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vendredi 3 juillet 2026
Antananarivo | 19h36
 

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Urbanisation : le remblayage illégal sur le By-Pass, relance la question de l’expansion du Grand Antananarivo

vendredi 3 juillet | Mandimbisoa R. |  988 visites  | 13 commentaires 

La question du remblayage dans la capitale et ses environs revient sur le tapis, après l’intervention du colonel Michaël Randrianirina sur la route du By-pass. Les contrôles engagés par les autorités relancent un débat qui accompagne depuis longtemps l’évolution du Grand Antananarivo. Derrière les sanctions annoncées contre des travaux jugés irréguliers, une autre réalité s’impose progressivement : la capitale poursuit son extension et cette urbanisation passera inévitablement par l’aménagement de nouveaux terrains, à condition que tout soit réalisé dans le respect de la loi.

Mercredi soir, alors qu’il rentrait du Conseil des ministres tenu au palais d’État d’Iavoloha, le président de la Refondation de la République de Madagascar a ordonné l’immobilisation de plusieurs camions transportant des remblais sur la route du By-pass. Les véhicules sont restés sur place jusqu’au lendemain matin afin que les vérifications puissent être effectuées publiquement. Jeudi, le chef de l’État est revenu sur les lieux en compagnie du ministre de l’Aménagement du territoire et des Services fonciers, le général Lylyson René de Rolland.

À l’issue des premières constatations, le ministre a indiqué que le terrain concerné est bien destiné à accueillir des constructions, mais qu’aucune autorisation n’avait encore été délivrée par son département. Les travaux avaient donc été engagés en dehors du cadre réglementaire. Le président a également affirmé que d’autres camions avaient été interceptés à Ambohimanambola, laissant penser que ces pratiques ne concernent pas uniquement Alasora.

Les autorités ont annoncé la mise en fourrière des camions, l’arrêt immédiat des travaux, le scellement du chantier, le refus de délivrer un permis de construire au promoteur ainsi que des sanctions contre les propriétaires des véhicules et les responsables des travaux. Elles rappellent également que chaque remblayage doit être précédé d’une étude technique et recevoir l’autorisation du ministère de l’Aménagement du territoire et des Services fonciers.

Cette affaire rappelle toutefois que le remblayage n’est pas un phénomène nouveau à Antananarivo. Une grande partie de la capitale actuelle s’est développée grâce à des opérations d’assèchement, de remblaiement et d’aménagement réalisées au fil de son histoire. Au début du XX ? siècle, l’administration coloniale française a notamment asséché et remblayé une vingtaine d’hectares de marais et de rizières au pied de la Haute Ville afin de créer le quartier d’Analakely, aujourd’hui considéré comme le cœur économique de la capitale. Ces travaux ont également permis l’aménagement de l’actuelle avenue de l’Indépendance, des escaliers d’Analakely et de la gare de Soarano.

Le développement de Mahamasina s’inscrit lui aussi dans cette transformation progressive de la ville basse. Durant la période coloniale, d’importants travaux de drainage, de remblaiement et d’assainissement ont été réalisés dans cette vaste plaine afin de permettre son urbanisation et la construction de nouvelles infrastructures.

Après l’indépendance, cette dynamique s’est poursuivie avec la création de la cité des 67 Ha. Les travaux ont débuté en 1967 sur un secteur qui se trouvait alors en dehors de la ville urbanisée. Le site était encore presque entièrement occupé par des rizières et ne comptait que quelques dizaines de constructions dispersées. Ce projet illustre lui aussi la manière dont Antananarivo s’est progressivement étendue vers ses périphéries.

Ces rappels historiques montrent que l’urbanisation d’Antananarivo s’est construite, en partie, grâce au remblayage. Avec une population en constante augmentation et une Commune urbaine aujourd’hui largement saturée, l’ouverture de nouveaux quartiers, la construction de logements, d’écoles, d’hôpitaux, de routes ou de zones d’activités nécessiteront encore l’aménagement de nouveaux espaces dans les communes voisines.

Le remblayage devrait donc continuer à accompagner le développement du Grand Antananarivo. En revanche, il ne pourra plus être réalisé sans une planification rigoureuse. Chaque projet devra respecter les procédures administratives, les études techniques et les prescriptions environnementales. L’occupation de nouvelles zones devra également s’accompagner d’ouvrages capables de préserver l’équilibre hydraulique de la capitale.

La création de bassins de rétention, de zones tampons, de réseaux d’assainissement performants et d’autres infrastructures destinées à limiter les risques d’inondation devra ainsi faire partie intégrante de chaque programme d’aménagement. Cette responsabilité relève avant tout de l’État, appelé à organiser l’expansion de la capitale tout en conciliant urbanisation, protection de l’environnement et sécurité des populations.

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13 commentaires

Vos commentaires

  • 3 juillet à 10:32 | Isandra (#7070)

    Mais, une autorisation signée par le ministre Lyllison circule sur les réseaux,...Bon, fausse ou authentique ?

    Si c’est vraie, ce régime n’hésite pas d’imposer leur vérité, comme cette histoire de démission des Juges de la HCC et les perquisitions à tout va...

