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vendredi 21 août 2026
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Riz importé : le gouvernement fait machine arrière et suspend les nouvelles taxes

vendredi 21 août | Mandimbisoa R. |  215 visites  | 1 commentaire 

Le gouvernement malgache revoit sa copie sur la fiscalité du riz importé. Le droit de douane de 20 % et la TVA de 5 % prévus sur le riz de luxe dans la loi de finances rectificative 2026 sont temporairement suspendus. Cette décision intervient alors que l’approche de la période de soudure fait craindre des tensions sur l’approvisionnement et les prix. Le ministère du Commerce reconnaît que la production nationale demeure insuffisante pour satisfaire entièrement la demande.

Ce recul place toutefois l’exécutif devant une équation budgétaire délicate. La taxation devait contribuer à l’effort de réduction de 290 milliards d’ariary de dépenses fiscales engagé dans le cadre des exigences du Fonds monétaire international. En maintenant l’exonération afin de protéger le pouvoir d’achat et de garantir suffisamment de riz sur le marché, l’État renonce provisoirement à une partie des recettes attendues. Il devra désormais concilier cet impératif avec ses engagements budgétaires.

La situation intervient après plusieurs mois difficiles pour la riziculture malgache. Les cyclones Fytia et Gezani ont perturbé des bassins de production en début d’année. Dans le même temps, l’accumulation de stocks avait entraîné une baisse des prix. Madagascar reste fortement dépendant des approvisionnements extérieurs : plus de 800 000 tonnes avaient été importées l’année dernière. Pour le seul premier semestre de cette année, 408 667 tonnes étaient déjà entrées sur le territoire, selon la Direction générale des douanes.

La suspension fiscale ne signifie cependant pas une libéralisation totale des importations. La ministre du Commerce, Haingotiana Andriamadison, entend maintenir le dispositif d’encadrement instauré depuis mars. Les opérateurs doivent notamment effectuer une déclaration préalable permettant à l’administration de contrôler les volumes envisagés et d’éviter des arrivées excessives susceptibles de déstabiliser la production nationale.

Le gouvernement conserve ainsi son objectif de réduction progressive de la dépendance extérieure. La production nationale devrait dépasser 5 millions de tonnes en 2026, contre 4,7 millions l’année précédente, portée notamment par l’intensification agricole. Cette progression ne suffit pourtant pas encore à rendre le riz local pleinement compétitif. Mauvais état de certaines infrastructures routières, difficultés d’acheminement, spéculation et surenchères autour des importations continuent de peser sur la filière. À l’approche de la soudure, l’exécutif privilégie donc la sécurité de l’approvisionnement, quitte à différer une mesure fiscale initialement présentée comme un levier de soutien à l’autosuffisance alimentaire.

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1 commentaire

Vos commentaires

  • 21 août à 09:57 | Vohitra (#7654)

    Une totale aberration en somme...

    Sur la forme d’abord : la loi de finances 2026 est une loi organique votée au sein du parlement, et toutes les mesures fiscales en vigueur y figurent pour l’année fiscale en cours, et dans le cas d’espèce, un simple décret en Conseil de "sinistres" se donne le pouvoir de suspension des mesures prises...

    Sur le fond, les pratiques du régime de l’ancien Calife sont remises au goût du jour par le régime du Monseigneur... Derrière la façade annoncée et facilitant de fait les importations, comme autrefois avec la kleptocratie véhiculée, derrière les importations réalisées sont dissimulées des actes de blanchiment des produits de fraudes et d’exportations illégales de ressources stratégiques...et se doter aussi par la même procédure de moyens de manipulation des choix des électeurs à travers des distributions gratuites permettant le formatage de la conscience collective chez une majorité indigente...

    Et dans le même temps, c’est la période de mise en place de la riziculture de première saison en phase de repiquage, et le régime fanovozana est invisible en matière d’appuis adéquats au profit des producteurs rizicoles (infrastructures d’irrigation à travers la gestion et rehabilitation de petits périmètres irrigués, mise à disposition d’engrais et de semences améliorées, facilitation de la disponibilité de fumure organique par la promotion de la culture fourragère, dotation en petits équipements ou de facilitation d’accès à des coûts acceptables...)

    Bref, à peine un mois après la prise de mesure de taxation, le Monseigneur s’adonne déjà à la discipline olympique qui lui tient à cœur : le rétropédalage !

    Mais au fond, que sign PRRM.?

    C’est la Promotion du Rétropédalage dans le Renouveau Manarapenitra...

    Répondre

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