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mercredi 16 septembre 2026
Antananarivo | 11h23
 

Politique

Amoronankona : intérêts particuliers contre l’intérêt général

mercredi 16 septembre | Ikala Paingotra |  352 visites  | 7 commentaires 

La résistance des opérateurs au transfert de la gare routière du lieu-dit Fasan’ny Karana vers Amoronankona illustre à quel point la question du développement est complexe. Afin de désengorger la circulation dans cette partie de la capitale, l’État a décidé de transférer la gare routière de ce côté de la Capitale, tout en valorisant l’investissement dans la nouvelle gare routière bâtie sous la présidence de Hery Rajaonarimampianina, mais qui avait été curieusement snobée par Rajoelina durant son mandat et demi.

De leur côté, ceux qui utilisent depuis des décennies les installations précaires de Fasan’ny Karana refusent d’en bouger, invoquant diverses raisons qui ne sont pas toutes dénuées de légitimité. Par exemple, il y a tout un tissu d’activités économiques directes et indirectes qui s’est développé autour de cette gare et qui fait vivre des centaines de familles. Déplacer la gare signifie donc que ces gens vont perdre leur moyen de subsistance, à moins qu’on ne leur propose des mesures d’accompagnement efficaces pour rejoindre Amoronankona.

Mais cette histoire de gare routière n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Le cas de Vara Mada à Toliara en est un autre. Un projet censé apporter des milliers d’emplois et des revenus dans une région réputée délaissée est combattu pour des raisons qui, là encore, ne sont pas toutes illégitimes. Dans la Capitale, la municipalité a dû, à plusieurs reprises, renoncer à des dispositions visant à faire appliquer la loi, que ce soit dans la gestion des marchés, la fiscalité ou l’organisation de la circulation. Le projet de ville nouvelle Tanamasoandro a entraîné la résistance des propriétaires des rizières qui devaient être expropriés, alors que cette idée n’était pas dénuée de rationalité pour désengorger Antananarivo, même si elle était portée par Andry Rajoelina. De même, les différents projets de transfert de la décharge d’Andralanitra, arrivée à saturation, vers des localités situées à la périphérie d’Antananarivo se heurtent au refus des populations riveraines.

À chaque effort de redressement qui perturbe les habitudes ou les intérêts d’une minorité, l’intérêt de la majorité finit trop souvent par céder. Le populisme des dirigeants les rend réticents à maintenir des mesures impopulaires, par crainte de manifestations ou d’une perte de légitimité à l’approche d’élections. Certains responsables politiques locaux ou nationaux agissent en sous-main pour exciter la populace et la pousser à la contestation en vue de transformer les multinationales en vaches à lait, sur ou sous la table. Depuis leurs débuts, l’histoire de Rio Tinto et celle d’Ambatovy fourmillent d’exemples de grèves, de pressions et d’intimidations de la part de ceux qui ont le pouvoir d’en faire.

Une réforme ou un projet de développement ne peut cependant se réclamer de l’intérêt général si elle fait supporter tout son coût à une minorité sans concertation, indemnisation ni accompagnement. On ne peut nier une légitimité aux transporteurs défendant leur activité économique, aux propriétaires de rizières défendant leur propriété, aux riverains refusant les nuisances d’une décharge, aux populations touchées par un projet minier invoquant des conséquences environnementales, ou aux commerçants informels défendant leur moyen de subsistance.

Finalement, les initiatives voulant apporter une amélioration dans le domaine du développement se trouvent la plupart du temps combattues. Leurs initiateurs finissent alors par reculer, entretenant ainsi un statu quo coupable qui perdure depuis des décennies. Cette situation alimente le chaos, l’incivisme, le retard de développement, tout en cultivant l’esprit de rébellion préjudiciable au rétablissement de la loi et de l’ordre. Parler de Refondation dans un tel contexte relève de l’illusion. Dans cette opposition des opérateurs à leur transfert vers Amoronankona, il y a toutefois un phénomène cocasse : l’ancien syndicaliste Herizo Andrianavalona se retrouve à devoir gérer une grève en tant que ministre, avec les dérapages extrémistes du langage et des comportements chez les manifestants et les forces de l’ordre. Karma is a bitch.

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7 commentaires

Vos commentaires

  • 16 septembre à 10:21 | Mariano (#11906)

    L’ironie de la trajectoire politique : être un fervent syndicaliste pour finir par tenir un discours dur, voire extrême, face à la réalité du terrain et au refus des transporteurs. Changer de place modifie-t-il à ce point les convictions, ou montre-t-il simplement qu’il est plus facile de réclamer que de négocier ?

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    • 16 septembre à 10:55 | RATOVO (#10503) répond à Mariano

      Le fumier qui défend des " sauvages " qui veulent la chienlit et qui se complaisent avec l’insalubrité , le racket et l’insécurité dans cette aire plutôt de stationnement au fasan’ny karana et non une vraie gare routière . La récupération politique pue dans les raccourcis simplistes des aficionados du fuyard à Dubaï et on s’assied sur l’état de droit et un principe fondamental de la république qu’est la liberté de circulation des biens et des personnes !