    Répondre

  • 3 juillet à 11:58 | rakotobe (#7825)

    Délinquance en col blanc ,

    By pass, Amoronakona, Alasora, Ambohimanambola.....font partie des communes constituant le grand pôle d’extension et de développement du Grand Antananarivo.
    De gros investisseurs quasi imstitutionnel sont parties prenantes ds le projet.
    Concernant l’autorisation en question, avérée ou pas, ne changera rien á ce " flop ".car restera l’objet de connivence au sommet de l’’Etat, c’est à dire entre le secteur privé et le Fanjakana.
    Le spectacle vivant sur les lieux à l’initiative du colonel est une mascarade dont le scénari a été ficellé à l’avance .

    Next one !

    Répondre

  • 3 juillet à 12:25 | Vohitra (#7654)

    Une comédie théâtrale jouée par des apprentis...refondateurs et au détriment de l’histoire, de la culture et tradition ancestrale et de la sécurité naturelle et territoriale de la ville d’Andrianjaka, le fondateur historique de ce qu’on appelle "affectueusement", Ankibon’Imerina !

    Est-ce possible que des dizaines de camions circulent toute la journée, traversant des routes densement empruntées, de jour comme de nuit, et s’activent à faire des travaux de remblayage à découvert et observable par tous sont des actes non autorisés et ayant reçu l’aval des autorités, du moins au niveau ministériel et au niveau de l’autorité chargée des aménagements dans le périmètre de la plaine de Betsimitatatra ?

    Pourquoi vous voulez tant défigurer et déshonorer les richesses culturelles de l’Imerina ? Jusqu’où vos cupidités et kleptocratie vont vous mener ?

    Bien sûr, vous allez entamer des actes de régularisation plus tard, en monnayant les procédures avec les barons voleurs sous couvert d’un partenariat public-privé truqué et bien arrangé... Et dans un objectif électoral bien entendu !

    Vous n’avez pas à vous soucier de la sécurité contre l’inondation de la ville des milles, de toutes les façons, ce n’est pas votre tasse de thé disiez-vous dans votre for intérieur...

    Arrêtez vos comédies, on en a marre !

    Laissez l’initiative d’aménagements dans la plaine renfermant des histoires et cultures pluricentenaires aux futurs élus dans un cadre sincère et crédible !

    Occupez-vous de la vraie et réelle refondation de la République, mais de grâce, ne défigure pas l’Imerina !

    A bon entendeur...

    Répondre

    • 3 juillet à 12:49 | luczanatan (#321) répond à Vohitra

      Il a bien raison Vohitra.
      1 / j’aime ses références à l’histoire, à la culture, au savoir faire ancestral
      2/ oui tout ça est bien opaque.On se demande pour qui sont faites les lois et réglementations....
      Visiblement certains en toute connivence s’assoient dessus
      3/ oui de grands travaux d’aménagement devraient être gelés en attendant que la nouvelle administration soit en place et décide sauf si péril ou si ce serait vraiment stupide d’arrêter tout cela..
      4/ je l’ai déjà écrit je plaide en faveur d’une nouvelle ville bâtie donc en terrain vierge sans s’encombrer des réseaux ( infrastructures) en place..
      Ce serait un formidable projet à tous égards.

    • 3 juillet à 12:56 | Isandra (#7070) répond à Vohitra

      Luc...

      "On se demande pour qui sont faites les lois et réglementations...."

      C’est simple, c’est pour les Malagasy d’origine.

      Du coup, les autres sont exonérés, en particulier, une communauté,...!

  • 3 juillet à 12:58 | pisokely (#9950)

    ah la.... oui isandra.. vous avez raison

    Répondre

    • 3 juillet à 14:00 | bekily (#9403) répond à pisokely

      Cc isandra
      Beaucoup de remblayage le fut pour favoriser L’IMMOBILIER DE GROS KARANAS.
      Avec quelques recriminations d’exploitants de riziculture...et expropriations abusives parfois.
      NB
      du temps des fozas !!!!

      En revanche
      on parle peu de DRAINAGE
      alors que Tananarive est entourée de marécages et de rizières.
      Qui ,on.le sait , favorisent la prolifération des moustiques...donc du PALUDISME.

      Faudrait savoir s’il faut penser
      INTERET GENERAL OU NON ????

  • 3 juillet à 13:44 | lé kopé (#10607)

    Tout aménagement doit se faire avec le respect des règles en vigueur , surtout en matière environnementale .
    Si je ne me trompe , il existe bien un Département Ministériel qui s’occupe de l’Aménagement du territoire , dont le Général Lylison en est le premier responsable .
    Il avait l’air embarassé lors de sa "discussion" avec le Colonel , son subalterne selon les grades , mais ce comportement ne nous étonne pas , vu que cet individu n’a jamais démissionné de son Poste de Gouverneur de Région , avant de sauter dans celui de Ministre .
    Il faisait bien partie de ceux qui ont fait le coup d’Etat de 2009, avec le désormais Général Charles Andrianasoavina .
    A croire que le fait d’avoir martyrisé la population d’Antananarivo soit un passage obligé pour otenir des récompenses et des galons dr Général de pacotille ...
    A quand le moment de la lutte contre l’impunité ? LORS DES ASSISES NATIONALES ?

