À l’issue des travaux du 39è sommet de l’Union africaine (UA), la diplomatie malgache se heurte toujours à une réalité amère : malgré des signes d’ouverture et une relative reconnaissance de ses efforts, Madagascar reste pénalisé par des sanctions internationales qui limitent sa pleine participation aux instances africaines.
Christine Razanamahasoa, ministre malgache des Affaires étrangères a plaidé hier pour la levée des sanctions qui frappent Madagascar auprès du président Mahamoud Ali Youssouf, président de le commission de l’Union africaine. Ces échanges, qualifiés d’ouverts par des observateurs diplomatiques, se tiennent dans un contexte de crise politique prolongée et de reconstruction nationale, après les dégâts causés par les cyclones Fytia et Gezani qui ont ravagé des milliers de foyers et fragilisé davantage l’économie insulaire.
Pour Madagascar, la reconnaissance internationale ne doit pas se limiter à des déclarations de solidarité. Lors de leur entretien, la délégation malgache a exposé les avancées du processus de Refondation nationale, tout en renouvelant son appel à l’aide internationale, notamment pour faire face aux conséquences humanitaires et économiques des tempêtes tropicales. Mahamoud Ali Youssouf a exprimé sa solidarité et une promesse d’accompagnement technique et financier à travers les agences de l’UA. Une visite du président de la Commission est même envisagée prochainement, selon des sources diplomatiques.
Cette reconnaissance affichée ne se traduit toutefois pas par une restauration complète des droits et privilèges institutionnels : Madagascar demeure suspendu de plusieurs organes décisionnels de l’Union africaine, un statut qui restreint sa marge de manœuvre diplomatique.
La suspension continentale remonte à octobre 2025, après la prise de pouvoir par les militaires et le renversement du président élu, un fait que l’UA avait condamné et sanctionné conformément à sa politique de tolérance zéro vis-à-vis des changements anticonstitutionnels de gouvernement.
Le pays est exclu de toutes ses instances institutionnelles, dans une démarche visant à exercer une pression politique sur Antananarivo. Cette situation a créé un double paradoxe pour la diplomatie malgache : d’un côté, l’UA affiche une volonté d’accompagnement et cite des progrès – y compris une reconnaissance des efforts de refondation nationale – mais de l’autre, les sanctions formelles et la suspension institutionnelle continuent de peser lourdement. Ce décalage est aussi perçu à Antananarivo comme une contradiction entre les discours d’ouverture et la réalité des faits diplomatiques, nourrissant frustration et impatience.
Au-delà de l’Union africaine, les relations internationales de Madagascar restent tendues. Le pays cherche à rétablir des liens de confiance avec ses partenaires traditionnels, tout en gérant les conséquences géopolitiques du coup d’État qui a profondément marqué son image sur la scène continentale et mondiale.
Pour les observateurs, la rencontre d’Addis-Abeba illustre bien la lutte délicate que mène le pouvoir pour sortir de l’isolement diplomatique, marquée par des appels répétés à la levée des sanctions, un discours de refondation interne et une volonté d’être reconnu comme un acteur stabilisé et légitime du concert africain. Pour l’heure, la diplomatie malgache marche sur une ligne de crête, entre aspirations de reconnaissance internationale et réalité des sanctions encore en vigueur.
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Vos commentaires
La dépendance ou la vassalisation ne sont pas une fatalité.
Seule la SOUVERAINETÉ NATIONALE fait honneur
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Un président élu démocratiquement ? Et un régime qui peine à être reconnu sur la scène internationale ? Soit faisons la part des choses avec cette raclée reçue par le tyran sanguinaire , un lâche fuyard à Dubaï :
Bon. Puisqu’il faut parler franchement, parlons franchement. L’Union africaine t’a dit non. Pas un “peut-être”, pas un “on verra”, pas un “passe quand même”. Un non net, propre, diplomatique. Ton jet privé n’a pas survolé l’Éthiopie, et ton nom n’était pas sur la liste des invités à Addis-Abeba. Message reçu cinq sur cinq par tout le monde… sauf par toi. Et c’est là que le problème commence. Quand on n’est plus le président, on n’ agit pas comme si on l’était encore. Annoncer publiquement un déplacement en avion privé vers une réunion où seul le chef d’État en exercice est autorisé, c’est comme arriver à une fête après avoir été rayé de la liste, en frappant à la porte en disant : « Je suis déjà habillé, laissez moi entrer. » Ça ne marche jamais. Jamais. À vouloir absolument exister dans l’agenda international, tu deviens envahissant. À vouloir forcer la photo, tu confirmes ton absence de statut. À vouloir montrer que tu comptes encore, tu montres surtout que tu n’acceptes pas qu’on t’ait dit stop. Et là, je te le dis sans détour : tu agis de manière toxique.
