’Allemagne, l’Australie et la Belgique.

Il n’y a donc pas une tendance lourde qui permet de répondre clairement à la question suivante : le fédéralisme est-il une résultante ou un facteur favorisant du succès économique ? Il faut par conséquent éviter de faire des raccourcis simplistes, avant d’approfondir les causes spécifiques à chaque pays de leur succès ou de leur échec, que ce soit dans le domaine économique ou celui du fédéralisme. Il y a en particulier un aspect à étudier : le fédéralisme adopté résulte-t-il de l’approche « Holding-Together » ou celle « Coming-Together » ? La nation a-t-elle été construite par le haut ou par le bas ?

Dans le débat sur les réseaux sociaux, il y a beaucoup d’opinions émises avec des raisonnements très discutables pour tenter de rassurer les réfractaires au fédéralisme, en particulier certains « influenceurs » qui prétendent qu’il n’y a jamais eu de conflit inter-ethnique dans des pays ayant adopté une structure fédérale. C’est une déclaration péremptoire qui illustre un manque flagrant de culture générale sur la guerre du Tigrée en Éthiopie, la guerre du Biafra au Nigéria, et surtout la guerre en Yougoslavie qui a conduit à la dissolution de ce pays.

Par conséquent, rêvasser du fédéralisme suisse ou allemand avec les moyens et le contexte historique, social et économique de Madagascar (PIB/habitant $599) est un jeu dangereux. À ceci s’ajoute toute une série de questions auxquelles des raccourcis superficiels ne peuvent donner de réponse. Quel découpage territorial : une redistribution équitable, ou celui hérité de la colonisation (quel comble pour une entreprise visant à refonder la nation malgache) ? Quel mode de désignation du chef d’État : élection nationale ou le modèle comorien de rotation ? Quelle clé de répartition des ressources et des dépenses budgétaires ? Quelle stratégie pour (re)construire la nation, au-delà des kabary de Fanavaozana ?

Une dangereuse boîte de Pandore ?

Comme rappelé plus haut, l’histoire du fédéralisme à Madagascar a été marqué par de nombreux épisodes violents. Actuellement, certains propos de ses partisans sur les réseaux sociaux affirment qu’ils seraient prêts à faire passer par la force leur projet de mise en place de ce système. Certes, les gens font toujours un peu les fanfarons sur Facebook, enhardis par le courage de l’anonymat derrière le clavier, mais cela reste quand même préoccupant car cautionne les non-dits abordés plus haut. Il y a donc un risque que le débat sur le fédéralisme débouche sur une situation que tous les anciens dirigeants avaient pourtant pris soin d’éviter, y compris les présidents Tsiranana, Ratsiraka ou Zafy, malgré la poussée de certaines factions de leurs entourages. À l’exception bien entendu des manœuvres ratsirakistes en 1991 et 2002 pour tenter de protéger son pouvoir.

Il est indéniable que si un projet fédéral était soumis à référendum, il aurait des chances de passer en surfant sur la base des frustrations, mais aussi des fameux non-dits évoqués plus haut. Les partisans de l’État unitaire devront donc faire de créativité crédible dans la contre-proposition à vocation unitaire. Mais est-on sûr que les partisans du fédéralisme ont encore envie de débat ? En principe, le but du débat ne doit pas être la victoire, mais le progrès. Mais si on le laisse prendre la forme d’un jeu à somme nulle dominé par les extrémistes, quel espace reste-t-il pour une discussion fédérative ?


Ouvrages cités :

11 commentaires

Vos commentaires

  • 7 août à 09:51 | Vohitra (#7654)

    Tamin’ny 28 jona 2026 no namerenako indray teto amin’ny Madagascar Tribune ny fanolorana ny rafitra federaly ho entina mitsinjo fandrosoana sy fivoarana tsy mitanila, ary hahafahana mampandray anjara ny vahoaka amin’ny fitantanana iombonana ny Firenena Malagasy ao anatin’ny fiarovana ny tombontsoa iombonana ao anaty Firenena tokana.

    Repobilika Federaly Miorina amin’ny Faritra Mizakatena, izay ilay rafitra natolotra.

    66 taona nahazoana ny fahaleovantena ary nisitrahana tamin’ny safidy ny rafitra fanjakana tokana na État unitaire i Madagasikara.

    Inona no vokany sy fiantraikany teo amin’ny fiarahamonina sy ny fiainam-bahoaka tamin’ny fampiharana ny État unitaire ?

    Répondre

    • 7 août à 09:58 | Vohitra (#7654) répond à Vohitra

      * montsana sy levona ny kolontsaina sy ny fanabeazana, raraka amin’ny tany ny fitaizana fikoloana fiarahamonina nentindrazana.

      * tsy mitsahatra ny fahapotehana eo amin’ireo sisa vakoka napetraky ny lasa sy ny tantara nodiavina.

