Souveraineté, non-alignement, réforme de l’ONU, place de l’Afrique, jeunesse et coopération ont constitué l’ossature du discours du colonel Michaël Randrianirina, le 24 septembre, à la tribune de la 81e Assemblée générale des Nations Unies. Pour sa première intervention devant cette enceinte, le président de la Refondation a exposé les grandes orientations qu’il entend porter pour Madagascar sur la scène internationale. Prononcée en grande partie en malgache, sa langue maternelle, son allocution comporte toutefois une absence notable : celle des Îles Éparses.
C’est en malgache que le colonel Michaël Randrianirina a choisi de prononcer une grande partie de son discours devant les représentants des États réunis à New York. Un choix qui donne une tonalité particulière à cette première intervention du président de la Refondation devant l’Assemblée générale des Nations Unies. En portant largement sa langue maternelle à cette tribune internationale, le chef de l’État s’adressait au monde, mais son message pouvait également être entendu directement à Madagascar.
Sur le fond, un thème traverse une grande partie de son intervention : la confiance. « La confiance n’a cessé de s’éroder depuis les origines », constate Michaël Randrianirina lorsqu’il évoque les difficultés du système international à apporter des réponses communes aux crises sanitaires, alimentaires, climatiques ou géopolitiques.
La Refondation
Le président transpose rapidement cette problématique à Madagascar. Il décrit les mères du Sud parcourant « des dizaines de kilomètres à pied » pour trouver de l’eau, les cyclones qui frappent l’Est ou encore les inondations qui affectent d’autres régions. Une manière de rappeler aux partenaires internationaux la vulnérabilité du pays tout en réclamant que la coopération produise davantage de résultats visibles dans la vie quotidienne.
Cette tribune a surtout servi à présenter la Refondation à la communauté internationale. « Le gouvernement de la Refondation place au rang des priorités l’autosuffisance alimentaire, la santé et l’éducation », affirme Michaël Randrianirina. La jeunesse occupe une place centrale dans cette vision. « Plus de 55 % des Malagasy ont moins de 25 ans ; c’est un atout majeur pour Madagascar », souligne-t-il, en plaidant notamment pour une meilleure adéquation entre l’éducation, la formation et le marché du travail.
Le mot « confiance » prend alors une seconde dimension. À la fin de son intervention, le président revient sur le mouvement de la jeunesse malgache survenu un an auparavant et présente la Refondation comme la recherche d’« une gouvernance responsable, appuyée par des institutions fortes », capable de restaurer « la confiance des citoyens envers l’État ». Le parallèle apparaît ainsi entre son diagnostic du système international et celui posé sur Madagascar : dans les deux cas, la réponse proposée passe par une réforme des institutions.
Non-alignement
Sur le plan diplomatique, Michaël Randrianirina pose également quelques marqueurs. « Madagascar privilégie une diplomatie ouverte à tous », affirme-t-il. Le pays entend rester non-aligné face aux conflits internationaux et rechercher des partenariats « sans exclusion ni privilège exclusif, et dans le respect total de la souveraineté nationale ».
La position géographique du pays trouve également sa place dans le discours. « Madagascar ne se contente pas d’observer le monde : notre pays est pleinement conscient de sa position stratégique et des responsabilités qui en découlent », déclare le chef de l’État. Il cite expressément le canal du Mozambique et le sud-ouest de l’océan Indien, où la sécurité maritime doit, selon lui, occuper « une place centrale » dans les initiatives régionales.
L’autre volet majeur de l’allocution concerne la réforme du système international. Michaël Randrianirina réclame un « rééquilibrage du pouvoir décisionnel » au sein des Nations Unies et une revalorisation de l’Assemblée générale. Il reprend surtout une revendication portée par l’Union africaine concernant le Conseil de sécurité. « Il n’est pas concevable de tenir à l’écart l’Afrique, qui compte environ 1,4 milliard d’habitants, des prises de décision relatives à la paix et à la sécurité internationales », lance-t-il, avant d’affirmer que « l’Afrique doit devenir membre permanent du Conseil de sécurité ».
Réforme de l’ONU
Même volonté de réforme sur le terrain financier. Le président estime qu’« on ne peut ignorer la nécessité de réformer l’architecture financière internationale ». Il défend une meilleure prise en compte de la vulnérabilité des États dans l’accès aux financements, un mécanisme plus efficace de restructuration des dettes publiques et des procédures moins lourdes pour obtenir les fonds internationaux.