  • 16 septembre à 10:28 | vazaha (#9399)

    Bonjour a tous.
    Dans cette affaire de la gare routiere de la route digue, le ministere de l’amenagement du territoire avait raison dintervenir, mais pas dans le mauvais sens comme le ministre lavait aborde, au point de contredire maladroitement son collegue des transports.
    Les differents problemes qui se sont accumules depuis des decennies proviennent des absences ou du non aboutissement des decisions strategiques des gouvernements successifs depuis plusieurs decennies.
    Les problemes de la ville d’Antananarivo et bientot ceux de Toamasina qui seront rapidement suivis des autres villes de provinces, relevent de l’inadequation entre la croissance demographique et le developpement sauvage des villes. La reponse est redoutablement simple a prononcer mais difficile a realiser par manque d’investissements urbains publics pour les infrastructures et prives pour la creation d’emplois.
    Et pourtant, les archives du ministere de l"amenagement du territpire regorge d’etudes de developpement urbain techniques , socioeconomiques et environnementales des villes de Madagascar.
    Et pourtant aussi, les aides financieres exterieures dans ce domaine du developpement urbain ne manquent pas mais on se demande pourquoi cela n’avance pas. Des blocages quasi maladifs dotdre foncier sopposent systematiquement aux programmes lances a Antananarivo par exemple : Ville nouvelle d"abord a Ambohitrimanjaka puis Imerintsiatosika, telepherique, Gare routiere, champ solaire sur la route Tsarasaotra/ivato, nouvelles decharges de dechets urbains, infrastructures anti degats climatiques, eau potable, assainissement etc...
    La peur des risques electoraux ou lignorance de limportance dune vision au-dela du bout du nez en sont generalement les causes connues. La jouissance immediate (inaugurations a grands bruits) au lieu dune vision a plus long terme, est la voie de facilite choisie. A croire que nos decideurs publics n’ont pas le "niveau" requis.
    Je m’arrete la au risque fe menerver

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  • 16 septembre à 10:49 | Isandra (#7070)

    Tout le monde ici sait que moi et Ravalo, c’est comme le nord et le sud, mais, j’avoue que là-dessus, seule sa méthode, qui a réussi, malgré l’opposition,...67 ha, Andohitapenaka, Anosibe, etc...Souvenons-nous la fameuse phrase : "Raha mbola misy totofana, dia mbola totorana".

    Toutefois, en même temps, cette méthode l’a amené à sa perte. Si seulement, il avait su faire la part de chose, à ce moment, le pays aurait été dans une autre situation.

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    • 16 septembre à 11:01 | RATOVO (#10503) répond à Isandra

      ISANDRA NANDRA " tonga soa " et les similitudes niaises rapprochant des événements loin d’être comparatifs !

    • 16 septembre à 11:19 | canal baobab 13 (#11848) répond à Isandra

      Albert Zafy chirurgien c est le Conseil constitutionnel malgache hcc ramassis de bi nationaux qui declenche son empêchement en 2 temps voulu par les supremacistes des hauts plateaux en grande majorité les cliques ratsiraka étant pour les cotiers l équivalent de nos kolabos en 40 en France ceci dit pour les non initiés à la vie politique gasy fin 95 Madagascar était sur la bonne voie ( enfin le feu du rova était malheureusement un mauvais signe) avril 96 je sais dès ivato que la situation est grave mais je croyais pas possible mon pays soit aussi pourri et los merinos vichytes....capables de faire ce qu ils allaient faire à Marc Ravalomana merina lui aussi et que je lui connaissais de réputation dès 95 j avais discuté avec des techniciens nordiques venus installés ces machines bref on a pas DEVICHYSÉ en France j écris au proc de Strasbourg ds ma plainte du 30 12 24 partie civile 4 25 et les répercussions sont visibles factuellement jusqu’à Madagascar ou une partie de merinas et betsileo sont pro jésuites ces esclavagistes en cheville avec leurs hommes de mains karanas à moins ce soit le contraire faudrait demander à Maurice hihihi

  • 16 septembre à 11:14 | Vohitra (#7654)

    Quels sont les facteurs qui pèsent sur la balance dans le contexte du moment ?

    La vie et la subsistance d’un côté, et de l’autre côté le développement...

    Et la main qui veut agir pour influencer le mouvement de la balance raisonne en tenant compte de la vision de stabilité sécuritaire et de la future élection...

    A force d’avoir laissé la situation dans l’état de déliquescence avancée et d’avoir habitué la population dans un comportement de "foule", on finit toujours par en récolter les conséquences...

    L’Etat à travers le ministère en charge du transport sera le bouc émissaire tout désigné pour tenir la balance dorénavant, soit agir en faveur de sa conception pour la priorité du développement soit régler la situation en réalisant des actes à court terme permettant de maintenir la subsistance de ceux qui refusent d’admettre la vision de développement proposée...

    La facture du populisme électoral est maintenant présentée à la caisse du gouvernement transitoire non-élu, un gouvernement qui n’est pas responsable de la dégradation avancée des conditions de vie de la population, il faut l’admettre sans ambiguïté, mais qui devra impérativement gérer une situation selon le principe de la "continuité de l’Etat"...

    Répondre

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