L’État malgache a officiellement réquisitionné la centrale thermique d’Enelec à Toamasina. Cette décision, prise par décret lors du Conseil des ministres du 3 novembre, concerne l’ensemble du personnel, des installations, des biens et des services nécessaires à son fonctionnement. La réquisition, dont la durée maximale est fixée à vingt-quatre mois, confie désormais la production d’électricité du site à la Jirama.
Une importante délégation gouvernementale s’est rendue dans la ville du Grand Port pour notifier cette décision aux responsables de l’entreprise, en présence d’un huissier. Le ministre de l’Énergie et des Hydrocarbures, Radonirina Lucas Rabearimanga, était notamment accompagné du secrétaire général de la présidence, également président du conseil d’administration de la Jirama, du président de la Cour des comptes et du secrétaire général du ministère de l’Économie et des Finances.
Cette réquisition intervient alors que Toamasina continue de subir d’importantes perturbations dans son approvisionnement en électricité. Selon les données avancées par la Jirama, la centrale d’Enelec devrait fournir 32 mégawatts, mais sa production ne dépasserait pas 14 mégawatts. Un écart qui contribuerait aux délestages récurrents dans la capitale économique de la région Atsinanana.
La décision gouvernementale intervient également après plusieurs avertissements adressés à Enelec. Le 20 juillet dernier, le colonel Michaël Randrianirina avait publiquement interpellé l’entreprise au sujet des difficultés électriques constatées à Toamasina, Mahajanga et Antsiranana. Un ultimatum écrit aurait ensuite été transmis à l’opérateur, sans que les autorités constatent une amélioration suffisante de la situation.
De son côté, Enelec avait expliqué, dans un communiqué publié en juillet, que plusieurs de ses centrales étaient confrontées à d’importantes défaillances techniques. L’entreprise avait alors assuré que ses équipes étaient mobilisées pour résoudre ces problèmes et augmenter les capacités de production.
Sur le plan juridique, la réquisition repose sur l’article 34 du Code de l’électricité, qui autorise l’intervention de l’État lorsque la continuité du service public n’est plus garantie. Le décret prévoit que cette mesure exceptionnelle pourra être levée avant l’expiration des vingt-quatre mois si les circonstances qui l’ont justifiée disparaissent. ENELEC ou Énergie Électrique, est une filiale du groupe Filatex, et l’une des principales entreprises privées de production d’électricité dans le pays.
Au-delà de la centrale réquisitionnée à Toamasina, le gouvernement entend également examiner les contrats liant la Jirama aux producteurs privés d’électricité. Certaines dispositions de ces accords seraient jugées financièrement défavorables à la compagnie nationale et pourraient avoir contribué à l’aggravation de ses difficultés.
La réquisition de la centrale d’Enelec constitue désormais un test pour la Jirama. L’enjeu sera d’augmenter rapidement la production électrique et de réduire les coupures qui pénalisent les ménages, les commerces et les entreprises de Toamasina. Les résultats de cette intervention seront particulièrement attendus dans une ville où l’approvisionnement énergétique demeure une préoccupation majeure.
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Vos commentaires
On verra bien si cette décision va réellement dans le sens de l’amélioration des coupures d’électricité qui perdurent dans le grand port de Toamasina . Il ne faut surtout pas se verser dans la démagogie et le populisme . Ces discours délirants faisant l’amalgame avec la France sur la responsabilité défaillante d’une société privée coupable de sabotage comme néocolonialistes sont réducteurs et irresponsables . Le président de la refondation doit s’armer de vigilance et de discernement face à des têtes brulées de son entourage déjà un à l’arrière plan de cette photo et sur des chaines privées qui tiennent des propos haineux sur la France en faisant l’apologie d’Ibrahim Traoré russophile assumé au Burkina Fasso !
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Wait and see. Les résultats devraient rapidement se faire sentir...mais dans quel sens ?
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Problèmes , défaillances, effondrement total programmé de la Jirama... C’était à partir de 2010...
Les groupes de personnes responsables de cette chute vertigineuse de la société nationale :
* la classe politique dirigeante ainsi que les haut-responsables de la société (signature de contrats au détriment des intérêts collectifs)
* le personnel local à Madagascar du groupe de la Banque Mondiale (pression indirecte pour orienter l’attribution de marché au profit des oligarques choisis et défendus par la Banque Mondiale, chantage vis à vis de l’octroi et déblocage de prêts pour combler les déficits budgetaires...)
* le comportement des usagers (non respect des réglementations en vigueur)
* la mainmise et prédominance des oligarques dans la capture de la société afin de défendre leurs intérêts et privilèges
Le Général Itibar Ottman, président du CA de la Jirama, n’y était pas aller sur le dos de la cuillère pour denoncer les vraies réalités à l’origine des débâcles et incapacité de la société nationale à assurer un service public de qualité.
Bref, cette réquisition est à mon humble avis, compte tenu de la situation actuelle, justifiée , propice et menée après avoir épuisé toutes les voies de négociations et d’avertissement d’usage...
A un moment donné, l’Etat devra se manifester et exercer l’autorité publique au profit de la collectivité...
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Bonjour Vohitra
Vous pouvez ajouter à la liste : LES FACTURES IMPAYEES DE TOUTES LES INSTITUTIONS ,
et cela depuis des années ( mairies, ministères, directions etc etc)...
? une masse financière importante, cumulée depuis des années...
Et dans une moindre mesure, la rapine ou le détournement de carburant par des employés mêmes...
L’État a déjà montré son excellence dans la gestion de la JIRAMA.
Cette excellence dans la gestion d’une entreprise squattée durera ce que vivent les roses, l’espace d’un matin !
Peut-être ce qu’à raté un Amiral dans le passé sera réussi par un Colonel ?
Wait and see !
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"Peut-être ce qu’à raté un Amiral dans le passé sera réussi par un Colonel ?"
Il y a peu de chance qu’un rêve se réalise...celui là en fait partie.