Mais à la lecture de cette intervention, un silence ressort. Michaël Randrianirina n’a pas touché mot aux Îles Éparses. Une absence notable puisque la question concernant les îles Glorieuses, Juan de Nova, Europa et Bassas da India figure bel et bien à l’ordre du jour de la 81e Assemblée générale des Nations Unies, après le renvoi de son examen à cette session.
La tribune du 24 septembre constituait ainsi une occasion importante pour Madagascar de remettre cette revendication territoriale sur le devant de la scène et d’en parler devant le concert des nations. Rien n’obligeait évidemment le président à traiter ce dossier dans son allocution générale. Mais ce silence prend un relief particulier au regard du contenu même de son discours.
Car Michael Randrianirina a précisément beaucoup parlé de souveraineté et de droit international. « Mon pays aspire à un ordre international fondé sur la souveraineté du droit international », déclare-t-il. Quelques phrases plus loin, il appelle les Nations Unies à accomplir leur mission « dans le respect absolu de la souveraineté nationale ».
Et les îles Eparses ?
Le contraste est encore plus visible lorsqu’il évoque la position stratégique de Madagascar et la sécurité maritime dans le sud-ouest de l’océan Indien, sans faire le lien avec le différend territorial qui oppose depuis des décennies Madagascar et la France autour des Îles Éparses.
Il serait néanmoins hasardeux d’interpréter cette absence comme un changement de position de Madagascar. Le discours ne fournit aucun élément permettant de déterminer les raisons de ce choix ni de savoir si le dossier doit être porté dans un autre cadre diplomatique.
Cette première intervention dessine en revanche assez clairement la parole internationale que Michaël Randrianirina veut installer : une diplomatie ouverte et non alignée, attachée à la souveraineté, réclamant davantage de poids pour l’Afrique et demandant une coopération internationale évaluée à l’aune de ses résultats. Le recours majoritaire au malgache renforce également la dimension nationale de cette prise de parole internationale.
Reste cette absence : dans un discours où il a été question de souveraineté, de droit international, d’égalité entre les nations et de la place stratégique de Madagascar dans le sud-ouest de l’océan Indien, les Îles Éparses n’ont pas été évoquées. Et ce, alors que leur question figure précisément à l’ordre du jour de cette 81e Assemblée générale.
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Vos commentaires
Colonel Michaël RANDRIANIRINA n’est pas un président élu démocratiquement . Il ne faut pas non plus tirer des plans sur la comète . La seule issue pour avoir un espoir de restitution de ces îles éparses serait de procéder comme l’île Maurice en portant l’affaire au niveau de la cour internationale de justice . Ce serait un combat qui n’est pas gagné d’avance et il suffit de voir le rétropédalage des Britanniques sur l’archipel de Chagos avec Trump qui menace de représailles . Même Marine LEPEN si elle arrive au pouvoir , va adopter une ligne plus dure !
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Si une seule raison devait s’appliquer pour que les éparses restes françaises ce serait que tant qu’elles resteront dans le giron de La France elle ne seront pas horriblement dégradées déjà sur le plan écologique.
"Même volonté de réforme sur le terrain financier. Le président estime qu’« on ne peut ignorer la nécessité de réformer l’architecture financière internationale ». Il défend une meilleure prise en compte de la vulnérabilité des États dans l’accès aux financements, un mécanisme plus efficace de restructuration des dettes publiques et des procédures moins lourdes pour obtenir les fonds internationaux."
Ce qui sous entend donner nous ou prêtez nous au risque de ne pas être remboursés sans poser trop de questions.
