Offrir 5 000 opportunités professionnelles à des jeunes de la région Atsinanana sur deux ans, c’est l’objectif du projet pilote « Asa 5000 ho an’ny Tanora ». Officiellement lancé à Toamasina par le président de la Refondation, le colonel Michael Randrianirina, cette initiative entre dans la lutte contre le chômage des jeunes, en misant sur des solutions concrètes et adaptées aux réalités locales.
Mis en œuvre par le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Fonction Publique (MTEFOP), les futurs bénéficiaires de ce projet, de 18 à 25 ans, sans distinction de niveau d’études ou de lieu de résidence, seront accompagnés vers l’emploi ou l’auto-emploi.
Le projet dispose d’un budget global estimé à 12,5 millions de dollars, soit un investissement moyen de 2500 dollars par jeune. Ces ressources serviront à financer la formation, l’encadrement technique et le suivi individualisé nécessaires pour sécuriser les parcours professionnels. Les autorités entendent ainsi limiter les abandons précoces et favoriser des activités économiquement viables.
Contrairement aux programmes centrés exclusivement sur le salariat, « ASA 5000 ho an’ny Tanora » adopterait une approche mixte. À l’issue de la phase pilote, trois jeunes sur quatre seront orientés vers la création d’activités génératrices de revenus, notamment dans l’agriculture, l’artisanat ou les initiatives innovantes. Le quart restant intégrera des entreprises structurées. Les secteurs ciblés couvrent les principaux moteurs économiques de la région : agriculture, élevage, mines, tourisme durable, transport, logistique, énergies renouvelables et BTP.
Chaque bénéficiaire suivra un parcours progressif et personnalisé, débutant par une évaluation de son profil et de ses aspirations, selon les autorités. Des formations pratiques renforceront ensuite les compétences techniques, comportementales et entrepreneuriales, avant un accompagnement continu assuré par le mentorat et le coaching.
La mise en œuvre opérationnelle est confiée à la Maison de l’Emploi et de la Formation de la Région Atsinanana (MEFRA), avec l’appui du MTEFOP. Selon les responsables du programme, cette phase pilote permettra d’ajuster les mécanismes de soutien à l’emploi avant un éventuel déploiement à l’échelle nationale.
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Vos commentaires
Tiens, tiens... On veut maintenant copier pour la forme le célèbre Capitaine Burkinabe là !
Mais il y des différences notables quand même...
Le Burkinabe pratique une politique d’austérité pour les fonctionnaires de l’Etat tout en favorisant la dotation directe au niveau des bénéficiaires sans passer par des crapules potentiels...
En suspendant la pratique usuelle autrefois d’endettement auprès des usuriers de Bretton Woods...
En diminuant par voie de conséquence le salaire des gouvernants et des élus...
Sur les estimations de USD 2.500 par bénéficiaire, combien il reste au bout après la formation, le suivi et encadrement à la fin ? Les fonctionnaires vont sucer jusqu’au bout ce financement, sans parler des coûts de l’intermediation des prestataires de services divers tout le long de la chaîne du projet !
Bref, d’où venait la source de ce financement de USD 12 millions ?
N’est-il pas préférable de faire avec ce montant le développement d’un crédit à taux zéro ? Ou de doter directement d’équipements les jeunes à partir d’une connexion avec les priorités nationales du moment, ou des opportunités économiques régionales ?
A moins que l’homologue du Burkinabe espère en faire un levier pour l’appel de pied pour son avenir politique...
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A mon avis, le régime ferait mieux s’il continue de projets qui marchent, au lieu de s’aventurer d’en créer, dont le succès est encore incertain.
"Fihariana, Projet SEED : Madagascar multiple les initiatives en faveur de l’entrepreneuriat des jeunes
Fihariana, un incubateur public à l’origine de 200 000 emplois agricoles
C’est tout le sens du programme public Fihariana, qui propose aux entrepreneurs malgaches du secteur de l’agriculture les services d’un incubateur. Il s’agit d’une offre avantageuse de financement pour les porteurs de projets, les start-ups, les petites et les moyennes entreprises formelles. En souscrivant au programme, ils ont accès à des taux préférentiels de 9 à 11% au sein de trois grandes banques partenaires (BNI Madagascar, BOA Madagascar et Société Générale Madagascar). L’Etat se porte ensuite garant du prêt octroyé, tandis que les organismes bancaires accordent un différé de six mois pour que les entrepreneurs agricoles puissent payer après la récolte.
En plus de l’inclusion financière, l’offre de Fihariana comprend un accompagnement technique dans l’élaboration du business plan et un panel de formations aux compétences entrepreneuriales pour garantir l’autonomisation des entrepreneurs et la viabilité des projets. Depuis son lancement en 2019, le programme a déjà soutenu 26 000 porteurs de projets et alloué environ 37 millions d’euros. Il a contribué à la création de 200 000 emplois directs et indirects à l’échelle de Madagascar.
Fihariana participe également aux initiatives Fanoro et « Titre vert » qui ont vocation à développer la filière laitière dans la région d’Antsirabe, au centre du pays. La consommation de lait à Madagascar étant en moyenne de 7 litres par individu chaque année, contre une moyenne de 40 litres en Afrique, l’ambition de ces projets est de renouveler le cheptel de la région pour atteindre une production annuelle de 30 litres par individu chaque année.
Avec Fanoro, les entrepreneurs agricoles de la région peuvent recevoir de l’Etat un hectare de terre de culture fourragère et une vache importée. En 2021, 160 vaches normandes – qui produisent 25 à 30 litres de lait par jour contre 4 pour les vaches locales – ont ainsi été importées et réparties à des éleveurs locaux. Sont financés par la suite la formation à l’insémination artificielle, l’achat d’équipements nécessaires et le suivi de la performance des nouvelles vaches. De quoi servir efficacement l’objectif d’autosuffisance alimentaire à l’horizon 2038.
L’arrivée de nouveaux acteurs dans le secteur bancaire traditionnel, qui mettent l’accompagnement des entrepreneurs au cœur de leur stratégie, pourrait également offrir de nouveaux accès à l’investissement. La BRED Banque populaire, connue pour son engagement en faveur de l’entrepreneuriat, a par exemple annoncé en 2024 la signature d’un accord pour l’acquisition de la Société Générale Madagasikara, qui compte 1 000 collaborateurs, près de 300 000 clients, et opère à travers un réseau de 70 agences réparties sur l’ensemble du territoire malgache."
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