Trop de présence, trop d’annonces, trop d’agitation. Tu parles trop fort dans une pièce où on ne t’a pas invité à entrer. La règle est simple : quand on te ferme la porte, tu t’éloignes .Tu te tais. Tu disparais. Tu laisses planer le doute. Parce que le manque attire toujours plus que l’insistance. Aujourd’hui, tu fais exactement l’inverse : tu t’accroches, tu forces, tu t’imposes. Résultat ? L’UA ne te voit plus comme un ancien chef d’État respectable, mais comme l’ex qui refuse de comprendre que la relation est terminée. Le pouvoir, quand il n’est plus là, se travaille dans l’ombre. Pas sur les pistes d’aéroport, pas dans les communiqués tapageurs, encore moins dans un jet privé bloqué avant même d’avoir décollé politiquement. Fais silence . Arrête les annonces . Laisse les institutions respirer sans toi. Parce qu’à ce rythme, ce n’est pas seulement l’espace aérien éthiopien qui te sera fermé. C’est l’espace politique tout court.
Bye bye ISANDRA NANDRA votre Rainilainga est un homme politique mort et qui va être jeté dans les poubelles de l’histoire ! Votre rengaine sur la " haine " et la " chasse aux sorcières " c’est du disque lôka !
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Les pros junte ont beau publié ici et là la présence de Rakrisy à Addis-Abeba, mais, l’avis de l’UA est sans appel :
« Aucune tolérance pour les changements de pouvoir anticonstitutionnels »
Et pour se consoler, ils ont inventé cette histoire de Notam de jet privé d’Andry Rajoelina.
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Par principe, mais, à géométrie variable, la CI a horreur des pouvoirs, même transitoires, non, élus, enfin, sans être désignés par un vote, gros bémol, quelle qu’en puisse en être la teneur des fraudes !.
Délicat, par conséquent, pour les militaires de séduire, d’autant que la diplomatie avait été mis à mal par un Rajoelina, à la fois, président et ministre des affaires étrangères dans un rôle de chef d’orchestre du « moi je » !..
C’est avec ces lourds handicaps que cette transition doit composer à l’international en confirmant que prendre le pouvoir, au pied levé, se révèle bien plus périlleux qu’une simple déclaration de changement de régime dont le meilleur moment restera, cependant, celui de la montée à la tribune pour l’annoncer !..
Aujourd’hui, convaincre, c’est trouver des alliés, parmi, ceux quî croiraient à cette nouvelle version de « la page tournée » qui, apparemment, peine à séduire, sur un terrain diplomatique, sceptique !.
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Suite….
Rajoelina, avait-t-il ce sentiment, prémonitoire, de se voir, prochainement, chasser du pouvoir ?, on peut se poser la question lorsque l’on retrace ses efforts, répétés, durant sa dernière année de potentat, à exister au niveau international en espérant tisser sa toile, insignifiante, tant à l’ONU, qu’à l’UA ou qu’à la SADC où récemment, il nous a fait de jolis ronds dans l’eau ?.
Parce qu’en dehors de multiplier des photos de presse, serrant la main des plus influents de cette planète, il ne reste rien de ses mises en scène, répétées, qui n’avaient qu’un seul objectif : celui de se trouver un strapontin au sein du gotha, plutôt, inaccessible pour quelqu’un qui n’a rien à proposer, sinon de flatter ou de quémander, en permanence, de l’aide ..
Aujourd’hui, en tentant de faire le forcing au niveau de ces institutions, il se présente en victime, « démocratique » d’un putsch militaire, en oubliant, précisément, que sa fuite, volontaire, avait créé un vide, et, non, le chaos !, comblé, certainement, beaucoup plus, rapidement, qu’il aurait pu l’imaginer, au départ..
Bref, en surjouant son rôle de victimaire, il espère convaincre, mais, en dehors de lui et de son dernier carré de courtisans, en mode, furtif, au pays, qui pourrait en être persuadé ?..
Ses capacités de nuisance ne sont pas négligeables, au vu de la fortune, accumulée pendant ses années de taulier et surtout avec son incapacité, totale, d’exercer d’autres fonctions, aussi, « m’as-t-vu ! » que celle où il en était devenu addict, tout en enrichissant !..
Fauché dans son élan, il a la rancoeur, vindicative, en étant partant pour une association, même, contre nature, au principe, qu’elle serait susceptible de lui faire regagner un pouvoir qui lui aurait échappé, de toute manière, compte-tenu de ses dérives, de plus en plus, fréquentes et de l’exaspération, grandissante d’une société, prise en otage..