      * mikorosy fahana sy misedra olana ny filaminambahoaka, mitranga hatrany ny hetraketraka anaty fiarahamonina, tsy misy intsony ny fanandratana ho olombanona mifototra amin’ny fitaizana ara-piarahamonina tena Malagasy.

      * natao anjorombala sy voahilika ny Fokonolona eo amin’ny fanapahankevitra mikasika ny zo fototra rehetra ho fisitrahana ny rariny sy ny hitsiny.

    • 7 août à 10:08 | Vohitra (#7654) répond à Vohitra

      * nitondra tena sy noheverina ho mpanjakabe anaty rafitra repobilikanina ny Filohampirenena, ary tsy azo norefesina mandidy sy tsy natao hotsikeraina.

      * mivangongo eo amin’ny Filohampirenena ny fahefana marobe ka tsy hita taratra intsony ny fifandajam-pahefana eo amin’ireo andrimpanjakana samy hafa.

      * mifangaro tanteraka ny fanjakana (État) sy ny fahefam-pitondrana (régime au pouvoir), lasa fananana sy remby ho an’ny antokon’ny Filohampirenena ny Repobilika sy ny fanjakana ary ny fananam-panjakana sy ny volam-bahoaka.

      * lasa tompomenakely sy mpankato fotsiny ny Filohampirenena ny tomponandraikitra isamparitra rehetra, na olomboafidy io na olomboatendry.

    • 7 août à 10:14 | Vohitra (#7654) répond à Vohitra

      * mijotso sy midina avy any antampon’ny fahefam-pitondrana ny tetika sy paikady mikasika ny fampandrosoana sy fivoarana isamparitra, tsy natao ho tompon draharaha ny Fokonolona sy ny vahoaka.

      * tsy voahaja intsony ny sata fototra voalaza amin’ny lalampanorenana fa lasa ny sitrapo sy tombontsoa ho an’ny Filohampirenena sy ny mpomba ary mpanaradia azy sisa no mamaritra ny fiodin’ny raharaham-bahoaka sy ny asampanjakana rehetra.

    • 7 août à 10:19 | Vohitra (#7654) répond à Vohitra

      * ilay Filohampirenena sy ny antoko politika nisy azy no hianteherana manontolo amin’ny fandehan’ny raharaham-pirenena rehetra.

      * miteraka disadisa ara-piarahamonina sy ara-politika, ary manozongozona ny firaisampirenena tanteraka ny fanjakazakana ataon’ny Filohampirenena sy ny antokony.

      * misy fanondroana sy fanamelohana ny Merina sy Antananarivo ho mihazona ny tombontsoa ho an’ny Faritra.

    • 7 août à 10:38 | Vohitra (#7654) répond à Vohitra

      Noho ireo anton-javatra sy zavamisy ireo, dia ilaina ihany ny mitondra ny fanazavana mba tsy hisarihina ny adihevitra ho any amin’ny fifandirana mety hampidi-doza :

      1- isany tena mizaka ny voka-dratsy nateraky ny État unitaire i Antananarivo, na io ny Renivohitra na io ny Faritra Analamanga (marobe ny fadiranovana, miharitra tsy fandriampahalemana, mizaka hatrany ny aina nafoy marobe sy ny ratra isaky ny manongana ny fitondrana tsy refesi-mandidy).

      2- tsy resaka ara-poko no olana goavana eto amin’ny Firenena ankehitriny fa ny fahantrana sy ny kolikoly ary ny tsy fanajana ny lalampanorenana sy ny lalàna velona.

      3- tsy hanavahana foko ary tsy mifidy foko ny tsy maty manota eto Madagasikara, samy misy tsy maty manota daholo ny foko rehetra.

      4- ny Fokonolona isamparitra no mahafantatra ny olana fototra sy ny vahaolana eo amin’ny fampandrosoana ny fiarahamonina, ary ny Fokonolona no tokony ho tomponandraikitra sy tompon draharaha amin’ny fivoarana sy ny fandrosoana ilainy.

    • 7 août à 10:51 | Vohitra (#7654) répond à Vohitra

      Eto ampamaranana dia raha fehezina amin’ny teny fohy ny sosonkevitra narosoko, dia ireto no teboka misongadina :

      * Repobilika tokana, lalampanorenana tokana ary lalàna velona iraisana anaty rafi-pitsarana iraisana no naroso.

      * tsy natao ho fitsitokotokoana na koa ho fanavahana ny rafitra federaly narosoko, fa natao hiompana amin’ny fandrosoana ara-toekarena sy ara-kolontsaina ary hampandraisana andraikitra ny Fokonolona.

      * rafitra mpamokatra tsy maty manota no nateraky ny État unitaire centralisé teto Madagasikara tao anatin’ny 66 taona nisiany.

      Mankasitraka indrindra ary.