    Répondre

  • 3 juillet à 13:46 | lé kopé (#10607)

    Tout aménagement doit se faire avec le respect des règles en vigueur , surtout en matière environnementale .
    Si je ne me trompe , il existe bien un Département Ministériel qui s’occupe de l’Aménagement du territoire , dont le Général Lylison en est le premier responsable .
    Il avait l’air embarassé lors de sa "discussion" avec le Colonel , son subalterne selon les grades , mais ce comportement ne nous étonne pas , vu que cet individu n’a jamais démissionné de son Poste de Gouverneur de Région , avant de sauter dans celui de Ministre .
    Il faisait bien partie de ceux qui ont fait le coup d’Etat de 2009, avec le désormais Général Charles Andrianasoavina .
    A croire que le fait d’avoir martyrisé la population d’Antananarivo soit un passage obligé pour otenir des récompenses et des galons de Général de pacotille ...
    A quand le moment de la lutte contre l’impunité ? LORS DES ASSISES NATIONALES ?

    Répondre

  • 3 juillet à 14:27 | vohitsara (#8896)

    Mandainga izay mpitondra teto ka mahasahy milaza fa tsy nanateran´ny Karana pseudo-malagasy valisy maromaro. Izany no mahatonga ireo vahiny ireo mahasahy manototra ny tany sy mandroaka mponina sy mandrava fasan-drazana Malagasy.

    Répondre

    • 3 juillet à 16:10 | rakotobe (#7825) répond à vohitsara

      Cette communauté minoritaire indo pakistanaise qui détient un rôle dominant dans l’activité économique á Madagascar.

      Ils se sont substitués aux malgaches, hormis qques grandes familles, pour cause de faible tradition d’entreprise.
      La majorité de ces indiens sont nés à Madagascar et ne connaissent pas l’Inde et pourtant sont refractaires à toute forme d’assimilation.
      Un indien entrepreneur connait sur le bout des doigts tous les méandres du monde des affaires á Madagascar, fiscalité et toutes les subtilités, i.e.à quelle porte de l’administration frapper dans toutes circonstances !
      Récemment, l’homme d’affaires Akbaraly a présenté son dernier ouvrage á l’ambassade Malgache à Paris.
      Il n’y a aucun doute á penser que les autorités malgaches entretiennent des liens de grande promixité avec ces businessmen particuliers.
      On peut reprocher à ces entrepreneurs indiens d’être des capitalistes sans éthique.

      Il est vraiment grand temps que la junte militaire clarifie la place des "karanas " à rapporter à la communauté nationale pour des tas et des de raisons ne serait ce que pour la PAIX SOCIALE

  • 3 juillet à 16:02 | Jipo (#4988)

    Salama djiaby
    Notre colon se prend a son propre jeu après avoir goutté au fruit défendu des pots de vin que sa position offre ? les opportunités polymorphes .
    Je le repète il n’ est pas dans ses prerogatives de negocier cet accaparement illicite des terrains innondables sans VRD prévus et avec les "responsables" sensés viabiliser ces terrains !
    Comment vont faire la zirama pour alimenter ces terrains n’ arrivant déjà pas à honorer ses contrats ???
    En eau comme en electricité ...
    Quand aux tout à l’ égout va falloir comme pour les miracles : prévoir un délai !
    La charrue avant les boeufs comme toujours on n’ apprend rien des exemples passés azafady + kon tu meurs avec toujours cette obstination de se croire supérieur et vouloir diriger ...

    Répondre

  • 3 juillet à 19:26 | luczanatan (#321)

    Pour faire cesser la corruption la prévarication le copinage et toute possibilité de magouille il n’y a qu’une solution en matière immobilière ou infrastructures :
    Mettre à la tête du projet ( je parle d’une capitale bis sur le mode brésilien) une entreprise étrangère ( Suisse ou Allemande ou américaine..etc qui ne connait personne ni rien de Madagascar, qui utilisera l’anglais comme langue de travail.
    Et qui fera tourner le projet en mode projet : professionnellement et sans accepter aucune magouille.
    Et qui aura l’appui des militaires et ceux qui viendront mettre des bâtons dans les roues devront comprendre que ce sera tolérance zéro et à leurs risques judiciaires ou disciplinaires rapidement mis en œuvre.
    Comme ça on pourra professionaliser des centaines de jeunes malgaches.
    Et tous les crocodiles historiques seront dirigés et contrôlés par ce maître d’œuvre.
    Et s’ils rechignent ils attendront le travail.
    On importera des Entreprises Chinoises s’il le faut et qui là aussi n’auront jamais mis les pieds à Madagascar.
    D’accord on les briefera un peu sur la culture malgache.. mais le peuple a tellement faim de travail de travail honnête qu’il sera content de travailler aux standards les plus exigeants.
    C’est comme ça qu’on progresse : en cassant les vieux moules.
    On ne fait pas de nouveaux meubles avec de vieilles planches.

    Répondre

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