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Le colonel a d autres chats à fouetter que ces confettis qui justement ne risquent rien niveau écologie la tongue tellement Madagascar est pauvre et ...d autres chats à fouetter dans l immédiat par contre dans l optique de la souveraineté malgache sur la grande île perso si j etais le colonel ( j etais un caporal CHEF moA chef caporal CHEF hein la tongue) voui je dirai aux romains et américains et russes la verue au milieu de tananarive qui défigure la ville avec ses grilles et bref je proposerai aux romains degagez enfin rendez l espace de cette ptin d ambassade de France et je vous file les confetti
Je suis caporal chef j ai les idées courtes mais moA je pense cette ambassade ( ou j ai 2,3 souvenirs dont me dernier soit de dire à h..qui vient de me dire e"lle aura plus de visa et toi on t as assez vu à Madagascar retourne faire tes randonnées en Auvergne " j’y dis en souriant et en envoyant bref j’y dis demain ou après demain ou bref elle sera dans l avion air France avec moi h ..." et il a souri vraiment le sourire du type sur de lui et moA aussi hihihi et y a pas eu de soucis j avais bien briefé pépone sénateur maire de murat le quaire avant de prendre le premier vol pour tana...
J etais un professionnel la tongue...j etais et je reste !
Voui si j etais président de la république comme chantait Gérard bref je dirai au colonel vous savez quoi je vide cette ambassade de bandits à tananarive et j y offre à dago kado
Ce " cafard " insulte gravement les Malgaches et ses institutions . Preuve de plus comme l’autre assassin et voleur en fuite à DubaÏ que ce sont des marionnettes de La France ! Les " héritiers " du traître RASANJY courent encore les rues ...
Bonjour a tous.
A mon humble avis. il faut distinguer les faits de l’interprétation.
Nous savons que :
le dossier était à l’ordre du jour ;
le dossier franco-malgache fait toujours l’objet d’une commission mixte ;
le discours a surtout porté sur la refondation, le multilatéralisme et les grands enjeux internationaux ;
Il serait cependant imprudent de conclure : « il a cédé à la pression française », par exemple.
Il existe une donnée diplomatique intéressante : la France et Madagascar avaient convenu que le différend continuerait à être traité dans le cadre de la commission mixte bilatérale.
On peut donc raisonnablement identifier deux lectures possibles, sans choisir entre elles :
lecture diplomatique prudente : le gouvernement a voulu préserver le cadre bilatéral avec Paris et ne pas transformer le débat général en confrontation publique ;
lecture plus critique : le gouvernement a manqué l’occasion de rappeler solennellement, devant toute la communauté internationale, une revendication historique de Madagascar alors même que le dossier était officiellement inscrit à l’ordre du jour.
La seconde lecture est une appréciation politique, pas un fait établi.
Et il y a un point encore plus important
La résolution de 1980 ne disait pas simplement : « Madagascar et la France doivent discuter ».
Elle demandait à la France d’engager les négociations prévues par la résolution de 1979 et chargeait le Secrétaire général d’en suivre l’application.
Cela donne à Madagascar une base historique et diplomatique substantielle pour rappeler le dossier à l’ONU.
Mais il faut également être précis : une résolution de l’Assemblée générale n’est pas, en elle-même, un jugement de la Cour internationale de Justice attribuant la souveraineté à Madagascar. Elle constitue un acte politique et institutionnel important de l’Assemblée générale, dont la portée juridique n’est pas celle d’un arrêt de la CIJ.
Mon analyse de la situation de 2026
Si l’objectif de Madagascar était de défendre ses intérêts sans détériorer ses relations avec la France, le meilleur équilibre aurait probablement été de ne pas transformer le discours en attaque contre Paris, mais de prononcer une ou deux phrases très précises sur les Îles Éparses.
L’omission totale est donc un choix diplomatique identifiable, mais nous ne pouvons pas établir à partir des sources disponibles qu’il s’agissait d’une concession faite à la France.
Et il reste une question particulièrement intéressante : que peut maintenant faire Madagascar au titre du point 57 de la 81e session ? Là, la marge de manœuvre est différente : intervention officielle, projet de résolution, demande de rapport du Secrétaire général, rappel des résolutions de 1979-1980, voire initiative avec l’Union africaine.
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Pour continuer mon raisonnement, Madagascar nest pas dupe pour se laisser embobiner par la France avec cette histoire de protection de la nature autour des îles eoarses.
Des actions sont sûrement en cours pour engager une démarche a plusieurs branches qui serait beaucoup plus en rapport avec la sécurisation du trafic maritime dans le canal de Mozambique. Et la, Madagascar ne devrait pas laisser le monopole francais régner sur ce canal devenu encore plus important geostrategiquement parlant. Madagascar a plusieurs cartes a jouer .
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