Il mise, pour cela, sur la cohésion, instable d’une transition confrontée, désormais, à une réalité de terrain qui aiguise des divergences naissantes, inévitables, après cette prise d’assaut, spontanée ?, du pouvoir tout en cherchant à fédérer ses soutiens, localement, et, à éradiquer toute forme de déstabilisation, en embuscade..
Loin d’être un long fleuve tranquille, cette période transitoire se transforme en période de tous les dangers dont celle de caler dans une ième tentative à vouloir réformer une « culture politique », conservatrice et délétère, à la fois …
"Refondation de la République : Une quinzaine de personnes perquisitionnées, trois autres placées en détention préventive".
Deux ethnies les plus visées ?
"Sur les réseaux sociaux, les observateurs font remarquer que ce sont les personnalités originaires de la capitale ou des Hautes Terres qui subissent les persécutions. Même si cela ne relève que d’une pure coïncidence, ce choix politique risque d’être fatal pour les tenants du pouvoir lors des prochaines échéances électorales, dans la mesure où Tana et Fianarantsoa sont en tête en termes de nombre d’électeurs."
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Arguer d’etnie ou de tribu est parfaitement crétin au 21* siècle.
Boloky est restée dans la logique de Tintin au Congo !
Tananative est la capitale du pays.
Dans tous les pays du monde c’est dans les capitales que s’ourdissent 90% des complots et des traîtrises..
Retiens le
Boloky arriérée ,
Tu tiens une couche comme le Romarin qui voit un "socialiste" en Ratsiraka tout en soutenant le mafieux corrompu Rajoelina. ..
Ratsiraka n’a rien compris au socialisme ,
Avec les communistes :
– c’était des ALLIANCES D’OPPORTUNITÉS
– sa logique était celle du TPMP
( tout pour ma pomme)
Béquille,
Pour Béquille, c’est pur hasard...!
Ben oui, il n’y a que des gens issus de ces deux ethnies qui ont commises des fautes,...!
ISANDRA NANDRA la folle qui dément le DAKA VODY reçu par RAINILAINGA avec son jet privé " refoulé " à Addis Abeba . Le karcher va continuer son œuvre de nettoyage pour les FORONGONY ! Tiens 2009 ce n’était pas un changement anticonstitutionnel ? RAINILAINGA a attendu 14 ans en 2018 avant que les sanctions étaient levées ! Qu’il refasse encore le forcing lors du sommet de la SADC et on verra qui rira le dernier ...
"Le prochain président de la République sera un originaire des Régions Sud du pays..."
Un "vœux" tout à fait légitime...en tant que souhait, il n’y a pas de mal à l’exprimer...
Mais à en faire un objectif essentiel de gouvernance au détriment des impératifs du contexte quel qu’en soit les coûts et conséquences sur le plan politique et en ignorant les aspirations populaires largement exprimées lors de la révolte populaire de septembre 2025, c’est une aberration monumentale car l’unité nationale déjà fragile risquera ainsi de prendre un sérieux coup... peut être fatale pour la Nation !
Des clans connus évoluant dans les couloirs du palais priorisent cet objectif au détriment de la Refondation de la République...
L’onction populaire n’est pas une suite arithmétique à forte connotation ethnique !
Eux, ils savent pertinemment et en temps réel ce qui se passe au pays... eux, ils savent défendre leurs intérêts et objectifs en fonction des conseils de leurs commanditaires attitrés...eux, ils savent comment faire plier des interlocuteurs voulant des reconnaissances dans le but de justifier des actes incompris...
Et la délégation, est-ce la posture idoine ? Je crois que non... dés le départ, on sait avec clarté la position de UA, à quoi bon s’entêter à y aller pour se faire ridiculiser ainsi ? D’autant plus que la Cheffe de la délégation avait déjà fait partie auparavant des personnalités sanctionnées par l’institution en 2009 après le putsch...
Tant que le régime veut et quémande des ressources auprès de la BM et du FMI, on ne pourra s’échapper et ignorer les pressions de UA dans la mesure où UA n’est qu’un outil géopolitique aux mains des détenteurs de capitaux dictant leur volonté sur le marché financier et les échanges commerciaux, surtout de la géopolitique énergétique...
Et d’un autre côté, le bandit criminel et fuyard, dont l’intention avérée est de se rappeler à la mémoire de ses potes sanguinaires et despotes du grand continent...il est déjà brûlé et ne joue plus que sa dernière carte en main : l’exigence de l’inclusivité !
Bref, dans la tournure de l’événement, le concept de "ni...ni" est déjà décidé quelque part...et UA veut mettre au placard le processus de réfondation qui peine à trouver une vitesse de croisière...
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