Recul. Le mot résume à lui seul la situation de Madagascar dans l’Indice de perception de la corruption (IPC) 2025. Présentés ce mardi 10 février 2026 à Antananarivo par Transparency International – Initiative Madagascar (TI-MG), les résultats de cet indicateur mondial de référence montrent une dégradation de la position de la Grande Île. Avec un score de 25 sur 100 et un classement de 148 ? sur 182 pays et territoires, le pays confirme la persistance de défis majeurs en matière de gouvernance, de transparence et d’intégrité publique.
L’IPC, établi à partir de plusieurs sources de données internationales, mesure la perception de la corruption dans le secteur public sur une échelle allant de 0 (hautement corrompu) à 100 (très intègre). Pour Madagascar, la stagnation autour de la barre des 25 à 26 points ces dernières années laisse place en 2025 à un recul qui vient renforcer le constat d’une corruption perçue comme structurelle et systémique.
Selon TI-MG, cette situation s’explique notamment par un affaiblissement de l’État de droit et de l’indépendance de la justice. Les mécanismes de contrôle apparaissent fragilisés et l’espace civique demeure sous pression. L’organisation met également en avant la dégradation de la qualité démocratique, illustrée par le score V-Dem de Madagascar, passé de 21 en 2023 à 18 en 2025. Cette évolution traduit un recul des standards démocratiques et une concentration accrue du pouvoir.
Les données internationales soulignent par ailleurs une tendance à l’autocratisation, classant Madagascar parmi les « autocraties électorales ». Une telle catégorisation fait peser des risques accrus sur la liberté des médias, la participation citoyenne et la redevabilité publique. Dans ce contexte, la corruption ne peut être dissociée des dynamiques politiques et institutionnelles qui façonnent la gouvernance du pays.
Au-delà des chiffres, TI-MG insiste sur les conséquences concrètes de la corruption pour la population. Les dysfonctionnements dans la gestion des ressources publiques affectent directement la qualité des services essentiels, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la justice. Les populations les plus vulnérables en subissent les impacts les plus lourds, tandis que la confiance des citoyens envers les institutions s’érode.
Face à ce constat préoccupant, l’organisation formule plusieurs recommandations. Elle appelle à renforcer l’indépendance de la justice et des institutions de contrôle, à garantir l’accès à l’information publique et à protéger efficacement les lanceurs d’alerte. Elle préconise également une transparence accrue dans les marchés publics et le secteur extractif, la préservation de l’espace civique et de la liberté des médias, ainsi qu’une cohérence réelle entre les engagements publics et les actions concrètes.
Pour Transparency International – Initiative Madagascar, la publication de l’IPC 2025 constitue un moment clé de réflexion collective sur la qualité de la démocratie et la responsabilité des acteurs publics. « La lutte contre la corruption est une responsabilité collective », rappelle l’organisation. Dans un contexte de recul, le défi est désormais de transformer ce signal d’alerte en réformes concrètes capables de restaurer la confiance et de renforcer durablement l’intégrité publique à Madagascar.
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voilà qui est dit,
ça se passe de commentaires
à bon entendeur citoyens.
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