  • 7 août à 10:01 | RATOVO (#10503)

    Un regard lucide s’impose ! Antananarivo est loin d’être privilégiée. Elle est plutôt un bouc émissaire de la centralisation. La province centrale compte en effet le plus grand nombre de pauvres et de sans ?abris. Ses infrastructures s’effondrent sous le poids d’une centralisation qui siphonne sans redistribuer. À titre d’exemple, le recensement général de la population et de l’habitat en 2018 établit que la capitale et ses agglomérations immédiates concentrent le plus grand pourcentage de la population du pays (14,1%) mais elles ne possèdent que 10,4% des établissements primaires. En comparaison, la région Vatovavy Fitovinanyne compte que 5,6% de la population, alors qu’elle dispose 8,6% des établissements d’enseignement primaire.
    Dans le domaine de la santé, les régions Analamanga et Vakinankaratra enregistrent respectivement 14,1% et 8,1% de la population nationale mais ne disposent respectivement que de 10,5% et de 6% des infrastructures de santé. Par contre, la région Atsinanana compte davantage d’infrastructures de santé (8,3 %) rapportées au pourcentage de sa population (5,8%). En revanche, la contribution de la région Analamanga à l’économie nationale est substantielle. Elle génère, par exemple, 48 % du PIB national et contribue pour près de 42 % des recettes budgétaires, si l’on exclut les mannes fiscales versées par les multinationales opérant dans les grands investissements miniers. De surcroit, les habitants de la capitale subventionnent le prix de l’eau et l’électricité des autres régions via la péréquation tarifaire.
    Puis se profile les futurs nantis du fédéralisme : clans, baronnies et réseaux mafieux . Pour ses partisans, le fédéralisme serait la solution miracle qui reconnaîtrait les identités locales, libérerait les initiatives régionales et corrigerait les injustices territoriales. Ce discours trouve un écho particulier dans les régions périphériques qui dénoncent une trop grande emprise de l’État central. Les arguments ne manquent pas : les produits de rente (vanille, girofle, café, litchi) pourraient financer les budgets locaux ; les régions minières pourraient enfin contrôler leurs ressources ; les populations décideraient elles ?mêmes de leurs priorités. Les clans régionaux voient dans le fédéralisme une opportunité de verrouiller leur influence, de contrôler les ressources naturelles et de réduire l’ingérence du pouvoir central. Se greffent à eux les réseaux politiques marginalisés, qui espèrent affaiblir le pouvoir central pour retrouver une influence perdue.
    Au final le fédéralisme est un piège à cons qui n’est autre qu’une BALKANISATION du pays !

    Répondre

  • 7 août à 10:26 | Isandra (#7070)

    Allons y...!

    Avec lucidité, si on part avec la situation actuelle des toutes les provinces, la forme d’Etat fédéral favoriserait Antananarivo, non seulement, elle est en avance en matière des infrastructures nécessaires au développement, mais, aussi, elle a plus des ressources humaines pour l’accélérer, aurait de moins d’impôts et taxes à partager avec les autres,...

    Ce sera comme la situation des NY, Washington, Californie contre Mississipi et Albama,...

    Répondre

    • 7 août à 10:50 | RATOVO (#10503) répond à Isandra

      Un raccourci bien superficiel et largement tronqué ! Vous avez appris ça de Rainilainga le lâche en fuite à DubaÏ ou de son conseiller diplomatique très spécial Patrick RAJOELINA !

  • 7 août à 10:45 | Terry (#11353)

    Le Constat : Un cercle vicieuxLe débat actuel sur le fédéralisme à Madagascar est biaisé. Ce qui devrait être une discussion technique sur l’économie et la gouvernance est pollué par le tribalisme (l’opposition idéologique Merina / « Côtiers ») et des traumatismes historiques instrumentalisés par les politiques depuis la colonisation.Les Faits : Pas de miracle économiqueLe fédéralisme ne garantit pas la richesse. Si la Suisse réussit, le Nigeria et l’Éthiopie sombrent dans la pauvreté et les conflits. De plus, Madagascar n’a ni le budget pour financer une multiplication d’institutions régionales, ni la stabilité pour risquer l’éclatement territorial.La Solution : Une décentralisation réelleLa structure unitaire de l’État n’est pas le problème ; c’est l’hyper-centralisation d’Antananarivo qui paralyse le pays. La solution réaliste consiste à appliquer la Constitution actuelle via trois leviers :Autonomie financière : Laisser les régions garder une part directe des taxes sur leurs ressources (or, vanille, mines).Pouvoir décisionnel local : Décider des infrastructures (routes, écoles) sur place, sans attendre l’aval de la capitale.Solidarité nationale : Créer un fonds de péréquation pour que les régions riches aident les régions pauvres (comme le Sud face au kere).En clair, il faut décentraliser l’argent et le pouvoir, sans diviser la nation.

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