Longtemps enfoui sous les tensions locales et les arbitrages politiques, le projet minier Base Toliara, rebaptisé Vara Mada, refait surface avec fracas sur la scène nationale. À la croisée des enjeux économiques, diplomatiques et sociaux, ce dossier sensible s’impose à nouveau comme un marqueur des contradictions internes du pouvoir malgache.
Le signal de ce retour n’est pas venu d’un communiqué officiel, mais du terrain. À Toliara, en marge du festival Tsapiky, une manifestation inattendue a ravivé les tensions autour du projet. L’événement, pourtant culturel, s’est transformé en tribune politique, d’autant plus que plusieurs figures majeures de l’État, originaires du Sud, avaient fait le déplacement. Parmi elles, le président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianirina, ainsi que le président de l’Assemblée nationale, Siteny Randrianasoloniaiko. Ce dernier Siteny, auparavant fervent opposant du projet Base Toliara, a souvent déclaré que ce projet est un danger pour la ville de Toliara et pour sa population.
Cette convergence d’autorités dans une région directement concernée par l’exploitation minière a rapidement donné une dimension nationale à la contestation. Le dossier, jamais totalement clos dans l’opinion publique, a retrouvé une visibilité nouvelle, alimentée par des prises de position parfois contradictoires au sommet de l’État.
Quelques jours plus tard, un autre événement est venu amplifier cette résurgence : la rencontre entre le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison et des responsables américains à Washington, dans le cadre du Spring Meeting. Si l’objectif affiché portait sur le renforcement des relations économiques, la mention explicite du projet Vara Mada dans les échanges a suffi à raviver les inquiétudes.
Dans un bref communiqué, les autorités américaines ont évoqué le projet parmi les opportunités d’investissement discutées, sans pour autant annoncer d’accord formel. Mais dans un contexte déjà tendu, cette simple référence a été interprétée par certains comme un signal de relance imminente du projet minier.
Ce regain d’attention a immédiatement provoqué une réaction en chaîne au sein de la classe politique, en particulier dans le Sud. Des figures influentes, à l’image d’Elia Rabevahiny, conseiller auprès de la présidence et leader du parti Otrikafo, ont repris la contestation avec vigueur. Une posture qui met en lumière les lignes de fracture au sein même du pouvoir, entre impératifs économiques et pressions populaires.
Derrière le débat politique se cache un enjeu économique de taille. Le projet Vara Mada, porté par des intérêts américains, représente un investissement estimé à plusieurs centaines de millions de dollars et s’inscrit dans une stratégie plus large autour des minerais stratégiques. Le site de Ranobe recèle notamment des ressources rares utilisées dans des secteurs industriels de pointe, renforçant son attractivité à l’international.
Pourtant, ces perspectives financières peinent à convaincre une partie de la population locale. Les promesses passées, jugées non tenues, continuent d’alimenter une méfiance persistante. Les préoccupations environnementales et sociales restent au cœur des revendications, tandis que certains dénoncent une exploitation des ressources au détriment des communautés locales.
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Vos commentaires
L’OPACITÉ semble être le seul marqueur de ce nouveau Pouvoir
sauf pour le... tsapiky .
Trés inquiètant et révoltant lorsque cela concerne la SOUVERAINETÉ d’un pays.
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Koliloly en sous main...
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