La situation politique à Madagascar demeure au centre des préoccupations de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Réunis à Salima, au Malawi, dans le cadre de la 28e réunion du Comité ministériel de l’Organe chargé de la coopération en matière de politique, défense et sécurité, les États membres ont réaffirmé leur volonté d’accompagner la Grande Île dans son processus de transition tout en insistant sur le respect des principes démocratiques. Les échanges, organisés sur deux jours, portent sur les principaux défis sécuritaires et politiques de la région, avec un suivi particulier des pays confrontés à des périodes de tension.
En ouvrant les travaux, le secrétaire exécutif de la SADC, Elias Magosi, a souligné que Madagascar devait continuer à bénéficier du soutien de l’organisation régionale dans sa marche vers le rétablissement de l’ordre constitutionnel. Il a indiqué que les progrès réalisés par les autorités malgaches feraient l’objet d’une attention constante de la part des États membres. Selon lui, la paix et la stabilité en Afrique australe ne peuvent être préservées que grâce à une coopération durable, une vigilance permanente et une solidarité renforcée entre les pays de la région.
Le responsable de la SADC a également rappelé que l’organisation avait récemment dépêché une mission d’établissement des faits à Madagascar après le changement politique ayant conduit à l’arrivée au pouvoir de la Refondation. Cette initiative, a-t-il expliqué, traduit la volonté collective des pays membres de promouvoir la gouvernance démocratique, de préserver la stabilité institutionnelle et de prévenir toute détérioration de la situation politique dans la région.
Au-delà du soutien affiché, Elias Magosi a livré un message qui s’apparente à une recommandation adressée aux autorités malgaches. Il a estimé qu’une paix durable ne pouvait être consolidée sans une gouvernance inclusive, respectueuse des droits de l’homme et fondée sur la responsabilité des institutions ainsi que sur la participation effective de l’ensemble des citoyens. À défaut, a-t-il prévenu, les fragilités politiques risqueraient de nourrir de nouvelles tensions.
Ces déclarations s’inscrivent dans la continuité des conclusions adoptées lors du Sommet extraordinaire des chefs d’État et de gouvernement de la SADC, tenu le 29 juin dernier. À cette occasion, l’organisation avait invité le gouvernement malgache à poursuivre les réformes engagées selon un calendrier clair, transparent et ouvert à toutes les parties prenantes. Les dirigeants régionaux avaient également insisté sur la nécessité d’organiser un dialogue national inclusif et de favoriser une véritable réconciliation entre les différentes sensibilités politiques du pays.
Ces recommandations n’ont toutefois pas laissé les autorités malgaches indifférentes. Le président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianirina, avait rapidement réagi en affirmant que l’inclusivité défendue par son gouvernement concernait bien toutes les composantes de la société malgache, y compris l’opposition. Il avait néanmoins précisé que les concertations nationales resteraient exclusivement réservées aux citoyens malgaches, excluant de fait les personnalités que le pouvoir considère ne plus détenir la nationalité malgache, en référence à l’ancien président Andry Rajoelina.
Présente à Salima, la ministre des Affaires étrangères, Alice N’Diaye, a porté la position officielle de Madagascar devant les représentants de la SADC. Selon un communiqué de son ministère, elle a réaffirmé que le processus de transition repose sur le leadership des Malgaches, une participation de toutes les composantes de la société aux concertations nationales et une appropriation nationale des réformes. Pour les autorités, cette démarche constitue la meilleure garantie pour bâtir un cadre de gouvernance démocratique, renforcer les institutions et empêcher le retour des crises politiques qui ont marqué l’histoire récente du pays.
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Vos commentaires
« La ministre...a porté la position officielle de Madagascar.. »
Elle aurait dû faire une précision utile : la position de la junte militaire au pouvoir, avec un gouvernement non-élu où elle siège actuellement...avec une démarche extra-constitutionnelle bien évidente.
Ce retour à l’ordre constitutionnel est un bluff qui n’a aucune légitimité.
La concertation nationale reste l’unique porte de sortie pour la junte militaire pour se rattraper de ses erreurs... Mais on commence à douter sérieusement si la junte militaire veut vraiment une porte de sortie optimale conforme aux intérêts de la population Malagasy par le biais de la concertation nationale...
Or, il est de plus en plus évident que la junte militaire a une méfiance certaine voire une vue hostile vis-à-vis des exigences et résolutions issues de la concertation nationale....
A 16 mois de la fin de la transition, aucune visibilité ne se trouve à l’horizon quant aux ébauches de changements véhiculés par la refondation ou du processus permettant d’y arriver...
Est-ce que la junte militaire est consciente des conséquences et répercussions de l’éventuel échec de la refondation dans le pays ?
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Sale semaine pour les aficionados de la Refondation.
L’indice de satisfaction populaire, baromètre des discours du colonel pour son avenir politique n"est pas au beau fixe.
Actuellement c’est plutôt un pas en avant, 2 pas en arrière. Le travail des « sherpas » de RADOMELINA au sein de l"organisation de la SADC semble produire le plus d’effets.
Ce qui pose problème, est le sentiment de fuite en avant de la junte militaire : dépenser à tout prix pour ne pas rater l’alternance politique en cours, on fera les comptes après.
Le colonel doit savoir que le jargon financier peut s’appliquer dans ttes circonstances :
Les performances passées ne garantisse pas la performance future
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